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L’écriture est-elle une thérapie ?

Publié le par ruraledeprose

L'architecture est aussi une écriture
L'architecture est aussi une écriture

Animant des ateliers d’écriture mensuels, je me rends compte des possibilités que recèle et produit l’acte d’écriture en matière de mieux être pour certains . Ecrire, en avoir envie, se doter des outils de style disponibles pour cette pratique, notamment poétique, n’est pas évident. Pourtant c'’est en écrivant que l’on écrit…

Permettre à ceux qui n’ont pas une pratique régulière de l’écriture, d’appréhender la palette d’outils des possibilités d’expression de celle-ci, est donc l’objectif des ateliers. Non pas apprendre à écrire mais à s’exprimer, à exprimer par les techniques rédactionnelles, leurs genres et leurs figures de style.

L’envie vient du plaisir éprouvé à formuler une pensée, un sentiment, une épreuve, une joie, une peur et à le partager. Ecrire révèle ou réveille chez les uns à la fois la mémoire, le besoin de formaliser une mise à jour avec son histoire personnelle, son contexte, les difficultés à surmonter les obstacles que celui-ci et les autres vous imposent, et donc une approche d’un devenir de soi apaisé, d’une estime de soi trouvée ou recouvrée.

Au plaisir procuré de pouvoir exprimer, écrire ou dire et dire des choses générales ou davantage liées ou non à sa propre intimité, survient une sorte de frustration, de non abouti d’une démarche émancipatrice, de choses enfouies, cachées, niées parfois, des choses simples ou complexes qui bornent un vécu, une aventure personnelle, une vie et finissent par en être un handicap ou un monologue douloureux.

Comment aller au-delà de l’atelier d’écriture, permettre de prolonger le dialogue, l’écoute attendus ?

Je note à chaque atelier que le non-dit est constamment en marge du dire ou du formulé dans un exercice, que le temps d’échanges, de paroles, est presque le double du temps consacré à l’écriture ! Cela me paraît immense. Pour pouvoir écrire, il faut des outils, quelques ingrédients mais surtout parler, dire, exprimer de vive voix, souffler.

J’ai donc engagé le processus de séances individuelles et me suis rendu à l’idée que mon activité d’écrivain-poète-animateur, celui qui donne des clefs, des méthodes pour écrire, allait bien plus loin. Je pouvais participer à une reconquête d’un peu de soi d’autrui par lui-même et lui ouvrir un espace de respiration, de compréhension de sa vie.

Mon activité s’apparente donc à ce que je nomme sans prétention écritothérapie en référence aux premières formes de l’écriture, au verbe scribere qui signifiait tout à la fois les marques infligées dans la matière, pierre, roche, arbre, des entailles, des traces, un vouloir dire donné à partager. L’homme a commencé ainsi sur les parois des cavernes à raconter, se raconter, des traits puis des dessins plus élaborés, des peintures. Scribere s’apparente à la gravure, au tracé de figures, à l’écriture visuelle comme outil et comme rapport fait de quelque chose : un bilan comptable de kilos de blé produit et échangé, un cœur gravé sur un tronc.

Les séances personnelles sont précédées d’un entretien préalable consistant à connaître ce que l’autre attend et entend par écriture et pour ne pas le leurrer sur un résultat quelconque de ses souhaits car je ne m’occupe pas d’une pathologie qui ne relève pas de la pratique envisagée : une technique, un outil, une grille de lecture.

Je pars d’un constat simple : le rapport entre notre corps et notre esprit, le psychologique et le physique, leur interaction et le lien fait entre eux par l’acte d’écriture qui, certes, peut être un exutoire mais aussi une douleur libérée comme on se dénoue la gorge. L’écriture et donc la possibilité de la lire pour soi ou à d’autres à haute voix n’est pas une thérapie mais un outil pour trouver l’estime de soi dans sa propre vie et l'estime des autres pourquoi pas.

Patrick Pérez Sécheret

Ecrivain-poète

Notes réflexives sur la pratique des ateliers d’écriture.

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A quai

Publié le par ruraledeprose

A quai

Il est des gens qui disparaissent comme des comètes en été

Sur notre table nous laissent des éclats de lumière en miettes

Une sorte de messe infinie pour toute éternité

Il est des gens qui se blessent aux luminaires du monde moderne

Arrosent le soir de leur tendresse des bistrots à balivernes

Puis d’un geste digne lèvent leurs fesses pour nous hisser hors des cavernes

Il est ces gens que j’aime et qui meurent sans laisse

Les rêves écartelés libres de paroles et de gestes

Qui ressemblent à la douceur de juin sous une averse

Les connaître les aimer et d’eux me souvenir

Me suffit à ne plus être vieux

L’avenir épanoui sur la rive des yeux…

copyright 2016 - patrick pérez sécheret.

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Festivial de poésie des voix au chapitre (6)

Publié le par ruraledeprose

urbaine de poésie

et le Centre Culturel de Vitry-sur-Seine proposent

5e festivial de poésie des voix au chapitre

* Contact programmation : 06 17 09 84 37 ou perez-secheret@gmail.com

urbainedepoesie2.over-blog.com

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La Sonate de Chopin, Impasse Saint-Paul et le Bon Dieu

Publié le par ruraledeprose

La Sonate de Chopin, Impasse Saint-Paul et le Bon Dieu

On jouait du piano dans l’Impasse Saint-Paul

une sonate que je recevais comme une obole

Je voyais les doigts courir sur le clavier blanc

frêles oiseaux de passage les ailes au vent

Une femme jeune en robe rouge de lin

Etait assise de dos près de la fenêtre

Elle jouait une sonate de Chopin

Et je pouvais des yeux la connaître

La musique donnait à l’automne fière allure

Les glycines mouraient sur la plainte

En grappes de fleurs odorantes et pures

La jeune femme devenait pour moi une sainte

La complainte hélas cessa tout à coup

Emplissant mon cœur de mal être

Personne ne se pencha à la fenêtre

J’ai maudit Dieu Saint-Paul et Saint-Cloud

Chopin entraine ainsi les poètes

Sur le chemin des amours incertaines

Dans des impasses où le rêve s’hébète

Et casse à la façon d’une porcelaine

J’aurais dû me méfier de la circonstance

Que l’impasse jouxtait la rue Dieu

Que celui-ci fait de nous ce qu’il veut

Et de l’amour nous tient à distance

Pour que l’on n’adore personne d’autre que lui

De tout temps d’éternité jusqu’à l’infini

J’en ai déduis que Dieu n’aime pas les sonates

Et nos coups d’œil sur ses pénates

Dieu est un fourbe pervers narcissique

Un parano qui déteste la musique

- Et pourquoi cela vous demandez vous ?

- Parce que l’homme l’a inventée c’est tout.

Copyright patrick pérez sécheret.

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Le travail cet opium doré du Capital…

Publié le par ruraledeprose

Le travail cet opium doré du Capital…

Non, la Bourse de la photographie n’est pas le lieu où se cote la force de travail ou plus exactement où l’on fixe en fonction de sa rentabilité, des profits escomptés, le travail d’une personne ou d’un groupe de personnes. Cette bourse est plutôt là pour défendre l’idée que tout travail mérite salaire mais selon des critères régulés, par un Code du travail par exemple, qui impliquent la prise en compte du temps nécessaire de ressourcement après le travail accompli : temps de repos après fatigue physique et intellectuelle, de revitalisation des forces physiques par une nourriture et un sommeil appropriés, temps de loisirs, de culture et de formation…

Un lieu qui prend en compte la plus-value effectuée sur le travail accompli, ce qu’il produit d’utile à la société et à la satisfaction des besoins humains. La plus-value permettant à l’employeur, au patron, de dégager une marche de manœuvre financière suffisante pour l’entretien ou la modernisation de l’outil de travail, pour améliorer les conditions de travail, la sécurité dans l’exécution de celui-ci.

Presque un rêve ou une utopie aujourd’hui car le travail n’est plus considéré comme un acte utile à la société, à la production de biens et de services nécessaires aux humains dans leur ensemble, mais comme une charge supportée par l’employeur et qu’il entend voir fixée toujours plus bas mettant pour cela en concurrence les hommes, les travailleurs* au même titre que les marchandises.

On se pose même la question, dans la vraie Bourse, l’autre, celle du temple de l’argent, et pour les actionnaires, de le réduire à une simple marchandisation de la force de travail où la rémunération du travailleur se fixe non plus sur le travail accompli mais sur le taux de profit permettant d’augmenter sans cesse et dans le plus court temps les émoluments des actionnaires. Pour se faire, il fallait détricoter toutes les réglementations antérieures. D’ailleurs c’est fait avec l’explosion du Code du travail par le gouvernement Hollande et cela en conformité avec la demande de l’Union européenne (il faut lire : du système mondial financier)..

Nous sommes donc bien parvenus (citoyens addictés) au stade d’une démocratie technocratique de type fasciste, consentie tel que Pasolini l’annonçait voici déjà longtemps, tel que Gori en parle aujourd’hui. Le tout est de savoir si un rapport de forces, entre les acceptants ce système (qui n’est pas encore au bout de son développement lugubre) et ceux qui le refusent, s’infléchira à présent dans le sens des valeurs humaines ou dans une forme d’esclavagisme nouveau dans une société totalitaire.

* Cette notion englobe les salariés ou rémunérés donc les personnes aux revenus minima sociaux (RSA ou autres) qui produisent aussi de la richesse même s’ils consomment peu…

Copyright patrick pérez sécheret, août 2016.

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L’Homme fatigué quai République

Publié le par ruraledeprose

L’Homme fatigué quai République

Station république, dans sa solitude avinée, l’homme penché, recroquevillé, tordu sur lui-même, semblait tomber vers le quai irrémédiablement, emporté par son rêve et ses misères de vivre. Un effort surhumain le tenait quand même en équilibre, comme pour ne pas encore céder, sombrer dans un néant comateux. Absorbé par cet homme, je n’ai pas remarqué la publicité lors de la prise du cliché et ne l’aie découverte que dès lors l’image imprimée. Tout un monde contrasté où la vie réelle et virtuelle mènent combat, où des êtres sont broyés loin du consumérisme et de l’obsolescence des biens consommables, où les autres passent indifférents ou presque… La jungle de la ville étend inexorablement sa toile…

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Sans titre ni destination

Publié le par ruraledeprose

Sans titre ni destination

Il voudrait ce qu’il se pourra bien à l’assaut du néant

N’être qu’une bulle de savon dans la cosmogonie

Une poussière d’étoile sidérée dérivant

Assoiffée de désir d’amour et d’envie

Il voudrait être à l’avant-garde des rigolades

Dans un décor champêtre votre bras sur son cou

L’esprit en tire-bouchon dansant sur une aubade

Offerte par des musiciens saouls

Le jour sera venu et il n’en saura rien

Personne à qui sourire l’infini incertain

Il sera juste bien un rêve encore debout

Et pour de vrai sa vie pendue au clou

Il pourra simplement se rappeler l’azur

Quand les paupières fermées

S’emportera sa vie vers l’indécis futur

Où il vous attendra toujours émerveillé

Copyright 2016 patrick pérez sécheret.

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Les Fenêtres

Publié le par ruraledeprose

Les Fenêtres

Le regard s’étonne du monde en vrac dehors

Le monde s’étale à perte de vue

Le soir rose meurt dans son lit pâle

En tombée de rideau sur la mer

Les fenêtres nous parlent très bas

S’approchent lentement de nous

Le monde de l’intérieur est vide

Luminescent d’ennui

Copyright 2016 patrick pérez sécheret.

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Chemin faisant

Publié le par ruraledeprose

Chemin faisant

J’ai grandi un peu lent en bordure d’un marais

C’était avant les temps du bitume et des verres

L’odeur de foin coupé de l’après blés

Une certaine couleur paille de la terre

Je n’avais pas assez de cailloux dans mes poches

Pour rebrousser chemin

J’ai marché donc sans faim

De retrouver un jour patrie sous mes galoches

C’était un temps de framboises et de mûres

Un soleil de velours caressant mon chapeau

J’ai marché sur des roses confondues à l’azur

Avec des mèches orange et bigarreaux

J’ai vieilli peu à peu franchissant les frontières

A humer les odeurs des collines en avril

Jusqu’à trouver mon havre au fil

D’un torrent aux prunelles de la terre

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Strophes pour l'hier

Publié le par ruraledeprose

Strophes pour l'hier

J’ai grandi l’oreille assise près des portes

A l’affût de pas venir bousculer ma plaine solitude

L’enfance accroupie bouledogue de coton

Aux fenêtres percées de vagues chemins

Grand-Mère Julienne attendait l’heure du laitier

Le chignon de traviole la lune bleu pâle au fond des yeux

Ne venaient que ses pas lents sur chaussés de bas tombés roulés

La douceur de ses lèvres où je puisais l’océan de mes songes

Son jour finissant le dernier jour

Au vacillement d’une bougie blanche

Au simple falot sur une table de nuit dérangée

Cette bougie fondue signait sa trace de vivre

La bougie mouchée d’elle-même

Grand-Mère souffle coupé s’endormit

Je l’avais quittée en fin de ce jour dernier l’après-midi

Aux six heures terribles du repas d’indigence

La bougie j’y ai cru sans inquiétude

Avec le sentiment de l’achevée

Mon enfance alors était morte

A l'hospice de Limeil-Brévannes

En ce jour de juillet sans anniversaire particulier

Où je passe sans hasard près de sa tombe à Civray dans la Vienne

Je m’arrête mais je ne retrouve pas ma Julienne douce

Pourtant je suis près de toi Grand-Mère un infini d’instants sacrés

Et mon enfance perdue dans les limbes des années floutées

Mon enfance m’assaille d’images et de visages

Des bordées d’images nettes où la joie m’inonde de larmes et de rires

5 juillet 2016, Civray, Vienne..

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