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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Histoire de coeur et de chapeau

Publié le 30 Avril 2013 par ruraledeprose

J’ai posé mon coeur sur un banc mon chapeau par-dessus Je pensais que quelqu’un viendrait et soulèverait le chapeau par-dessus mon coeur Je me suis éloigné l’air indifférent nez au vent d’est d’où fragrançaient quelques cerisiers japonais Je ne me suis pas retourné pour voir ce qu’il advenait et du coeur et du chapeau Certainement quelqu’un viendrait ou bien le gardien du jardin dans sa tournée prendrait connaissance des choses et les porterait aux objets trouvés comme il se devait ni plus ni moins qu’un chapeau et un coeur perdus ou oubliés sur un banc Le lendemain je revins au jardin les lèvres un peu pinçées par le vent d’ouest et la nuque trempée de rosée Le chapeau était toujours-là  mais quelqu’un manifestement s’était assis dessus et dessous mon coeur était tout aplati une crêpe pour tout dire j’ai jeté le chapeau irrécupérable dans la poubelle à portée parmi des canettes de soda et autres épluchures de square j’ai pris mon coeur aplati l’ai plié en quatre puis en huit tel un gros confeti j’ai mis mon coeur dans ma poche revolver dès fois que quelqu’un le réclame un jour ou l’autre j’ai oublié mon coeur dans la poche revolver j’ai changé de pantalon mon coeur a été lessivé par la machine-à-laver le linge avec le pantalon à 60 degrés

il est ressorti en confeti plus petit j’ai déplié mon coeur pour le mettre à sécher au vent du sud mais je n’ai pas osé le fixer avec une épingle à linge j’avais à peine les  talons tournés que le vent du sud d’un souffle chaudement doux a fait s’envoler mon coeur-confeti vers le ciel j’ai fait des mains et des pieds pour tenter de le rattraper sauter en l’air invectiver reviens mon coeur-confeti reviens  mais mon coeur-confeti plus léger que l’air semblait appelé par quelqu’un dans les nuées et je n’avais pas d’escabeau d’aéronef rien pour le rattraper Je n’étais pas malheureux de m’en séparer en fait  A quoi aurait-il pu bien servir en l’état où il était quand je l’ai posé sur le banc du jardin avec mon chapeau sur lui A rien ou pas grand-chose à rien du tout même je pensais ou voulais me persuader J’ai vécu des siècles ainsi sans coeur et sans chapeau jusqu’au jour où le vent du nord avenant a porté vers moi alors que j’étais assis sur un banc du jardin à côté de la poubelle où j’avais jeté mon chapeau voici des siècles à porté vers moi deux coeurs enlacés qui ne ressemblaient pas à des confetis petits ou plus gros non juste à deux coeurs entremêlés et d’un beau rouge sauge je n’ai rien dit à personne je n’ai pas racheté de chapeau en tout cas j’ai remis mon coeur à sa place il battait très fort que j’avais un peu honte de déranger de faire du bruit je le trouvais même un peu plus volumineux qu’avant plus gai plus aérien aussi j’ai rencontré la personne de l’autre coeur c’était un peu pareil Un coeur peut toujours servir à quelque chose de bien de beau à quelqu’un ou quelqu’une suffit d’être patient d’attendre très fort et très doux que quelqu’un fasse le chemin que vous le fassiez vous-même le vouloir vraiment disons : absolument Je n’ai pas remercié mon chapeau

 

 

 

 

 

 

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Contre la répression coloniale au Sahara occidental !

Publié le 29 Avril 2013 par ruraledeprose

 Les Etats-Unis avaient l’air enfin d’appuyer le rôle de la MINURSO (contrôle onusien pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui) sur le respect des droits de l’homme dans la partie du Sahara occidental occupé par le Maroc. Ils viennent de faire machine arrière, sans doute après avoir tenu compte du courroux du souverain marocain et surtout pu négocier avec lui en fonction de leurs propres intérêts dans cette partie occupée. Cela n’a pas tardé : une répression violente s’est abattue dans les territoires sahraouis occupés notamment à Laâyoune lors d’une manifestation pacifique. Jusqu’à quand tolérera-t-on qu’un peuple de l’Afrique, et le seul à ce jour, soit toujours victime du colonialisme ? Pour le droit du peuple sahraoui à un référendum d’autodétermination, mobilisez-vous bordel ! Protestez contre la brutalité répréssive du Maroc à l’égard de nos frères et soeurs sahrouis !

 

 

 

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Les temps barbares

Publié le 18 Avril 2013 par ruraledeprose

Du fond des âges et du pays ressurgissent les vieilles plaintes saumâtres, les litanies de latrines, les pensées fourbes du droit du droit à l’hémoglobine. De toutes les forces obscures du mirage de l’Occident grimpent des slogans odieux contre la société civile et l’égalité des droits. Les idées noires défilent, défient nos rues, la toile est encombrée de discours d’acier, de lames haineuses. Les chefs d’église même se joignent au concert des appels au meurtre. Suffira-t-il d’amour pour repousser ces hordes qui se fascinent d’une mission divine ? Aurons-nous la force de tenir la marée de boue et d’injures qui lèche nos murs, qui attise la populace pour un ordre nouveau qui fait son beurre sur le terreau de la pauvreté, de l’impuissance publique ? Des temps barbares s’annoncent, battent semelles sous nos fenêtres. Nous ne sentons plus le muguet du 1er mai venir à nos narines, nous sommes assommés de consommations frelatées, d’histoires de défaite, nous nous racrapotons dans nos écuelles, nous nous taisons par contumace, par dérision. Serons-nous à la hauteur de notre médiocrité ? A force de surdité, se hissent les forces obscures, toujours fécondes au devant de la scène. Sommes-nous juste des figurants, en début d’acte premier ou cette énergie intacte, de l’esprit et de l’espoir, endormie ? Levons-nous, il est temps de monter à l’assaut du ciel ! Dégainons-nos rêves !

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Bon voyage Maggie...

Publié le 17 Avril 2013 par ruraledeprose

Je suis ému de l’hommage qui vous est rendu à la cathédrale aujourd’hui dans ce pays que vous avez vendu à la City au prix d’un massacre des vies de simples gens, de leur famille. L’histoire jugera peut être le grand service que vous avez rendu au Capital, aux banques, aux industries mortifères du fric sur le dos du peuple. Je suis ému de penser chaque jour à Bobby Sand et ses compagnons qui ont gagné la bataille contre vous, votre intolérance, votre violence froide. Emu de constater que l’avenir ne vous appartient pas, que les pages sombres et parfois sanglantes que vous avez écrit s’effaceront sous le vent de nouvelles révoltes des gueux pour la dignité. Emu Maggie de prononcer votre prénom et de vous souhaiter bon voyage c’est à dire que j’ose croire que, là où vous êtes,on peut sans doute se repentir du mal que l’on a fait à autrui, redevenir humain. Ce n’est pas un pardon, non, juste une nécéssité pour votre âme.

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Concert du bouleau pour un chêne avec violoncelle, trompette, cuivres et chants d'oiseaux

Publié le 16 Avril 2013 par ruraledeprose

La partition s’élance sur un solo du violoncelle

Les oiseaux sont alignés sur la portée du vent

L’archet pique des graves dans une chapelle

 

La trompette vient plus tard au couchant

prendre sa douche dans l’océan qui bêle

 

Crescendo trompette et violoncelle

arpègent des notes ingénument belles

le ton monte baryton insolent

peu à bleu les cuivres entrent dans la danse

on distingue tout juste les voyelles

nous en sommes au dénuement

 

Alors alors seulement

les oiseaux lancent

leurs pépiements

les trilles se balancent

au firmament

le bouleau pense

au chêne

le concert se couvre d’un immense

silence

 

Alors alors seulement

l’amoureux commence

la plus courte conférence

de tous les temps :

Je vous aime

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Utgé-Royo au vingtième : on refuse la fin du bal

Publié le 10 Avril 2013 par ruraledeprose

Une rencontre avec les Noirs coquelicots de Serge, même un peu rouges parfois, est toujours source de félicité et de beaux moments partagés avec d’excellents musiciens, la musique bien à sa place entre le chant et les mots. On parlerait presque d’une sorte de communion du dire vrai des choses de la vie et de ce monde qui va de traverse. Par nos temps qui fusent, la lucidité, l’opposition farouche au laisser-aller à la fosse de l’histoire à la fois nos mémoires et nos capacités de résistance, ne sont pas trop de mode et peu d’antennes. Serge nous rappelle à l’ordre du désordre des pensées, du temps humain sans résignation et bon dieu, que diable, cela fait du bien. Et le bougre danse pour nous. On se prend donc à chanter que l’amour est une longue danse sur une piste de cristal... Il faut chanter dans le silence et refuser la fin du bal. Une petite frangine est témoin à charge d’espoir, dans cette société de banksters, Le siècle perdu nous parle au coeur, Un nuage espagnol nous confirme que les retirados furent bien des maquis et de la lLbération de Paris*, même si leur accent... On a tous un accent étranger forcément en pays étranger ou l’accent. Bref L’Utopie ne marque pas le pas, on sort de la salle heureux, enfin presque, car on n’oublie rien ici en famille des mains et des mots et, il y a Des Perles dans la nuit, et même Des gouttes de bonheur. L’espoir reste têtu, merci Serge, merci Léo Nissim et tous vous autres. On se revoye quand pour rester en vie ?

 

 

Patrick Pérez Sécheret

 

PS : retenir le nom de Laurent Berger qui était en première partie : une voix particulière sur des sons magnifiques qui portent de beaux textes tournés avec malice et sobriété.

 

* A lire de Serge : La Nueve, 24 août 1944, ces Républicains espagnols qui ont libéré Paris, Le Cherche Midi éditeur.

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la tristesse est aussi une résistance

Publié le 9 Avril 2013 par ruraledeprose

Labàs ils parlent d’ouvrir un canal vers la Mer Rouge

pour sauver la Mer Morte épuisée

Les arbres ne nous attendent même plus

 

Nous irons où Léa s’ils coupent les fleurs

écorchent les voyelles

si le ciel s’enténèbre

 

 

Tout semble fiche le camp

imperceptiblement

Les arbres ne nous attendent même plus

 

Nous ferons quoi Léa

de nos bras en couronne

sous le tonnerre des armes

 

Ils parlementent labàs

parlent tous très très bas

ils trainent par terre d’orgueil

 

Ils se croient les maîtres

et nous les chiens

Les arbres ne nous attendent même plus

 

Labàs ils montent des murs

pour enserrer des hommes

dans un pays clos

 

pour couper les mains

à l’espérance ils étranglent

un peuple

                                       

Que ferons-nous Léa

du silence fracassant

qui brûle en notre  coeur

 

 

 

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Gueulante ultime

Publié le 9 Avril 2013 par ruraledeprose

Devant l'adversité et les coups de cognées

devant les murs d’argent et leur impunité

à gagner sur le dos de la classe ouvrière

des fortunes colossales on voit mieux la lumière

on devient peu à peu communiste monsieur

 

Devant tant de magouilles et de coups de canif

dedans nos libertés et le code du travail

à perdre nos emplois et devenir caniches

à voter pour des rois qui nous pietaillent

on devient peu à peu communiste monsieur

 

Devant tout l’arsenal de leurs lois mercantiles

qui plient la société sous l’autoritarisme

au grand mépris des assemblées qu’ils

tiennent en laisse et communautarisent

on devient peu à peu communistes monsieur

 

Devant les dos courbés et les voix qui se taisent

devant la gravité de ce qu’ils nous imposent

faisant de nous des pions et bien moins que des choses

sous leurs souliers cirés et leurs phrases niaises

on devient peu à peu communistes monsieur

 

Devant l’abime qu’ils creusent à se déculoter

devant les banques et les grandes maffias

le regard vaporeux sur une Europe sans droit

réduite à la misère à la précarité

on devient peu à peu communistes monsieur

 

Un jour on se soulève à la force des poings

on refuse en bloc les nouveaux esclavages

on descend dans la rue et le soleil au loin

s’approche et nous brisons nos cages

devenus communistes monsieur

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