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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Ô mes amis !

Publié le 11 Octobre 2016 par ruraledeprose

A 16 ans j'étais très christique non?
A 16 ans j'étais très christique non?

Le temps roule sa bosse trop vite ou plus exactement je ralentis, je prends mon temps sur tout. Mais cela laisse à la bouche un goût de manque de vous, une absence prolongée trop longue. Il n’y a sans doute rien à y comprendre au temps et au reste, du pourquoi cesser de se hâter. Mais voilà, l’idée de téléphoner si elle est bien présente se dilue dans une remise à demain incessante.

Est-ce l’envie de ne pas parler, de n’avoir pas envie de raconter, de fuir tout ce qui peut ressembler à une contrainte… Je ne sais pas trop. En vrai, il m’est venu l’idée de vivre, de réfuter la vitesse et toute obligation à communiquer du moi. Sans doute est-ce aussi la peur d’entendre du vous, de vous perdre dans le labyrinthe de la vie qui nous tire par la manche vers l’au-delà sans rémission plausible.

Je commence donc des missives, sur papier et les papiers s’entassent inachevés sur la gondole qui double mon bureau à la maison ou bien ils s’envolent vers la poubelle dans un à quoi bon envoyer des lettres à l’heure d’internet. Et puis, certains amis s’estompent, se gomment et de temps à autre quand j’ai du temps voulu, je compte sur mes doigts ceux qu’il me reste, pas derche, deux fois les deux mains en grosso modo...

Chacun à sa vie et vaque à son impossible dénouement entouré des siens ou des chiens, parfois d’amour. J’ai toujours peur donc qu’il ne soit trop tard, d’appeler trop tard, de subir de mauvaises nouvelles alors que le monde en est plein, mais ce n’est pas pareil tout de même.

Que vais-je faire Ô mes amis de cet embarras pénible, de ces gestes inaboutis par faiblesse ou protection de moi-même. Je n’en sais rien. Le présent est la seule chose palpable pour moi au demeurant et mes souvenirs m’assaillent, enfin certains, liés à l’enfance heureuse que j’ai eue et qui se rappelle à l’ordre en moi et qui s’insinue dans ce que j’écris d’encore intéressant, à mes yeux il s’entend.

Trop d’amis ont disparu. Certains m’ont déçu, même s’ils avaient du talent, et une poignée de nouveaux entre dans ma vie au petit bonheur des jours. Je ne sais plus trop quoi faire de tout ceci. J’ai le sentiment d’abandon alors que j’abandonne ou me réduis au silence feutré à l’abri du monde qui rétrécit à vue d’œil autour de nous.

Je suis le contraire de quelqu’un d’angoissé ou de désespérer, et pourtant je me complais dans mon coquillage, l’oreille à l’écoute des métamorphoses que les années engendrent en moi à mon insu et avec une persévérance désarmante et parfois cruelle.

Je me modifie pourtant de l’intérieur comme un vin se bonifie en somme, je deviens plus complaisant sans rien renier, je ne pardonne pas pour autant à la bêtise, à l’indifférence de certains, j’écoute mieux mais avec une difficulté croissante à entendre ou à répondre. Cela en fâche certains d’ailleurs à mon escient.

Dans tout cela, la poésie reste ma tasse de thé et me donne envie de vivre avec vous ceux que j’aime, ma fratrie humaine dispersée, mais de vivre dans un rêve éveillé où les mots dansent doucement vers un infini dont je ne perçois rien que quelques nuages qui passent et les saisons et vos visages présents vraiment présents.

Je vous ferai un signe bientôt, un jour, ou vous ferez cela vous-même dans une forme épistolaire et sincère et rien ne sera ôté de notre affection.

Ô mes amis, je vous embrasse à plein cœur.

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