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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

bobby sands remember

Publié le 30 Novembre 2008 par ruraledeprose

cette chanson fut écrite en 1981 en hommage au militant républicain irlandais. Elle fut chantée régulièrement par Petru Dieghi, auteur-compositeur-interprète corse. La violence que représentait la mort de Bobby Sands, son action de résistance, par l'arme ultime que représente la grève de la faim, à l'occupant anglais et auxconditions inhummaines de détention des prisonniers politiques auxquelles les patriotes irlandais étaient soumis, explique cette écriture brute de circonstance et l'écho de cette violence faite à un poète, universitaire et député. La sortie sur les écrains du très beau et dur film de Steve McQueen "Hunger" vient réveiller cette ballade écrite il y a 28 ans pour un militant des droits de l'homme et de l'indépendance des peuples, un résistant assassiné à 27 ans. Cette ballade est déposée à la sacem.



de Rathcoole à Longkesh vingt sept ans de blessures

une vie s'est désséchée sous le poids des injures

Bobby Sands a lutté contre la forfaiture

corps et coeur estropiés en ultime torture


Tatcher signa l'édit de sa mort un matin

l'Ulster en colonie et l'Europe ne dit rien

Bobby Sands a péri sans aucun droit humain

mais l'armée britannique ne put taire son refrain


la violence fut du camp doré de Birmingham

son ordre maintenu par le pouvoir des armes

la terreur fut du camp de Big Ben en perruques

de l'anglaise qui se prit pour le Grand Turc


il n'est pas tolérable que l'Europe taise le nom

de ce peuple indompté aux droits de moribond

Bobby Sands a levé le voile colonialiste

qui masquait une armée occupante terroriste


Bobby Sands a donné un nom d'intolérance

à ceux qui croient rayer l'espoir d'indépendance

de Rathcoole à Longkesh vint sept ans de blessures

une vie massacrée sous le poids des injures


l'honneur de Sands ne blesse ni le flegme grand breton

ni la city en liesse mais Sin Fein est un front

si les barbelés frisent en Ulster trop longtemps

c'est qu'au temps des cerises l'Europe préfère le sang


Patrick Pérez Sécheret


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