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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Lecture-décicace à Antraigues le 9 avril 2011

Publié le 31 Mars 2011 par ruraledeprose

 

Place d’Antraigues-sur-Volane

à  la terrasse de La Montagne

rencontre avec

Patrick Pérez Sécheret

Poète-écrivain qui dédicacera

ces deux nouveaux livres 

Coquelicot, Pépé et la Guerre d’Espagne

Une histoire d’amour et de mémoire située dans

la Haute-vallée de l’Ardèche, près de Thueyts

Roman (Les Points sur les i éditeur)

et

L’Ardèche brûle à torrents, L’Ardoise des jours

préface de Jean Ferrat, dessins de Hélène Baissade 

Poésies (Les Points sur les i éditeur)

 

Samedi 9 avril 2011- 17 à 19 h  

___________________

 

A 20h30, Salle Jean Saussac, Véronique Estel propose

une recontre poétique Rimbaud et Verlaine

 

commentaires

Ah ! Monsieur Tillinac...

Publié le 28 Mars 2011 par ruraledeprose

Je commence cette réponse en pastichant la  chanson de Jean Ferrat, adressée alors à Jean d’Ormesson, patron du Figaro, qui déplorait la chute de la dictature à Saïgon. Je le fais par dépit à vos propos assez ignobles, méprisant pour celles et ceux qui ne pensent pas tout à fait la République à votre façon, enfin de qu’il en reste. Le piège du front républicain est un billet osé*, talentueux car votre maîtrise des mots, de la langue française n’est plus à démontrer et vous avez su distiller-là un venin qui n’honore pas votre plume, vos racines gaullistes.

 

Non, Monsieur Tillinac, les valeurs républicaines ne sont pas celles de staliniens repentis, et vous ne mesurez pas ce que l’histoire a prouvé dans l’attachement des communistes à leur pays malgré la tragédie d’un pacte et d’une révolution confisquée par des despotes. Vous le savez, et votre billet du Monde n’en est que plus indigent et mortifère. Les postures morales dont vous parlez face au front national en rappelle un autre de front, du même nom, qui se moquait de l’origine politique de celles et ceux qui s’y engagèrent pour combattre le fascisme. Les postures morales, Monsieur Tillinac appartiennent à l’histoire et à l’histoire en marche qui n’est pas celle que vous croyez avec l’humanité, de la Grèce au Portugal, livrée à la toute concurrence, au pouvoir de la finance, le politique cornac du sacro-saint marché. Cela aussi, vous en avez conscience. Oui, un parti factieux devrait être interdit et le FN, dans sa posture, ne peut pas l’être. Mais le combattre, le mettre en lumière dans ce qu’il préconise d’archaïsme, de rejet de l’autre, oui, car le FN menace la démocratie et la République. – ce qu’il en reste. Le consortium médiatico-intello dont vous parlez n’a aucun pouvoir, et vous le savez, face au monopole médiatique existant d’où sont exclus notamment cette extrême gauche dont vous vomissez les termes. Le front national ne profite qu’au front national et à cette droite décomplexée de la fortune, apatride de ses agios.

 

L’ultra gauche que vous taxez de sujette à caution dans ses vertus, je vous en retourne comme à l’épée puisque nous ne sommes plus au temps des duels stériles et que les mots, après tout ont leur poids, De quel droit moral, Monsieur Tillinac, osez-vous mettre - et quand bien même si retrouveraient-ils un jour par nécéssité révolutionnaire, cette gauche qui vous heurte le foie et peut être sous donne des cauchemars - dans le même sac ces citoyens communistes, altermondialistes et autres, l’extrême gauche qui ne veut pas gérer et celle qui le veut, qui préconise d’autres choix économiques ? Une mesquinerie qui peut conduire à suivre le chemin de certains Drieu de la Rochelle. Non, comme beaucoup, je ne pactise pas avec les apôtres du grand soir, du grand chambardement ! Mais celui-ci pourrait venir de vos renconcements aux valeurs gaullistes et républicaines. Certes, vous ne voterez pas FN mais en sommes vous exprimez que l’on peut le faire, qu’il est respectable et qu’il ne vaut pas mieux que l’extrême gauche dont, encore une fois, je ne partage pas le discours ni l’idéologie réductrice. Vous préconisez la quarantaine en ouvrant vos fenêtres au vent mauvais, Monsieur Tillinac, vous souhaitez simplement que les choses perdurent, que la maltraitance des peuples en Europe et ailleurs se poursuive, que la planète financiarisée demeure à dicter aux gouvernements à sa solde des directives au service d’un seul objectif : l’accumulation des richesses, des dividendes boursiers, des rémunérations d’une poignée d’actionnaires ; et qu’en cela donc, tout le socle républicain issu du programme national de la Résistance soit dépéçé !

 

Pauvre Monsieur Tillinac, les marges gauchisantes, à votre grand regret, réalisent aux cantonales un score plus qu’hororable malgré votre tolérance et préférence au FN. Vous avez tenté de peser d’un billet mondain sur le cours des choses,  choisi de donner une sorte de légitimité au FN. Vous devez être vert de rage, non ? Sortez votre mouchoir et bien le bonsoir.

 

 

 

Patrick Pérez Sécheret

Lourdingue républicain et communiste.

 

*Les mots en italique sont extraits de l’article de Monsieur Tillinac, paru dans le journal Le Monde, le 23 mars 2011, page 16.

commentaires

Nana El Rachid, poétesse sahraouie

Publié le 22 Mars 2011 par ruraledeprose

Cette femme, qui vit dans un camp de réfugiés au Sahara occidental sur la Hamada de Tindouf, lutte pour l’indépendance de son pays et n’est pas simplement un écrivain mais un témoin permanent du sort infligé au peuple sahraoui tant dans les camps que dans le territoire occupé par le Maroc depuis 1975, date de la naissance de la poétesse. Nana El Rachid est chargée de la formation et de l’alphabétisation et participe à un centre culturel dans son pays. L’éducation, la culture, la circulation de l’information, avec les nouvelles technologies, représentent des outils d’émancipation pour tout le peuple sahraoui, un moyen de communication aussi pour ce pays dispersé, occupé. Nana El Rachid a exprimé, lors de sa venue récente en France, la nécéssité de coopérations, d’échanges avec la France et d’autres pays, des collectivités locales, au regard de ce besoin d’expression et de communication. Le peuple sahraoui a une longue histoire qui se heurte aujourd’hui à la question de sa souveraineté politique et économique, à la maîtrise de ses richesses mais la culture sous toutes ses formes, sa diffusion constituent bien un levier sur ce chemin de l’émancipation. En cela, le livre de Nana El Rachid, La Plume prisonnière (L’Harmattan), l’un des rares ouvrages édités depuis 30 ans au Sahara occidental, est un symbole de la culture sahraouie, un livre ambassadeur des douleurs d’un peuple et de sa ténacité à voir ses droits respectés. Cette femme, humble et cultivée, nous livre le quotidien d’un peuple, ses origines nomades, sa lutte pour l’autodétermination, décidée par l’ONU mais bafouée par l’occupant, sa terre coupée d’un long mur nord-sud le privant de l’accès à l’océan, à la pêche, aux mines de bauxite... Et, de l’autre côté du mur, une vie précaire et digne dans les camps de réfugiés. L’écriture de Nana El Rachid est limpide, parfois lyrique, lente de l’imbrication de mots précis qui épurent l’avenir de toute tentative de renoncement à la liberté. La femme, la mère, la citoyenne sahraouie sont, dans ce récit poétique, des cidatelles, des fourmis dans l’action : oui cette poésie est en cela révolutionnaire qu’elle prend appui du réel, qu’elle proclame le droit à la beauté, à l’eau, au pain, à l’indépendance, à l’égalité, au respect mutuel. Nana El Rachid est une femme libre, une épouse aux épaules solides, sa poésie est contagieuse comme un long ruban fraternel déployé au vent du désert pour confirmer l’espérance d’une Nation et son droit aux libertés fondamentales, au respect des droits de l’homme et du droit international. J’ai eu l’honneur de rencontrer cette poétesse, début mars à Vitry-sur-Seine où elle était invitée de la Municipalité pour la Journée Internationale des Femmes, de lui faire visiter l’Institut du Monde arabe - elle passa de très longs moments dans la librairie à chercher des ouvrages à ramener dans son pays – puis le musée du Louvre où elle souhaitait voir particulièrement la Momie et La Joconde. Il faut lire et faire connaître Nana El Rachid, sa poésie où tout un peuple se promène avec espoir et ténacité.

 

Patrick Pérez Sécheret

 

Et toute chose nous entraine,

jusqu’aux abysses du malheur.

Et nous nous estimons vivants !

Etranges existences,

fils de renards,

proies de caméléon.

Etonnant, que nous soyons humains,

nous ne tentons pas d’êtres,

comme veut la providence.

Quand nous déclarons l’amour

nos ancêtres annoncent la menace et

                   nos fils remplissent la terre

de bruit et tristesse.

Nana El Rachid.

 

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Gaston Couté : Le Merle moqueur

Publié le 18 Mars 2011 par ruraledeprose

Slameur, rappeur, avant l’heure, en sabots et blouse de péquenot, cent ans plus tard et frais comme un gardon à travers les guérets, Gaston Couté s’éveille dans ce livre qui lui rend hommage. Ses vers résonnent (2 n sinon cela ne sonne pas) en nous à façon d’un tocsin d’amour. Jetez-vous dessus, plongez vos doigts entres les rimes, recouvrez les saisons vraies dans leur apparat de beauté simple. Ecoutez-Couté bruire en vous des bonheurs et des malheurs du monde d’en bas, des gueux, des tous crottés, des lessivés d’usines à la chaine, des déconsidérés sociaux de tous les temps, ivrognes d’amour parfois. C’est la voix du peuple immense sur des épaules frêles comme la mer sur la plage de l’humaine condition. Qui dit quoi de si d’importance le Gaston voici un siècle ? Il divague môssieur, il a bu toutes les horreurs du monde, respiré tous les airs de la fraternité. Voilà tout. Qu’il nous parle des saisons et l’on s’effondre, L’automne demeure une lutte de classes promesse, Les mangeux de terre restent sublimes de dignité, Les bohémiens des voleurs au grand coeur, La paix une citadelle universelle qui appelle à la grève universelle de la guerre... Couté nous promène sur la lande de bremailles, sur le front des guerres où les p’tiots vourin avouer vingt ans, il nous tend Les mains blanches d’un amour éperdu. De tant d’erratiques pintes de mots, de vin, de tant de chemins foulés, le chansonnier exténué pousse les notes à l’étrange symphonie de l’homme, du vent, des forêts et des champs, des ruisseaux. Il crie du velours, des larmes et cette musique intime insolente et salvatrice qui rapproche tous les laissés pour compte de la société savante du fric pour leur intimer une vague sociale d’égalité. Couté avait dans ses manches tout cela, je vous jure, de la lumière qui nous épuise encore à trop nous indigner sans nous révolter pour de bon. Couté, oui, est encore allumé. Veillons la petite flamme avec ferveur. Ce livre que j’ai préface avec tendresse et qui donne l’essentiel de la poésie-chanson de Gaston Couté honore la collection Le Sens des mots des éditions Les Points sur les i. Que voulez-vous, le merle confirme Couté : et persifle longtemps après que le poète est disparu...

 

 

Patrick

 

 

Gaston Couté, Le Merle du peuple, les Points sur les i éditeur 2011.

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hommage enfin rendu à Aragon

Publié le 4 Mars 2011 par ruraledeprose

Nous attendions nombreux cette décision : Louis Aragon aura sa place dans l'île Saint-Louis, à la pointe de celle-ci, en proue de navire en somme, et son personnage Aurélien aura pour de vrai sous ses fenêtres cette place. Cet hommage, demandé depuis longtemps par les amis d'Aragon, ses camarades, est mérité et qui pourrait en douter? La vie autant que l'oeuvre de l'homme, Résistance, romans, essais, poésies, écrits journalistes et direction des Lettres françaises, critiques, chroniques, regards portés sur le monde et ses mouvements, sur sa propre histoire, son engagement, sur l'art, tout me semble avoir emporté la décision de la Ville de Paris voici presque deux ans, et, 29 ans après le décès d'Aragon, le lieu est déterminé et judicieux. Aragon méritait mieux qu'une plaque, comme Verlaine et d'autres, sur une entrée d'immeuble. Il a les deux dans ce Paris où il vécut si longtemps, sur lequel ou pour lequel il a écrit des pages qu'il nous faut relire. Lire Aragon, me semble une belle urgence pour celles et ceux qui seraient passés à côté. Je recommande pour ma part sans préférence : Les Poètes.

 

Patrick

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