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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

L'été

Publié le 17 Juillet 2015 par ruraledeprose

L'été

Personne ne viendra plus sur le sentier cabossé parmi les noyers et l'offertoire, sous la rouille, constellée de fines limailles. On ne viendra plus, les ronces auront beau jeu, les herbes envahissent le mur jusqu'au clocher de pierre. Le coeur agrémente l'absence en silence couperosée du soir. L'été déroute les effluves denses de la terre. Elles enveloppent délicatement fragiles. Tout dans l'air est posé, à merci des narines, de la chair. La nature en sueurs, le besoin, le désir, se mêlent en étrange alchimie marine. L'amour occupe toute vos pensées mais dénué d'empathie. L'été on oublie d'être triste, on se brode de gentillesse, d'attention, l'accessoire s'évide du champ du présent, on tient ouvert le regard sur le visage aimé. La poésie n'est en rien d'urgence en été, on la veille, une permanence de l'écoute vive des sons, des phrases perdues, recouvertes de méprise ou de malentendu, dans les hautes herbes en juillet, avant la fenaison, les meules roulées, la respiration du silence après l'orage où la guerre, la trace de pas sur la négritude du soir. La poésie bat de l'aile en été dès l'aube venue trempée du sperme nocturne, comme l'amour, c'est presque tout un monde qui palpite d'aimer, accepte l'inconnu et la patience.

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