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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Arménie

Publié le 26 Janvier 2012 par ruraledeprose

Infligée à la Turquie moderne qui n'existait pas lors du génocide arménien, puisqu'il s'agissait de l'empire Ottoman, la loi votée au Parlement français est inique. Comment peut-on écrire l'histoire au Parlement à quelques temps d'élections nationales pour flatter environ 500 000 votes? Je pense en écrivant ceci à la Croisade des enfants qui partit de Châteauneuf-sur-Loire, à ses enfants crevant de froid et de faim dans nos villes d'alors et nos campagnes, et qui finirent vendus pour quelques sous par l'Evêque Machin, prostitués en Afrique du Nord. Et les Amérindiens? Les Incas? L'Espagne, les Etats-Unis ne sont-ils pas responsables de génocides? Et Randwa-t-on justice? Et Sabra et Chatila, et l'apartheid qui s'installe en Palestine? Stigmatiser le peuple de la Turquie actuelle n'est pas la méthode pour ouvrir le dossier du génocide arménien.

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Moody’s blue’s

Publié le 19 Janvier 2012 par ruraledeprose

La note est salée

en Grèce on dégraisse

le Parthénon est à vendre

Iô mugit dans les prés

Platon tient Enée en laisse

La BDE baise Phèdre

 

J’ai le moody’s blue’s ah ah ah

J’ai le moody’s blue’s...

 

Lorsque l’on lave à grande eau

les misères de la nuit

le sang écaillé sur les trottoirs du monde

je sens grandir en moi

un enfant ébloui

la lune entre ses doigts

un filet d’or rouillé

 

J’ai le moody’s blue’s ah ah ah

J’ai le moody’s blue’s...

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just divorced

Publié le 17 Janvier 2012 par ruraledeprose

Je suis allé chercher la grosse hier au soir. Pas bien épaisse quoique sur 2 pages près de 40 ans de vie s'étalent. La grosse m'a soulagé, c'est drôle, d'un poids inouï. Finalement, j'ai pris un verre de Brouilly tranquille, la grosse sous le bras, j'ai levé le coude serein à la santé de l'avenir.

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pensée du jour

Publié le 16 Janvier 2012 par ruraledeprose

L’oiseleur pleure

à toutes plumes

son perroquet vert

mort hier

d’un rhume

 

L’oiseleur n’aime pas les gens

à poils au menton

sous les aiselles

l’oiseleur est rebelle

aux choses humaines

 

L’oiseleur pleure

à chaude averse

son ara mort de froid

sur le balcon

quai de Seine

 

L’oiseleur n’aime pas les gens

à visâge de reptile

la musique dite classique

le hoquet du vent

les pannes d’électricité

 

A deux pas sur le quai

des oiseaux oubliés

se réchauffent au rouquin

dans leurs mitaines trouées

une boîte de cassoulet

pour foie gras périmé

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pensée du jour

Publié le 10 Janvier 2012 par ruraledeprose

Rebrousser les cerises à vos seins

sous ma langue

 

Sentir grandir l’envie

du fleuve à vos rives

 

contenir mon prépuce

jusqu’à l’extrême désir

jusqu’à la crue venir

 

vos rives tenant le fleuve

à votre bon plaisir

 

Embraser votre bouche

d’un sourire tranquille

 

nos corps éboulés

nos coeurs blottis

après jouir

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j'enterre Jean demain...

Publié le 6 Janvier 2012 par ruraledeprose

J’enterre Jean demain

en prétentieux

je ne serai pas seul

on sera vendredi

jour de poisson

mais pas en avril

Il fera beau

on sera tout plein

larmes rentrées

par pudeur

 

J’enterre Jean demain

en arrière petit-neveu

par le bras gauche

la rime de traverse

communaliste

 

Le vent aura cessé

dans les cieux bleus

je dirai des conneries

dans ma barbe

la grandeur d’âme

d’un coeur brisé

d’un homme humble

de qualité

 

Je ne serai pas seul

on serrera nos coudes

sans le ver le pied

sans baisser les bras

autour d’Yvonne

de Jean-Philippe

pour faire le cercle

autour du grand poète disparu

mais présent quelque ailleurs

le nez dans les étoiles

un calembour aux lèvres

à  croire en l’amour

toujours à l’humanité

 

Je serai Au bout du quai

ça ne casse pas trois pattes à un canard

mais bon

je ne peux qu’être là

pour la dernière tournée

l’utime tournure du vers

du chagrin vrai

On sera vendredi

mais pas en avril

il fera beau parmi nous

en gerbe de blé frais

en bouse de vache

sous nos semelles scellée

 

J’enterre Jean demain

qui écrivait :

il ne me restait qu’un rêve

Perdre un rêve est aussi

grave que la mort

 

Alors

faisons un rêve

 

5 janvier 2012

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Jean L'Anselme a filé avec son prix à l'anglaise...

Publié le 2 Janvier 2012 par ruraledeprose

Jean L’Anselme (1919-2011)

 

Je ne peux me résigner ici à parler de Jean au passé, même s’il a filé à l’anglaise, boire une bière avec beaucoup de mousse autour, le 30 décembre dernier, veille de ses 92 ans. 

 

Quand on donne rendez-vous à l’Anselme, à l’angle des rues Courteline et de la Liberté à Savigny, le jeune homme arrive à vélo. Il est vrai que, pour un forçat du vers, il faut du souffle même s’il orfèvre davantage dans le verre à moutarde que dans le Bohême. Justement, L’Anselme préfère le solide, le vers brut sur l’ouvrage plutôt que le vers luisant ou le vers utilitaire et de circonstance. Son oeuvre poétique et littéraire commence vraiment avec Dubuffet qu’il croise en 1945. Ils tombent d’accord : « l’asphyxiante culture » académique est dénoncée. De l’art brut à l’art maigre, L’Anselme passe naturellement à l’art moche puis à l’art con, une nouvelle conception du beau glanée dans les poubelles. Que l’on ne s’y trompe pas, L’Anselme a toujours été correct.

 

Il entre dans la Résistance début 1941 pour ne pas avoir à jouer des coudes dans l’affluence de 1944. Plus après, il claque la porte de Tel Quel car il ne croit pas au concept de l’illisible, ni aux théories des sorbonnards. Il a l’oeil sur tout, les peintres dilatent ses pupilles. Il va user du calembour, de l’humour, pour exprimer un art noble et nu : la poésie. C’est décidé ce sera avec du laid qu’il fera son beurre. Il considère que la mauvaise poésie est même très utile car elle met la bonne en valeur. Et, dès lors, un vers trop poli ne peut plus être au net.

L’Anselme, Prix Apollinaire 1948, a aujourd’hui ses poèmes dans le métro ou dans les grandes gares de France. Le poète n’intéresse pas les revues fardées de stylistique et de linguistique, de thèses qui font dire aux textes ce qui ne s’y trouve pas. Ce poète est une mesure de salut public. Une île déserte porte son nom à Guyancourt.

 

Jean est né en 1919 avant de devenir un désintoxiqueur bénévole de la littérature. Il a publié au moins 50 livres, est présent dans les manuels scolaires. Il est buté et fidèle, tendre, c’est un homme de vrai. Un con qui marche ira toujours plus loin qu’un intellectuel assis. L’Anselme à tous vents, fait dans le pêt de nonne, cultive son jardin* poétique à la serpe lucide, à l’emporte-pièce saignant, à la fraternité rustre. Où le situer ? Sans doute entre Max-Jacob et Prévert, entre Frédéric-Dard et Desnos ou ailleurs.

 

L’important en tout cas ce n’est pas la diastole ni le mouvement de systole. Tant va la rime à l’eau trouble qu’à la fin elle s’en saoule de beau, engrossée de vers de vase, de scories paresseuses, de limons séculiers du banal coin de rue et de ces existences qui ne sont pas toujours une vie.

 

La saga de la poésie, de Rutebeuf à L’Anselme, va sans culotte. Il s’agit d’une République des mots sur les maux de l’humaine condition. Le reste est rhétorique et passe-lacets, snobisme et effets de manches. L’Anselme ne mange pas de ce pain. Pour le reste merci au poète humble et grand de coeur, à la complicité de Rougerie son éditeur.

 

Patrick Pérez Sécheret

 

A lire notamment chez Rougerie (87 Mortemart) :

La France et ses environs (1975)

Les Poubelles (1977)

Pensées et proverbes de Maxime Dicton (1991)

Le Ris de veau (1995)

La Chasse d’eau (2001)

Ca ne casse pas trois pattes à un canard (2006)

Con comme la lune (2010)

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