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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Coup de gueule de nouvel an

Publié le 5 Janvier 2017 par ruraledeprose

 

Morose ambiance de fin et de début d’année. Les gens n’ont plus les moyens de rigoler, d’espérer. J’entends les gens modestes qui regardent sur tout pour vivre et qui n’ont pas eu le cœur à la fête et aux réjouissances heureuses. J’en ai croisé un bon nombre, étant présent sur Vitry pendant cette période. Tout semblait triste, les rues presque vides et en rajout des pannes de chauffage et d’eau chaude à répétition. La vie quoi. La vie imposée à ne plus rien attendre, à ne plus s’étonner des incivilités répétitives et qui empoisonnent le quotidien, des banderoles de merde d’art street sur le monument aux morts, l’avenue Guy Moquet qui ressemble, sur un tronçon, à un bourbier sans queue ni tête depuis quelques années…

J’ai entendu les propos des gens, de gens, des gens simples avec ou sans emploi, et qui ne demandent plus rien à personne car personne ne répond à leurs préoccupations ou presque. Certes, dans notre ville, les services publics fonctionnent, l’accès aux loisirs, aux sports, à la culture, est possible à moindre coût, de nombreux travaux contribuent à améliorer et à embellir la ville…

Cela n’y suffit pas car à l’angoisse du présent, d’un pouvoir d’achat médiocre, des charges qui pèsent sur les familles, du chômage, s’ajoute l’incertitude du lendemain. Les hommes politiques promettent mais leur vie n’a pas changé et ne change pas. Il n’y a pas de désillusion mais, malgré le pouvoir médiatique, les gens, des gens, pensent qu’ils sont abandonnés, livrés à leurs réalités, à leur précarisation. Et pour tout dire c’est presque vrai.

Pourtant, et c’est le propos que je tiens aux gens, à des gens, tous les jours, on peut changer les choses, avancer vers autre chose, participer aux transformations nécessaires par le vote, le bulletin de vote. Nombreux sont d’ailleurs celles et ceux qui se sont inscrits sur les listes mais, après, pour voter quoi et pour qui ? Ce n’est pas une petite question. Je défends auprès d’eux la candidature de Jean-Luc Mélenchon, expliquant qu’il porte la parole de ceux que l’on n’écoute plus ou pas, que celles et ceux qui sont à ses côtés sont aussi des porte-voix et que les propositions que nous faisons collectivement n’émanent pas d’un parti mais d’un mouvement citoyen.

Difficile d’expliquer que l’on veut modifier la constitution, le système électoral et instaurer une nouvelle république. Difficile de convaincre que l’on peut réellement imposer davantage ceux qui gagnent 20 fois le SMIC, taxer les grosses entreprises sur les bénéfices des gros actionnaires. Difficile d’expliquer que les choses sont possibles et que l’austérité n’est pas une fatalité. Mais il faut le faire, redonner confiance dans la solidarité, dans la possibilité en 2017 de produire une alternative en rupture avec toutes les politiques qui préconisent et appliquent l’austérité pour les plus modestes, les plus démunis.

Mais les gens, ces gens, ne s’en laissent pas conter. Ils veulent participer et ne pas reconduire des candidats qui ont accepté de voter des lois de régression sociale ou des candidats qui ne s’engagent pas dans cette alternative progressiste par intérêt partisan ou la soutiennent du bout du nez tout en présentant au nom de leur parti, donc de quelques milliers de militants, leurs candidats autoproclamés.

Les gens, des gens, comprennent que la démarche de la France Insoumise est novatrice et radicale dans sa volonté de transformation de notre société autour de Jean-Luc Mélenchon et de candidats issus d’assemblées citoyennes et non désignés par un parti, des candidats qui s’engagent clairement à soutenir une fois élus les propositions du candidat à la présidentielle, son programme. Les gens ne sont pas idiots. Il faut leur faire confiance à Vitry comme ailleurs.

Il faudrait que ceux qui font commerce de politique, sont en fonction, remettent un peu les pieds sur terre, dans les réalités de nos cages d’escalier, au cœur de la vie des gens. Les temps changent, la vertu du passé ni suffit plus au présent : il faut que les choses changent vraiment, il y en a marre d’attendre la concrétisation des promesses. Oui, les gens, il ne suffit pas de les entendre, il faut savoir les écouter et lorsque l’on s’adresse à eux avoir la pudeur de parler un peu de leurs problèmes individuels sans les noyer dans une masse informe ou une communauté d’intérêt électoral épistolaire.

Voilà c’est dit.

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