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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Les Grands voyages

Publié le 4 Octobre 2016 par ruraledeprose

Les Grands voyages

Les grands voyages à bord de bateaux infidèles

Chargés de tortues naines de saouls marins ronflant

Sur les roues des cordages

Des traversées fugaces de terres brûlées sous de grands ciels gorgés d’arbalètes

De flèches d’argent sombre à donner sa vie sur de l’ombre

Pour un blondinet soleil

Des chaloupées mémorielles le pastis à la main à contre-vagues

L’amour dans la poche de secours

Ajouter du sarcasme à l’orage pour y faire exprès de la pluie sur l’eau

Jeter l’ancre de ses souliers en n’importe quel port penché

Avec des estaminets fleuris de femmes épistolaires

L’espoir dans les rets de leurs bas à jarretières

Les grands voyages d’amertume l’autre un peu désolé

De vos prétentions d’universalité accoudées au comptoir

Des matins devenus des soirs à figure de pitié

Lever l’encre sur la vitre écrire n’importe de quoi

Avec des larmes de sperme dire au monde des oubliés

les métamorphoses de nous

D’ailleurs tout le monde s’en fout qu’il arpente les toits d’un passé

A présent souvenir il n’en veut à personne

Avec des ailes de cachemire dans un blanc chant de lin

Les grands voyages juste s’effacer rendre l’âme aux rêves écartelés

La vie rudement un chewing-gum accrocher à la semelle

Les grands voyages encore un vers de rien renversé sur la feuille

Et puis s’en aller griller une dernière cigarette

Se dire que le monde est jeté aux orties d’inhumanités

Qu’il faudra bien des siècles pour atteindre l’harmonie

Les grands voyages qu’il ferait avec vous quelques autres

Au semblant d’être bien à regarder le vent dessiner des prairies

Et le soleil brunir les soirs d’incendies de glycines

Il prendra aussi des avions lourds de longs courriers

Brodés de verges bandées de clitoris en verve

Le silence des turbines lui rendra l’œil complice d’un chaos inachevé

Il aura dans la poitrine des sanglots de vous

Couchant vos gestes dans l’absence de fête

Où vous seriez gisants sur des rives d’opale

Des enfants détrempés enverront des bisons

Au monstre clignotant bardé de lune de vent

Avec des yeux jaunes étonnement

28 septembre 2016 – copyright patrick pérez sécheret.

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