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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

En saule majeur

Publié le 24 Août 2013 par ruraledeprose

Le veilleur de la petite maison

où logent des sortes d'anges

parfois quand le soleil tremble

sous l'orage de l'été mauve

 

Le veilleur aux cheveux semble

protéger nos caresses et mange

nos baisers sous le soleil fauve

 

Ce que c'est bien que  de nous

dans ce monde étrange silencieux

où les hirondelles lentement dansent

 

une capucine d'ailes en frou-frou

sur un ciel tendre et tancent

de petits cris pointus délicieux...

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Le Temps des neiges

Publié le 21 Août 2013 par ruraledeprose

Voici venus les temps des neiges

sur la vie

On a vu venir sans crier gare

les vagues sont reparties chaque année

et dans l'étonnement

d'un enfant grondé

on a laissé faire les choses de la vie

les saisons glisser sur l'ardoise des jours

L'amoncellement des années

ne ressemble en rien

dès lors que la tête posée

sur une épaule

vos yeux voient l'aube

en nouveau-né

dès lors que s'aimer poudroie l'âme

d'une douceâtre félicité

Voici venus les temps des neiges

dès lors d'une paresse

de renard amoureux

le regard flambé

dès lors aucune arrière-saison

n'a d'importance autre

que ces instants neufs d'éternité

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Dans Berlin

Publié le 14 Août 2013 par ruraledeprose

les hommes marchaient sur du verre ils avaient renversé les tables les femmes se cachaient aux retables dans l’ombre des presbytères et tremblotaient les mains d’Hitler dans Berlin Sous la houle des obus aux frontières en uniformes les enfants mouraient pâles coquelicots sur les prés parmi les douilles et le mâchefer une croix nazie pour bréviaire dans Berlin Le temps était aux bulldozers pour enterrer tant de misères masquer l’horreur près des bois de bouleaux les rivières les collines pleines de voix Ils avaient ouvert des fours la vie humaine s’y consumait grise et âcre jour après jour dans le silence presque parfait au crépuscule de tout amour les hommes pleuraient debout parmi les ruines et les cratères les femmes attendaient le bout de la nuit la fin de la guerre la bête allait enfin se taire dans Berlin 2013 : 68e anniversaire de la Capitulation nazie.
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Manifeste du lundi

Publié le 12 Août 2013 par ruraledeprose

L’âme humaine est ainsi faite que le temps est au présent du gain et des arbalètes du mentir vrai comme disait Aragon, le temps des tricheurs et des équarisseurs de la pensée, un temps à chier les mots les plus manifestes pour dire haut et court de voix qu’il faut cesser de faire comme si les choses étaient immuables, les libertés sous cellophane et contrôlées, de pied en cap, comme si du moment que je  l’égo vis à l’abri des coups de canifs, comme si je l’égo était encore privilégié de son petit anus tout piétiné. L’époque est au vidage de cerveaux après vidange aseptisée, écrans plasma et oreillettes sur les réalités, l’époque est à chier et pourtant comment s’autoriser à désespérer quand un regard dans la rue vous toise d’un sourire pour exprimer son malheur ou sa faim ou sa crasse insupportable comme ça nus pieds, comment croire les apôtres de nos destinées, les charlatans médiatisés, les religieux boutiquiers, les escrocs des urnes, comment vivre sans respirer. Le temps, l’époque sont à chier des poèmes qui ont du sens, du sexe qui bande dans la tête par vagues, par giclées d’humanité, par fierté, afin de ne pas se pisser dessus et renoncer à la libération de nos vies engluées dans la consommation, le court terme, toutes ces réalités qui nous serrent la gorge et où ne trouve grâce qu’un chant d’amour immuable. Je tue l’ego, je ne veux pas être semblable, un matricule, un numéro et je prédis une révolution nouvelle, inédite de bordel où les puissants seront ridicules comme de vieilles chaussettes trouées, les faiseurs d’ordre et les marchands d’armes et de mort de sordides égoutiers sous nos pieds. Je n’attends rien je chante l’humanité.

 

Patrick Pérez Sécheret

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Et puis quoi...

Publié le 12 Août 2013 par ruraledeprose

Vous auriez dressé les tables pour ce repas improbable

où les vivants s’assoient parmi les morts de joie

Il y aurait-là les amours oubliées les amitiés futures au rebut

il y aurait-là toutes hontes bues l’arrière banc de l’humanité

et puis quoi

Chacun levant son verre s’apaisant du festin

le soleil au revers des tumultueux destins

Chacun aurait vécu une enfance une guerre où des atrocités

un bonheur si court une violence faite à l’enfance pulvérisée

et puis quoi

Vous auriez tout le temps de repasser vos existences

puis d’être mort-vivant sans souvenir sans exigence

Et puis quoi quelques vagues viendraient tout effacer

de vous les camarades sans visage et sans vanité

et puis quoi

Nous nous serions revu l’espace d’une verte marée

promis d’un temps révolté où la fraternité s’est tue

Vous retourneriez aux bras d’une anarchie désaffectée

des slogans plein les draps l’avenir tout recroquevillé

et puis quoi 

Je sortirai du songe au-dessus des toits

je marcherai sur les tuiles de l’effroi

j’entrerai par toutes les fenêtres

sans dieu ni maître

foutre une dernière fois le bordel

dans la cour des rois de la tune

pissant de joie des étincelles

en murmurant Vive la Commune !

 

 

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L'heure du thé

Publié le 8 Août 2013 par ruraledeprose

Il faudrait écrire sous le coude

bander les mots de morgue insolente

rugir dans les placards des larmes pleines les mains

il faudrait d’un rien percuter l’azur

lui rendre gorge à cils ouverts voir claire fontaine

tendre la joue au vent pour une morsure plénière

il faudrait penser frère et mitaines pour l’hiver

décrasser l’horizon des centrales nucléaires

il faudrait se taire à cheval sur un rêve de contrebande

faire l’amour à l’envers boire des soleils de mer

il faudrait se plaindre aux guichets des forêts

de la tonte des avoines des girolles piétinées

il faudrait donner du thon à manger aux thons

cuire des tourtes à la pagaille au goût des courants d’air

il faudrait avoir l’air d’être heureux à genoux

il y a tant à faire défaire et contre faire

tant de procès suspects les libertés en laisse

tant de printemps vendus pour une messe

tant de clémence souillée

il faudrait bien faire

il faudrait bien

il faudrait

il

 

il est tout juste l’heure du thé

mon bel amour jolie

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Faire le pari du peuple pour l’union de toutes les forces progressistes

Publié le 6 Août 2013 par ruraledeprose

 

Nathanaël Uhl (mensuel Regards) a le mérite de poser la question du rapport des forces à gauche pour hâter une majorité alternative aux politiques quasiment libérales du gouvernement Hollande. Les forces politiques existent mais fractionnées, divisées sur les modalités. D’un côté, ceux qui restent sur la position du il n’y a pas d’autre choix que l’austérité, de l’autre ceux qui disent l’inverse mais préconisent dans le désordre les remèdes. Pourtant l’urgence est là, bien là. Au moment où une Loi bouleverse de fond en comble toute l’organisation territoriale de la République au nom des directives européennes pour fusionner dans une structure autoritaire et technocratique les communes, les départements, éloignant encore davantage les lieux de décision de la vie des citoyens, je suis assez surpris du peu de protestation. Le coup d’Etat permanent c’est maintenant ! Donnons au moins raison à Mitterrand pour une fois même si l’homme s’est accommodé de la Ve par la suite. L’austérité, les récessions qu’elle impose ne mènent et ne mèneront qu’à l’esclavage, à la soumission du peuple aux intérêts du système bancaire et financier, à l’appétit des actionnaires des mastodontes qui règnent sur les marchés. Le peuple en général, le péquin moyen, n’y comprennent pas grande chose. Métropole Paris ? ANI ? Seuls les avertis et informés (pas par les medias à la botte) s’insurgent. Mais globalement, la majorité de gauche déplore que la gauche aille mal, qu’elle laisse faire une époque Sarkozy 2. Comment faire ? L’idée d’assises n’était pas mal. Pourquoi ne pas les localiser, dire aux gens ce qui se passe réellement, expliquer un glissement progressif vers l’autoritarisme…

On peut et j’en suis redire et répéter que le primat de la gauche reste la pierre angulaire. Mais de quoi ? Un Front de gauche qui pense déjà aux places à répartir aux municipales… ou bien un Front du peuple, un Front populaire incluant l’ensemble des couches sociales du monde du travail dans leur diversité ? Il faut écrire les nouvelles pages sans doute en renonçant à quelques positions établies, à des unions hétéroclites qui sur le terrain fonctionnent et démontrent que la gauche qui gère fait bien les choses. Mais jusqu’à quand ? Les communes privées de leurs compétences, que pourront-elles faire demain ?

Oui, il nous faut rassembler au-delà de nous-mêmes, de nos formations dans le Front de gauche et au-delà et briser la chape de plomb de l’idéologie dominante qui fait l’opinion Mais, à mon sens, le premier grand rassemblement doit être pour refuser la Loi inique, antidémocratique qui impose les métropoles car il s’agit bien de la fin programmée dans 1 ou 2 ans de tous les systèmes de représentation citoyens de notre pays. Ce n’est pas anodin d’ailleurs, les élus seront divisés par deux pour les départements, par 10 pour les communes… Un coup d’Etat parlementaire vient de se produire à la solde d’un président qui nous ment. Si nous ne mobilisons pas afin que le peuple de France soit consulté nous entrerons dans un temps illégitime pour la souveraineté populaire, un temps dictatorial.

Patrick Pérez Sécheret, Ecrivain-poète

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