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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Tombeau pour Leader Maximo

Publié le 26 Novembre 2016 par ruraledeprose

Ce matin,la nouvelle ne laisse personne indifférent, Fidel Castro est mort.L'atelier d'écriture de l'urbaine de poésie a consacré une partie de son temps à l'écriture d'un texte libre en vers ou en prose, récit, écrit journalistique. Les participants ont choisi la poésie en prose. Les textes seront publiés sur urbainedepoesie2.overblog.com

Tombeau pour Fidel Castro

Sa part de vérité est peut-être son ombre

des paroles fascinées au reflet de son ombre

Il n'est plus qu'une part de l'ombre de nous-mêmes

à l 'abri du grand soleil de la Révolution

Comment un homme devient ce héros collectif adulé et craint

ficelant une société de misère de bordels qui lui lègue les mots de la multitude

comment l'espérance de liberté se noie pour finir

en mascarade dans l'ombre de l'ombre d'une seul

le peuple devenu faction foule la mémoire livrée 

aux nouveaux chapitres d'une épopée sans rêve

l'utopie jetée en prison

L'homme est ainsi qu'il a besoin de guide d'être subjugué

de paroles de discours fleuves

où il peut marcher sans penser par lui-même

puisque l'on parle et pense pour lui

n'être qu'un grain de sable sur l'immense plage

des idéologies castratrices

Et le peuple accompagne son leader Maximo

s'identifie à son ombre charismatique

sous le soleil la pluie la trique

Le peuple entend plus qu'il n'écoute

les discours-fleuves du Leader Maximo

qu'importe demain et le ressac des mots en déroute

le peuple est bercé de salves dialectiques

enivré de syntaxe

Puis tout ce découd à force de temps

la Révolution s'endort sur les paillassons

la caste au pouvoir oublie sa promesse

des matins bleus

la grangrène bureaucratique avance ses pions

le goût de liberté prospère à l'ombre de l'ombre

La Révolution s'accoquine au marché au libre-échange

la prostitution réinvestit les rues

Ne restera que l'absence des anges

des cendres et des larmes

face à l'idole dissoute 

le catafalque désuet tristement triste

des idées mortes d'un espoir avorté

sur le front de la fraternité inachevée

Sa part de vérité est peut être notre propre ombre

une ébauche de l'ombre

sans dieu ni maître à penser

un soupçon de l'ombre

où enfin la lumière recouvre l'humanité nue

où s'ouvrent les portes et les fenêtres

sur un monde défasciné

un monde sans béquille à la pensée

sans regard vers l'oubli

où les paroles respirent la liberté

un monde à inventer

Hasta la vista Fidel !

 

patrick pérezsécheret - copyright 25 novembre 2016

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