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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

De rive en rive

Publié le 13 Septembre 2017 par ruraledeprose

 

J’arriverai au bout de la lumière

Le chêne s’écarte

Entre les pierres

J’atteindrai la rive de mer

A l’heure du berger

Avec pour carte

Routière

L’horizon azuré

 

Et sur le bord de mer

Vous serez-là l’enfance

Au doux visage

De porcelaine

Du soleil sur les hanches

Je serai sans âge

Sans rengaine

L’avenir aura l’air tendre

 

Copyright 2017 patrick pérez sécheret.

 

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Poste restante

Publié le 11 Septembre 2017 par ruraledeprose

 

Du maquis la mer à portée de nos doigts

A vue d’œil semblait un tissu bleu lisse

Glissant à notre encontre avec paresse

En pacifique jetée de lit ton sur ton de bleus

Ciel et mer épousés

Nous pouvions presque y plonger nos mains

Sentir le sel à nos lèvres

Nous étions mieux que bien

 

copyright 2017 patrick pérez sécheret.

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Incertain vendredi

Publié le 8 Septembre 2017 par ruraledeprose

 

Comment s’alléger du poids des choses

Disperser les livres vendre les meubles

Trier les photographies

Etre libre du temps qu’il fait

Du temps qu’il reste

Respirer

N’avoir aux fenêtres que des rideaux de vent

Juste le jour venir cueillir la rime

Sur un papier brisé

Lire le monde dans ses propres yeux

Un salut dans l’ombre d’une église d’herbes

D’une usine désaffectée

Juste croire la clarté venir

Fleurir les cendres

 

copyright 2017 - patrick pérez sécheret/peinture jean jacques laigre.

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La Pub du soir bonsoir

Publié le 5 Septembre 2017 par ruraledeprose

 

Le porte-manteau porte sur les nerfs de la clef de voûte qui se languit du parasol croisé cet été sur le maillot d’un éléphant énervé assis sur un carton sur lequel était inscrit le nombre famélique de la pyramide infernale affrété par la marque d’infusion Cynique. Le manteau du berger chut sur le lino en poils de chèvres angora et la clef de voûte grignota les franges d’un rideau déclassé. Le porte-manteau se transforma en gourou impénitent sans effusion inutile. Tout cela pour vanter une marque de tisane à la queue de loutre et aux ongles rongés d’un vieux chat perché. Je vous jure… La publicité c’est nul de nos jours. Mais bon, si vous avez un petit drôle dans un clip pour le savon d’Alep, le vrai, j’en suis, j’en mousse d’envie. Sinon, tant pire, j’irai rejoindre mon clopain Milan en Balagne.

 

Copyright 2017 patrick pérez sécheret.

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Proses des petits riens (8)

Publié le 28 Août 2017 par ruraledeprose

 

Avenue Henri-Barbusse l’automne fait déjà ses gammes

L’ocre rouille à vue de nez comme un vieil obus

Les feuilles chues font des étoiles d’or sur l’asphalte

Avenue Derry cela résiste le vert persiste

 

Les gens n’ont pas l’air d’y prêter attention

Ils courent après le bus

Il y a aussi ceux qui ne courent plus

Ceux qui sont assis sur les bancs du mail

Comme des statues à moustache

La crinière blanche

Les enfants qui jouent sur la place

La sillonnent à vélo en patins

Il y a celle qui attend son amoureux

Devant l’épicerie pour faire les courses

Ou l'amour de six à sept

Il n’y a pas de quoi fouetter le chat

Qui somnole sur la commode

Et rêve de sardine et de sardine

 

Tout le monde donne l’impression

De se fiche de tout ce qui se passe

Mais ce n’est pas vrai vraiment

Jojo prend des nouvelles d’Alice

La vieille dame de l’immeuble

Jacques a monté les courses de Georges

Qui ne peut plus rien porter

Depuis l’opération de la prostate

Hélène est venue faire la toilette de Rachel

Et Momo le petit kabyle a descendu les poubelles

De sa grand-mère presque invalide

Les a triées

Tout un monde palpite en silence ou presque

De petits riens de simples gestes

Apparaissent chevaleresques

 

Il n’y a pas de quoi se désabuser que la vie

Parfois ce n’est pas du gâteau à Vitry

Ni ailleurs du reste

 

Copyright 2017 – patrick pérez sécheret - peinture du jour de Jean-Jacques Laigre.

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Salicornes à la crème et au gingembre frais (recette charentaise)

Publié le 24 Août 2017 par ruraledeprose

Faire tremper 200 gr de licornes fraîches dans du vinaigre de cidre blanc pendant une semaine avec 1 ou 2 fleurs d’anis séchées. Egoutter les licornes. Faire revenir à la poêle les tranches de filets d’aiglefin des Alpes ou du Lac Léman avec un zeste de beurre jusqu’à ce qu’ils aient rendu l’eau et tenir au chaud. Egouter. Dans une casserole spéciale faire fondre 150 gr de beurre puis y ajouter un peu de vin blanc, les salicornes, le gingembre râpé, trois cuillères de crème fraîche épaisse et diluer le tout. Servir les filets en les couvrant de la sauce accompagnés de pommes de terre ou de riz blanc saupoudré de persil ciselé menu. Avec un bon Muscadet sur lie ou même un Sancerre, dégustez. [A noter que l’on peut remplacer les salicornes par des câpres mais c’est moins goûteux et la sauce s’apparente alors à celle de la raie au beurre noir).

 

Pedro de la Cosina

Maître queue

 

(Etant donné que ma précédente recette aux clous n'a pas été prit au sérieux, en voici une autre)

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Tartare chaud de nénuphars à la truffe (recette mongole)

Publié le 24 Août 2017 par ruraledeprose

Choisir des nénuphars en fleur bien étalés sur l’étang avec une batte ou même une rame de barque puisque vous devrez en emprunter une pour la cueillette. Les tenir à plat. Attraper au moins quatre grenouilles bien en chair, les assommer contre la barque en les tenants par les pattes arrière. Elles ne souffrent pas de ce coup du lapin et seront détendues pour la découpe. Choisir une belle truffe de chien ou de chat, plutôt jeune, ou même de rat d’égout ou des champs de préférence et la faire tremper une heure dans du vinaigre blanc. Faire revenir les cuisses de grenouilles dans un peu d’huile d’olive (après leur avoir couper les quatre palmes avec un sécateur et la tête avec un petit hachoir puis retrousser la peau comme pour un lapin et jeter le tout sauf les cuisses bien sûr). Mettre un couvercle sinon les cuisses vont sauter de la poêle : une réaction nerveuse.  (Oui, je sais tout cela est horrible… et l’agent de la SPA va encore m’attaquer en justice mais au regard des milliers de morts en Somalie, en Syrie et ailleurs, ce n’est qu’un crime nain). Egoutter la truffe et l’essuyer soigneusement avec un torchon propre en coton puis la débiter en tranches fines puis faire juste saisir avec un peu d’oignons émincés en retournant pour qu’elles s’attendrissent. Mettre le tout ensemble quelques minutes le temps que fondent un peu les nénuphars, poivrer d’Espelette  et arroser d’un cognac russe à chaude poêle. Faire flamber et accompagner d’une salade romaine assaisonnée. On peut déguster avec une vodka glacée mais en prenant soin d’avaler sans tenir dans la bouche. Ce qui fait qu’un mélange d’arôme vous ravira avec des effet bénéfiques pour l’estomac.

 

Pedro de la Cosina antiqua

Maître queue

 

[A noter que, outre des bufonidés, crapauds du pays, les Mongols utilisaient des fleurs qui avaient de mêmes propriétés que l’ail et dont le nom vernaculaire est gogja et aussi parfois une sorte d’absinthe qui pousse en touffes gris vert.Dans la recette ici la gogja est remplacée par l’ail. La truffe n’est pas indispensable, on peut préférer de la joue de porc ou de boeuf]

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Prose testamentaire

Publié le 23 Août 2017 par ruraledeprose

 

Je lègue aux bègues mon élocution

Aux sourds mes deux pavillons de banlieue

Aux muets ma langue aux chats errants

A Dieu mes poches trouées

A l’amour mon cœur de bœuf au fenouil

Aux aveugles mes pupilles de myope

A la postérité mes chants d’oiseau flous

A l’Ardèche mes rêves évanouis

Je bazarde tout par-dessus bord

Ma barque à vivre sera mon caveau

Je ne conserve que les boutanches

Pour la route et l’ennui éternel

 

Je lègue aux astrolabes mes cartes de belote

De tarot et deux dés à coudre en or

Ma montre bicolore au singe du zoo d’Anvers

A Sainte-Anne ma Béatrice

Je flingue mon passé à coups d’aquarelles

A vagues que veux-tu sur la grève des mineurs

Aux ouvriers du labeur mes bas de casse

Et le porte-jarretelles bleu de l’enfance

Au vieux chien roux mon collier de nouilles

 

L’inventaire n’est pas parfait certes

Il manque des cravates de chanvre pour les désespérés

Des fleuves en rut pour les berges en chaleur

Des messes noires pour traduire l’évangile

Du marc de café pour trucider le présent

Des sœurs de charité sans empathie pour l’Islam

Des ruelles de Paris qui portent des noms d’assassins

L’envie assise à la croisée d’une maison close ouverte

Il manque le réverbère atone où la lune pionce

Des soldats de plomb et la pompe à vélo de Luce

 

Sinon je lègue tout j’évide mon monde fortuit

Je lègue mes rides à la postérité inutilement conne

Mes costumes de plumes au café du coin

Je pars nulle part sans doute ailleurs

Mais j’en connais le chemin de halage par cœur

La Grande Ourse me fera signe

Si je perds le Nord

La Grande Ourse c’est ma cousine germaine

Par la cuisse gauche de Dresde

Et le bras droit d’une rue de Bruges

Je ne peux pas me perdre

 

23 août 2017 – copyright patrick pérez sécheret.

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Poète !

Publié le 4 Août 2017 par ruraledeprose

Poète trempe ta plume dans les lagunes

Les lacs majeurs de la planète

Ecorche tes rimes aux roses

Qui poussent sur du fumier

Dresse des vers allumés

D’orages clairs révoltés

 

Poète ne gâche pas ton temps

Au marigot des lettres

Courbées

Des  prix littéraires frelatés

Comme des légions d’honneur

 

Poète continue d’aimer

Demeure au bord du rêve

L’utopie pour drapeau

Range tes larmes d’amour

Dans le lit des rivières

 

Poète tu es seul par millions

Le sommeil de l’aube

Ton écot

Prends congé des aigris

Des importants baveurs

Pardonne au malheur

De n’être pas sucré

 

La poésie n’est pas un somnifère

Un passe-temps d’amateur

La poésie ce sont tes tripes

Au soleil d’exister

 

Copyright patrick pérez sécheret.

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Les Personnages en correction.... arrive bientôt !

Publié le 4 Août 2017 par ruraledeprose

 

Nouveau livre à paraître à la rentrée, Les Personnages de Patrick Pérez Sécheret, n’est pas vraiment un roman puisque ceux-ci ne se rencontrent pas, n’ont pas d’histoire en commun mais se succèdent de chapitre en chapitre. Sans doute s’agit-il d’un même acteur qui sur la scène de la vie joue sa propre histoire à travers celle des autres, endosse leurs sentiments et ressentiments, croise son propre vécu au leur à différentes époques.

 

Un récit qui interroge la vie, son sens, les raisons qui induisent que l’on accepte un rôle tout en sachant qu’inéluctablement il faudra quitter le plancher des vaches un temps donné. L’auteur renvoie ses personnages les uns vers les autres dans un miroir où lui-même se faufile de temps à autre en voyeur impénitent qui ausculte les âmes avec délectation et n’hésite pas à écrire aussi leur laideur.

 

Mais, bercé par les scènes successives, le personnage de l’auteur exprime surtout l’amour et l’abandon, avec délicatesse. Il nous délivre une sorte de testament sur la tragédie intime de chacun qui parfois furtivement se drape d’optimisme parce que l’amour vient à sa rencontre.

 

Extrait du chapitre 1, Le Personnage :

 

« Le personnage eut l’impression de disparaître du miroir en pied, de s’y gommer du simple geste de sa main gauche à l’instant précis où ce geste tenta d’ajuster une mèche qui tombait sur le front. Le miroir ne renvoyait que l’image fixe d’un mur sur lequel on avait accroché une toile, une reproduction d’un bord de mer par mauvais temps, sans embarcation. La vie du personnage, alors ressembla, point pour point, à l’image de la toile. L’idée de nature absoute de toute présence humaine ou la supposant ajoutait à la désolence de drues précipitations du ciel se mêlant à l’océan, un sentiment d’achèvement morbide du temps et du monde sur une plage de néant : de l’eau sur l’eau, bêtement. Machinalement, le personnage tenta de passer à nouveau la main devant lui jusqu’au front. Son image ne se reflétait pas dans le miroir. Une bouffée de chaleur monta à sa nuque, il recula presque ivre de cette absence de lui-même, ouvrit la fenêtre, s’y pencha, porta son regard sur la vitre. Celle-ci dessinait le visage mais il eut quelques instants de flottement, l’image renvoyée n’était pas lui au présent mais la représentation d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, très souriant qui tirait un cheval par la bride. Vêtu d’une saharienne bleue, la silhouette se découpait sur un paysage d’ocre, de collines et de sable. Le jeune homme paraissait heureux. »

 

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