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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

LETTRE AUX VENTS CONTRAIRES (prose du jour)

Publié le 19 Avril 2017 par ruraledeprose

 

 

 

Il suffit de se morfondre, de se plisser les genoux devant toute idole. Il suffirait de lever les yeux, de se tenir bien debout devant l’adversité, de savoir surgir dans le présent avec ses rêves intacts de lendemains qui chanteront, car ils chanteront bien un jour, dans quelques heures sans doute. Il suffit de croire que l’hier fut mieux que l’aujourd’hui, qu’à chaque jour suffit sa peine.

Il suffirait de souffler un air neuf, de caresser les seins des montagnes frissonnantes, de clouer le bec à l’absurde intempérance de l’espoir.

Il suffit. Il suffit de l’amour qui grogne pour un rien après les averses, de l’eau qui frange des cieux et mouille les os à l’infini. Il suffirait de croire qu’un souverain printemps va exploser nos yeux de merveilles infinies que nous pourrons nommer et partager comme un pain de couleurs.

Il suffirait, voilà, de penser la vie avec parcimonie, émotion, sentiment d’appartenir au genre commun dans sa diversité, ses fantaisies, ses coutumes.

 Il suffirait d’oser les mots les verbes agencés par la syntaxe en récits, en épopées, en chants d’humanité. Il suffit d’être fatigué et de nommer tristesse les états d’âme fulgurants où l’impossible devient possible. Il suffit de se taire comme il faudrait prendre langue et lancer la parole comme un traité de paix universel. Il suffit de courber le dos, de marcher en arrière.

Il nous faut à présent prétendre à autre chose que la mort, la déconvenue, la haine. Il nous faut presser le pas pour la Révolution pacifiste universelle du genre humain. Pressons-nous, pressez-vous, il se fait tard déjà, la nature n’en peut plus de nos saccages.

Le bonheur est toujours une idée neuve il suffisait d’ouvrir son chantier.

copyright 2017 - patrick pérez sécheret.

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