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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

hakunamatata

Publié le 19 Février 2016 par ruraledeprose

hakunamatata

La route ne sera plus tracée l’été reste vert

De la plaine à la jungle des monts au cratère

La terre est rouge ou noire

Ici nous sommes dans le berceau de nos humanités

Les animaux sauvages ont encore un espace de paix

Où l’homme n’est plus un prédateur

Des troupeaux de gnous migrent par milliers

Guidés par les zèbres qui sont leur GPS

Car le gnou n’a pas de mémoire et avoir une mémoire de gnou

Est moins que rien du tout une injure

Dans les herbes de la savane lions et lionnes somnolent

Entre deux tendresses et copulent

Les babouins font de même en grappes de culs rouges

Toute la nature est en sueurs en suints

Sous un ciel sombre gros d’orages et d’étain

Au matin des pistes sont détrempées on s’enlise des heures

A compter un passage d’autruches

Un chacal solitaire

Des marabouts tristes en costume de cérémonie

Une hyène en quête d’une charogne

Un varan guettant une ponte de passereaux

Tout respire l’espace gigantesque du pays

La sauvagerie dans sa beauté d’acacias

De baobabs grandiloquents au tronc creusé par les éléphants

Les petits villages de huttes des Massaïs

Un léopard sur une branche qui repère sa proie dans la prairie

Un élan isolé s’insinue à la pointe de l’horizon

Tout est calme bruissant et odorant

Le temps glisse sur les plaines à petits pas d’oiseaux

Et nous minuscules nous buvons ce nectar du monde

Ce lent reposoir de l’enfance étonnée de voir et d’entendre

La grande symphonie de la nature

Le grand film de l’ivresse primitive encore intacte

Hakuna matata* donc à tout jamais

Hakuna matata…

Copyright 2016 - Patrick Pérez Sécheret.

* Pas de problème en langue kiswahili (Tanzanie)

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