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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Apostrophe du présent au festival des z'arts

Publié le 25 Avril 2016 par ruraledeprose

Ma poignée de poèmes au festival des z'arts le 23 avril dernier à la MVA à Paris.
Ma poignée de poèmes au festival des z'arts le 23 avril dernier à la MVA à Paris.

Apostrophe du présent

Elle passe juste sous la porte des nénuphars debout

Entre vos jambes la soif Insolite et houleuse d’appartenir

L’hécatombe du désir à prononcer le songe du désir

Sa prosodie de paumes à la chair frémir

Elle passe juste sous la porte la froide étoile

Du bonheur intangible

Entre vos lèvres perlées d’incendies roux

De fanfares railleuses

Elle passe juste sous la porte du mensonge assis

A l’orée des vents farfelus

Aux sexes d’absinthe

Et c’est tout

Je n’ai pas eu peur du vent de nuit voyez-vous

L’étrange main de l’aube a plu à foison

Après l’avalanche d’éclairs obscurs

Que reste-t-il de nous blotti

Juste un petit bruit tendre

L’appétit pour mordre le fruit défendu des caresses

Aux pétales de l’orchidée nos fesses sous un ciel d’orange

Certes la permanence de l'hiver est fermée

L'horizon lui-même est clos

Repassez lundi le jour des Morts

Le soleil s'est noyé aux jupes de l'aube

La journée aura fait ses quinze heures

Il n'y a plus d'apprêt au col du Pendu

Tout est remis à des fringales futures Voyez-vous

Je suis d'enterrement La terre boit la vie

Les souvenirs se gomment sur du granit

Le ciel prend parfois le présent dans son lit

Nous y faisons semblant de sotte postérité

Je vous dirais l’envers de nous

Comment l’autre nous défigure en bien

Nous élève sans la crainte de nos suffisances

Je vous dirais l’eau pâle d’un soupçon de doux

L’accolade de l’azur à nos fronts

Certes les bateaux ont disparu dans l’éclatant métal

L’océan a mangé les nefs renversées d’opale

Voici l’accotement sublime de l’univers

Braderie somptueuse d’écume courbe

Le monde arrête de boire tout net

Il pleut sur la mer l’horizon grandit

Il n’y a plus d’ossuaire ni de vague

Simplement le jour se tait Voyez-vous

La douceur du bras de l’aube

Viendra ceindre nos épaules pourtant

Jusqu’à croupetons la nuit venir étole sobre en nos mains

Prononcer cet enfantement sommaire éblouissant de clartés

Croiser les bras l’amour sourdre par les fenêtres

Si l’on ferme les portes il n’en sera rien de comparaître

Un mot désuet à l’aorte une sonate sans faim

Peut-être, un devenir mort-né

Un acte immensément bleu Voyez-vous

Le tour de l’âme est fragile coquelicot

Où s’épuise l’épouvante des miroirs

L’arpège saumâtre des années perdues

Les amours mortes de faim ou de froid

Passez votre chemin de pluie

La terre a trop bu de sang

Les violons du soir bredouilles enfanteront vos songes

Voici venues les astéries subtiles aux nuances de l’aurore parfumée

Les roses éclatées des océans futiles sur nos paupières de soie closes

Passez votre rumeur de haine

Sous la herse d’une joie utile

Vos poumons seront l’argile

D’un bonheur nouveau-né

Nous sommes bien venus sur la place voyez-vous

Nous avons pris langue et recouvré le sens des mots

La couleur conviviale La chaleur de l’écoute fraternelle

L’espace public respire voyez-vous

Le pessimisme bat de l’aile

Nous sommes debout et visibles

Nos rêves poétisent les rues ré-humanisent nos villes

Il était temps d’urgence

De résistance à l’obsolescence

Au formatage des pensées

Nous inventons une civilisation diurne

Une démocratie participative inédite

Nous sommes une coopérative d’idées

Une fraternelle solidaire Voyez-vous

Mêlons nos doléances

Repoussons les murs de l’aridité

L’incantation aux dogmes

Levons une pâte libertaire inédite sur le terreau du tout possible

Le vent se lève sur nos lèvres voyez-vous

Il fait plus doux plus solidaire

Nous sommes Jour et Nuit debout

Le vent se lève sur nos lèvres

Nous sommes à présent contagieux

Nous sommes debout voyez-vous

Copyright Patrick Pérez Sécheret – 23 avril 2016 – Festival des z’arts.

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