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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Les Personnages en correction.... arrive bientôt !

Publié le 4 Août 2017 par ruraledeprose

 

Nouveau livre à paraître à la rentrée, Les Personnages de Patrick Pérez Sécheret, n’est pas vraiment un roman puisque ceux-ci ne se rencontrent pas, n’ont pas d’histoire en commun mais se succèdent de chapitre en chapitre. Sans doute s’agit-il d’un même acteur qui sur la scène de la vie joue sa propre histoire à travers celle des autres, endosse leurs sentiments et ressentiments, croise son propre vécu au leur à différentes époques.

 

Un récit qui interroge la vie, son sens, les raisons qui induisent que l’on accepte un rôle tout en sachant qu’inéluctablement il faudra quitter le plancher des vaches un temps donné. L’auteur renvoie ses personnages les uns vers les autres dans un miroir où lui-même se faufile de temps à autre en voyeur impénitent qui ausculte les âmes avec délectation et n’hésite pas à écrire aussi leur laideur.

 

Mais, bercé par les scènes successives, le personnage de l’auteur exprime surtout l’amour et l’abandon, avec délicatesse. Il nous délivre une sorte de testament sur la tragédie intime de chacun qui parfois furtivement se drape d’optimisme parce que l’amour vient à sa rencontre.

 

Extrait du chapitre 1, Le Personnage :

 

« Le personnage eut l’impression de disparaître du miroir en pied, de s’y gommer du simple geste de sa main gauche à l’instant précis où ce geste tenta d’ajuster une mèche qui tombait sur le front. Le miroir ne renvoyait que l’image fixe d’un mur sur lequel on avait accroché une toile, une reproduction d’un bord de mer par mauvais temps, sans embarcation. La vie du personnage, alors ressembla, point pour point, à l’image de la toile. L’idée de nature absoute de toute présence humaine ou la supposant ajoutait à la désolence de drues précipitations du ciel se mêlant à l’océan, un sentiment d’achèvement morbide du temps et du monde sur une plage de néant : de l’eau sur l’eau, bêtement. Machinalement, le personnage tenta de passer à nouveau la main devant lui jusqu’au front. Son image ne se reflétait pas dans le miroir. Une bouffée de chaleur monta à sa nuque, il recula presque ivre de cette absence de lui-même, ouvrit la fenêtre, s’y pencha, porta son regard sur la vitre. Celle-ci dessinait le visage mais il eut quelques instants de flottement, l’image renvoyée n’était pas lui au présent mais la représentation d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, très souriant qui tirait un cheval par la bride. Vêtu d’une saharienne bleue, la silhouette se découpait sur un paysage d’ocre, de collines et de sable. Le jeune homme paraissait heureux. »

 

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