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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Le Navigateur (à Philippe Léotard)

Publié le 1 Septembre 2013 par ruraledeprose

Le navigateur prend la mer

par les épaules sous une houle verte

par les sentiers liquides l'air

doù les embruns se serrent

dans une géographie de paumes ouvertes

le navigateurprend la mer

l'oubli sèche ses drames crus

les oppressions des peuples frères

au ressac des hécatombes nues

le pouvoir dissout de toutes guerres

le navigateur prend la mer

pour une obole rouge assise à la margelle

du puits de vérité accoutré en putain

pour un sourire d'enfance encore rebelle

aux barbelés des larmes de lin

le navigateur prend la mer

il n'appareille jamais sur les plages obscures

où des géants de sable lui font signe

il laisse au néant leur soif de blessures

leurs médailles d'orgueil qui déclinent

le navigateur prend la mer

il sait que de tout temps au creux de l'univers

quelque part dans l'ombre quelqu'une attend

à rebrousse tristesse l'avenir à l'envers

le navigateur prend la mer

par l'alarme du jazz et le tocsin des mots

par l'écat du roulis et sa chanson coeur-gros

il trace à l'horizon le pays du bon pain

la fontaine immense où la soif s'éteint

le navigateur prend la mer

il ne rêve rien camarades d'autrefois

sentinelles de nos songes sous les herses

il traverse le présent en arpèges aux abois

les résidus de villes que le vent disperse

le navigateur est en mer

il est l'apocalypse des prétendants aux trônes

des dictatures déchues où l'espoir se dresse

vous êtes ses matelots le carillon qui sonne

la fin de l'existence en immense paresse

le navigateur est en mer

un goémon repu d'humaines partitions

un prince sans royaume autre que la dignité

et si vous lui faites signe d'un vent violon

il jouera l'opéra de vos humanités

le navigateur est en mer

le soleil s'est pendu aux saisons d'amertume

pour réchauffer l'azur où vos coprs défaits

sous le joug des lassos s'écartelaient

le soleil rédempteur sur un champ de fortune

le navigateur est en mer

il approche la grande île où le bonheur étend

ses bras de rousselines parmi leschiendents

les rives acidulées d'un amour presque nain

qui croît à vue d'oeil au coeur des mains

le navigateur est à terre

marin des reverbères sur vos épaules nues

son bateau de plumes rangé sur la grève

il réveille vos silences il libère vos voix tues

il boit de la vie l'inaccessible sève

je suis à terre je suis à terre

effrayé de nos rêves

de ses bras je vous serre

je vous aime

 

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