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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

CARNET DE BOURGOGNE

Publié le 18 Avril 2017 par ruraledeprose

 

Chemin faisant quelques jours dans l’Yonne (Auxerre, Accolay, Coulonges-sur-Yonne, Clamecy, Gy-l’évêque, Villeneuve-sur-Yonne…), j’ai retrouvé la foi. Un charbonnier a dû la perdre sur un trottoir. Je l’aie ramassée toute cabossée, pelée à vif. J’ai retrouvé une foi à me dire en marchant pourquoi laisser cette spiritualité entre des mains inconnues, intégristes, celles qui compatissent le dimanche à l’écuelle des pauvres sur les parvis des églises ? Je ne sais pas trop où je vais la mettre cette foi ma fois.

 

J’ai longé le canal, les écluses aux chemins de halage, sans chevaux aujourd’hui, des forêts de bouleaux en-feuillées d’un vert d’eau impeccable, de petits ponts pointus envahis d’herbes folles où l’on passe le canal d’une berge à l’autre, capitaine d’un instant.

 

Il n’y avait personne à qui tenir la main pour s’émouvoir de ces beaux paysages où la terre revêt son manteau d’Arlequin. Je donne les images à qui veut, les villages traversés, leur église immuable dont le temps a noirci de gypse des pierres. Pas une à l’autre ne ressemble du tympan au clocher. Je donne les petites maisons à vendre, leurs buissons de glycines en fleurs, leur odeur poivrée, la solitude qui pèse abondamment lors hier pourtant j’allais par deux dans les campagnes flamboyantes de France.

 

En cette après-midi qui s’achève sous un ciel gris perle à Coulonges-sur-Yonne, la tristesse pèse des tonnes. J’esquisse un sourire en missive dans le lointain. L’amour ne meurt pas tout le temps même si personne à qui chanter la tendresse qui brûle.

 

Alors, à Villeneuve-sur-Yonne, j’ai acheté des chaussures bleues avec des lacets rouges pour fêter Pâques, la petite ville m’a séduit avec ses portes fortifiées, ses rives ensoleillées. J’ai ressenti quelque chose qui dissipe toute mélancolie, même si dans ma main il n’y avait personne.

 

J’ai fait un détour à Gy-L’Evêque, pour voir son lavoir en forme de cloître remarquable d’harmonie. L’église a de beaux restes du début XIIIe siècle avec sa tour, sa façade et muraille. Elle possède un Christ aux orties en bois, sculpté à merveille et qui date du XVIe. Enfin, sur le monument aux morts de la guerre de 14-18, en face de l’église, on peut lire du côté Sud « Guerre à la guerre » et côté Nord « Paix entre tous les peuples ». La plaque est éloquente pour ce petit village de l’horreur de la guerre : 23 noms s’y égrainent.

 

14-16 avril 2017 – Copyright patrick pérez sécheret.

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