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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Strophes pour l'hier

Publié le 13 Juillet 2016 par ruraledeprose

Strophes pour l'hier

J’ai grandi l’oreille assise près des portes

A l’affût de pas venir bousculer ma plaine solitude

L’enfance accroupie bouledogue de coton

Aux fenêtres percées de vagues chemins

Grand-Mère Julienne attendait l’heure du laitier

Le chignon de traviole la lune bleu pâle au fond des yeux

Ne venaient que ses pas lents sur chaussés de bas tombés roulés

La douceur de ses lèvres où je puisais l’océan de mes songes

Son jour finissant le dernier jour

Au vacillement d’une bougie blanche

Au simple falot sur une table de nuit dérangée

Cette bougie fondue signait sa trace de vivre

La bougie mouchée d’elle-même

Grand-Mère souffle coupé s’endormit

Je l’avais quittée en fin de ce jour dernier l’après-midi

Aux six heures terribles du repas d’indigence

La bougie j’y ai cru sans inquiétude

Avec le sentiment de l’achevée

Mon enfance alors était morte

A l'hospice de Limeil-Brévannes

En ce jour de juillet sans anniversaire particulier

Où je passe sans hasard près de sa tombe à Civray dans la Vienne

Je m’arrête mais je ne retrouve pas ma Julienne douce

Pourtant je suis près de toi Grand-Mère un infini d’instants sacrés

Et mon enfance perdue dans les limbes des années floutées

Mon enfance m’assaille d’images et de visages

Des bordées d’images nettes où la joie m’inonde de larmes et de rires

5 juillet 2016, Civray, Vienne..

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