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Festivial de poésie des voix au chapitre (6)

Publié le par ruraledeprose

urbaine de poésie

et le Centre Culturel de Vitry-sur-Seine proposent

5e festivial de poésie des voix au chapitre

* Contact programmation : 06 17 09 84 37 ou perez-secheret@gmail.com

urbainedepoesie2.over-blog.com

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La Sonate de Chopin, Impasse Saint-Paul et le Bon Dieu

Publié le par ruraledeprose

La Sonate de Chopin, Impasse Saint-Paul et le Bon Dieu

On jouait du piano dans l’Impasse Saint-Paul

une sonate que je recevais comme une obole

Je voyais les doigts courir sur le clavier blanc

frêles oiseaux de passage les ailes au vent

Une femme jeune en robe rouge de lin

Etait assise de dos près de la fenêtre

Elle jouait une sonate de Chopin

Et je pouvais des yeux la connaître

La musique donnait à l’automne fière allure

Les glycines mouraient sur la plainte

En grappes de fleurs odorantes et pures

La jeune femme devenait pour moi une sainte

La complainte hélas cessa tout à coup

Emplissant mon cœur de mal être

Personne ne se pencha à la fenêtre

J’ai maudit Dieu Saint-Paul et Saint-Cloud

Chopin entraine ainsi les poètes

Sur le chemin des amours incertaines

Dans des impasses où le rêve s’hébète

Et casse à la façon d’une porcelaine

J’aurais dû me méfier de la circonstance

Que l’impasse jouxtait la rue Dieu

Que celui-ci fait de nous ce qu’il veut

Et de l’amour nous tient à distance

Pour que l’on n’adore personne d’autre que lui

De tout temps d’éternité jusqu’à l’infini

J’en ai déduis que Dieu n’aime pas les sonates

Et nos coups d’œil sur ses pénates

Dieu est un fourbe pervers narcissique

Un parano qui déteste la musique

- Et pourquoi cela vous demandez vous ?

- Parce que l’homme l’a inventée c’est tout.

Copyright patrick pérez sécheret.

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Le travail cet opium doré du Capital…

Publié le par ruraledeprose

Le travail cet opium doré du Capital…

Non, la Bourse de la photographie n’est pas le lieu où se cote la force de travail ou plus exactement où l’on fixe en fonction de sa rentabilité, des profits escomptés, le travail d’une personne ou d’un groupe de personnes. Cette bourse est plutôt là pour défendre l’idée que tout travail mérite salaire mais selon des critères régulés, par un Code du travail par exemple, qui impliquent la prise en compte du temps nécessaire de ressourcement après le travail accompli : temps de repos après fatigue physique et intellectuelle, de revitalisation des forces physiques par une nourriture et un sommeil appropriés, temps de loisirs, de culture et de formation…

Un lieu qui prend en compte la plus-value effectuée sur le travail accompli, ce qu’il produit d’utile à la société et à la satisfaction des besoins humains. La plus-value permettant à l’employeur, au patron, de dégager une marche de manœuvre financière suffisante pour l’entretien ou la modernisation de l’outil de travail, pour améliorer les conditions de travail, la sécurité dans l’exécution de celui-ci.

Presque un rêve ou une utopie aujourd’hui car le travail n’est plus considéré comme un acte utile à la société, à la production de biens et de services nécessaires aux humains dans leur ensemble, mais comme une charge supportée par l’employeur et qu’il entend voir fixée toujours plus bas mettant pour cela en concurrence les hommes, les travailleurs* au même titre que les marchandises.

On se pose même la question, dans la vraie Bourse, l’autre, celle du temple de l’argent, et pour les actionnaires, de le réduire à une simple marchandisation de la force de travail où la rémunération du travailleur se fixe non plus sur le travail accompli mais sur le taux de profit permettant d’augmenter sans cesse et dans le plus court temps les émoluments des actionnaires. Pour se faire, il fallait détricoter toutes les réglementations antérieures. D’ailleurs c’est fait avec l’explosion du Code du travail par le gouvernement Hollande et cela en conformité avec la demande de l’Union européenne (il faut lire : du système mondial financier)..

Nous sommes donc bien parvenus (citoyens addictés) au stade d’une démocratie technocratique de type fasciste, consentie tel que Pasolini l’annonçait voici déjà longtemps, tel que Gori en parle aujourd’hui. Le tout est de savoir si un rapport de forces, entre les acceptants ce système (qui n’est pas encore au bout de son développement lugubre) et ceux qui le refusent, s’infléchira à présent dans le sens des valeurs humaines ou dans une forme d’esclavagisme nouveau dans une société totalitaire.

* Cette notion englobe les salariés ou rémunérés donc les personnes aux revenus minima sociaux (RSA ou autres) qui produisent aussi de la richesse même s’ils consomment peu…

Copyright patrick pérez sécheret, août 2016.

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L’Homme fatigué quai République

Publié le par ruraledeprose

L’Homme fatigué quai République

Station république, dans sa solitude avinée, l’homme penché, recroquevillé, tordu sur lui-même, semblait tomber vers le quai irrémédiablement, emporté par son rêve et ses misères de vivre. Un effort surhumain le tenait quand même en équilibre, comme pour ne pas encore céder, sombrer dans un néant comateux. Absorbé par cet homme, je n’ai pas remarqué la publicité lors de la prise du cliché et ne l’aie découverte que dès lors l’image imprimée. Tout un monde contrasté où la vie réelle et virtuelle mènent combat, où des êtres sont broyés loin du consumérisme et de l’obsolescence des biens consommables, où les autres passent indifférents ou presque… La jungle de la ville étend inexorablement sa toile…

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Sans titre ni destination

Publié le par ruraledeprose

Sans titre ni destination

Il voudrait ce qu’il se pourra bien à l’assaut du néant

N’être qu’une bulle de savon dans la cosmogonie

Une poussière d’étoile sidérée dérivant

Assoiffée de désir d’amour et d’envie

Il voudrait être à l’avant-garde des rigolades

Dans un décor champêtre votre bras sur son cou

L’esprit en tire-bouchon dansant sur une aubade

Offerte par des musiciens saouls

Le jour sera venu et il n’en saura rien

Personne à qui sourire l’infini incertain

Il sera juste bien un rêve encore debout

Et pour de vrai sa vie pendue au clou

Il pourra simplement se rappeler l’azur

Quand les paupières fermées

S’emportera sa vie vers l’indécis futur

Où il vous attendra toujours émerveillé

Copyright 2016 patrick pérez sécheret.

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Les Fenêtres

Publié le par ruraledeprose

Les Fenêtres

Le regard s’étonne du monde en vrac dehors

Le monde s’étale à perte de vue

Le soir rose meurt dans son lit pâle

En tombée de rideau sur la mer

Les fenêtres nous parlent très bas

S’approchent lentement de nous

Le monde de l’intérieur est vide

Luminescent d’ennui

Copyright 2016 patrick pérez sécheret.

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Chemin faisant

Publié le par ruraledeprose

Chemin faisant

J’ai grandi un peu lent en bordure d’un marais

C’était avant les temps du bitume et des verres

L’odeur de foin coupé de l’après blés

Une certaine couleur paille de la terre

Je n’avais pas assez de cailloux dans mes poches

Pour rebrousser chemin

J’ai marché donc sans faim

De retrouver un jour patrie sous mes galoches

C’était un temps de framboises et de mûres

Un soleil de velours caressant mon chapeau

J’ai marché sur des roses confondues à l’azur

Avec des mèches orange et bigarreaux

J’ai vieilli peu à peu franchissant les frontières

A humer les odeurs des collines en avril

Jusqu’à trouver mon havre au fil

D’un torrent aux prunelles de la terre

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Strophes pour l'hier

Publié le par ruraledeprose

Strophes pour l'hier

J’ai grandi l’oreille assise près des portes

A l’affût de pas venir bousculer ma plaine solitude

L’enfance accroupie bouledogue de coton

Aux fenêtres percées de vagues chemins

Grand-Mère Julienne attendait l’heure du laitier

Le chignon de traviole la lune bleu pâle au fond des yeux

Ne venaient que ses pas lents sur chaussés de bas tombés roulés

La douceur de ses lèvres où je puisais l’océan de mes songes

Son jour finissant le dernier jour

Au vacillement d’une bougie blanche

Au simple falot sur une table de nuit dérangée

Cette bougie fondue signait sa trace de vivre

La bougie mouchée d’elle-même

Grand-Mère souffle coupé s’endormit

Je l’avais quittée en fin de ce jour dernier l’après-midi

Aux six heures terribles du repas d’indigence

La bougie j’y ai cru sans inquiétude

Avec le sentiment de l’achevée

Mon enfance alors était morte

A l'hospice de Limeil-Brévannes

En ce jour de juillet sans anniversaire particulier

Où je passe sans hasard près de sa tombe à Civray dans la Vienne

Je m’arrête mais je ne retrouve pas ma Julienne douce

Pourtant je suis près de toi Grand-Mère un infini d’instants sacrés

Et mon enfance perdue dans les limbes des années floutées

Mon enfance m’assaille d’images et de visages

Des bordées d’images nettes où la joie m’inonde de larmes et de rires

5 juillet 2016, Civray, Vienne..

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J'ai dit des choses à la lune...

Publié le par ruraledeprose

J'ai dit des choses à la lune...

J’ai dit des choses à la Lune en berne exténuée de brumes et de cernes

Des choses inconvenantes mine de rien chuchotées lentes

A peine a-t-elle bougé son derrière sans sourire à l’éventaire

De mots gros et violet que je voulais tendrement tourner

La Lune fait ce qu’elle peut suspendue dans l’éther

Ne l’apostrophez pas de notre pauvre terre

Où l’avenir s’écrit en tornades et en braille

Laissons-la sur nos nuits n’être qu’un chapeau de paille…

patrick pérez sécheret - copyright.

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Rien

Publié le par ruraledeprose

Le soleil tout nu est noir dans des nuages

Il perce un peu juste à pile ou face

Fait son métier

La pluie aussi

Que quémandez de mieux

Sinon des signes de bleu

De chaleur à la nuque

Tout fait ce qu’il peut

Au-delà du raisonné parfois

D’aimer on se tue des nuages

Du soleil des averses

Parfois tout s’éclaire

L’horizon devient Klee

Va savoir Miro

Je ne sais qui

Rien n’est pareil à rien

Il fait beau dedans dehors

On aime on ne sait plus trop

Comment s’habiller

L’azur met son costume

De possible clarté

Le bonheur apparaît de biais

Dans la paume un chemin cabossé

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