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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Paris-Métropole : le Parlement accouche d’un monstre technocratique !

Publié le 16 Décembre 2013 par ruraledeprose

Je ne sais pas si le citoyen moyen a suivi le parcours d’une loi dite de décentralisation qui met à terre tous les fondements républicains de notre pays. Si oui, je m’étonne que certains se réjouissent de ce coup d’Etat anticonstitutionnel qui fera d’eux des Parisiens et que d’autres ne protestent pas à la hauteur de l’enjeu de cette loi hyper-centralisatrice et anti-démocratique au possible. Dès 2016, cette loi regroupera dans une seule structure, la Métropole du Grand Paris, 6 millions d’habitants d’Ile-de-France, 124 communes,  19 intercommunalités trois départements (93, 94, 92), qui seront représentés par une poignée d’élus dont un quart pour Paris Même. L’essentiel des compétences seront transmises à cette structure : logement, activité économique, etc. Comment peut-on imaginer que cela sera favorable pour corriger les fractures existantes actuelles, pour mieux répondre aux besoins des populations ! Comment un Président élu avec 30% des inscrits sur les listes électorales peut-il appliquer des politiques qu’il n’a pas dit qu’il ferait, ne pas faire ce qu’il a dit qu’il ferait et imposer ce coup d’Etat contre la représentation des élus de proximité, coup d’Etat qui supprime de fait les libertés communales et leur libre administration, qui applique à la lettre toutes les directives européennes au mépris de la souveraineté nationale ? Que deviendront les services publics locaux mutualisés, leurs personnels qu’il s’agisse des écoles, des centres de santé, des équipements culturels, sportifs ou sociaux ? L’objectif européen (fameux Traité que les Français avaient refusé par référendum et qui s’applique quand même quel que soit le président de la République !) est la disparition des services publics, leur privatisation, la mise en concurrence des hommes et des territoires sur le marché ? Nous n’aurons plus accès aux services fondamentaux qu’en fonction de ce que chacun pourra payer ou acheter ! Je suis effaré de ce que devient mon pays. J’ose espérer que nous aurons un sursaut lors des élections municipales puis européennes pour affirmer et confirmer que nous voulons maintenir les échelons utiles qui assurent la démocratie territoriale en France (communes, intercommunalités, départements et régions), avoir des élus proches des gens et de leurs préoccupations et qui répondent à leurs besoins.

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L'Etat sacrifie les communes piégées par les emprunts toxiques

Publié le 13 Décembre 2013 par ruraledeprose

Rarement, je cite le journal L'Humanité Dimanche. J'ai peu être tord mais au moins je le lis. Un article a particulièrement retenu mon attention : un entretien avec Patrick Saurin, un ami, un grand spécialiste de la poésie en langues anciennes d'Amérique du Sud et qui plus est, par ses activités professionnelles bancaires, connaît fort bien les choses financières. Il est aussi en évidence syndicaliste. Il explicite un scandale dont le gouvernement actuel se rend à la fois coupable et complice au mépris du droit, imposant en l'occurence une rétro-activité. De quoi s'agit-il? Des collectivités locales, pas celle où je travaille, ont emprunté aux  banques en toute bonne foi. Les prêts étaient pourris et "le surcoût annuel global occasionné est estimé à 1 milliard d'euros".  L'Etat qui sauve les banques est détenteur "de milliards d'euros d'encours toxiques et fait payer les communes au bénéfice de Dexia dont il est le garant". Le gouvernement Hollande préconise à cela un tour de passe-passe juridique à priori anti-constitutionnel. Sa Loi de finance 2014, "comporte dans son article 60 deux dispositions pernicieuses : la mise ne place d'un fonds de soutien aux collectivités qui ont souscrit des prêts" et ensuite "les banques n'apporteraient que la moitié de ce montant" qui ne concerne pas les contrats d'échanges de taux". Mieux : "pour bénéficier de cette aide les collectivités endettées doivent passer préablement un accord avec les établissements prêteurs (NDLR : voleurs et escrocs) et renconcer à toute action en justice". Oups! Mieux : "la collectivité doit payer  à la banque une indemnité de remboursement anticipé puisque le montant de l'aide sera fixé à partir de cette indemnité et plafonné à 45% de celle-ci"! Patrick Saurin souligne que "les hôpitaux publics et les organismes de logement social" en sont exclus. La seconde disposition de l'article 60, confirme la collusion de l'Etat avec le système bancaire et financier, donc le capitalisme financier : "les contrats dépourvus de  taux effectif global [sont considérés]  rétroactivement valables et inattaquables en justice par l'adoption d'une Loi de validation (...) validant rétroactivement un acte reconnu illégal par un juge ou susceptible de l'être". L'Etat, démontre Saurin, amnistie "une nouvelle fois les banques".

 

Ce n'est pas tout. non seulement l'Etat avec des fonds publics (les nôtres) a volé au secours de ces banques à coups de millions, mais en plus, alors que le Tribunal de Nanterre a déclaré nulle la clause d'intérêt de contrats pour défaut de mention du TEG dans les fax de confirmation de prêts aux collectivités, l'Etat pour éviter d'être condamné en justice à payer les surcoûts des prêts toxiques, a inseré ce article 60 dans le projet de loi de finances pour 2014!

 

Patrick Saurin explique ensuite les pistes de recours possibles pour les collectivités victimes de ces escroqueries à grande échelle et impunies. Lire donc son article dans l'Humanité Dimanche n° 391 (en vente actuelle). Ces dettes illégales doivent être annulées purement et simplement, je souscris à la conclusion.

 

Patrick Pérez Sécheret 

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Prose non low cost

Publié le 12 Décembre 2013 par ruraledeprose

 Il me faut boire de temps à autre tout mon saoul sans l’être me souvenir d’avoir trop vu des amis disparaître d’avoir été autre chose qu’un moi-même de comptoirs apôtre du Brouilly J’ai rencontré quelqu’un évitant les rades les zingues cuivrés où mon rafiot frêle et maussade prenait le vin pour l’eau la Révolution pour le Grand Chariot Artémis pour un champignon mais je n’ai jamais douté qu’une arbalète était vaine à l’âge du nucléaire Il me faut sans arrêt ouvrir grandes les fenêtres humer l’air qu’il fait dans la marée des humains me dire sans promesse que je suis guéri des tempêtes des lendemains qui mentent des autrui docteurs qui inspectent vous tâtent le pouls pour vous soumettre valet du maître Il me faut rire d’une glissade sur le givre la vitre d’une averse d’un chapeau qui s’envole l’humanité me paraît plus fréquentable ainsi les putains presque respectueuses si leur plaisir est librement consenti et non tarifé car j’ai un doute sur le métier des pilleurs de vie proxénètes de tout temps ou d’une nuit Il me faut achever le livre dernier écrire quelques sonates invertébrées des collines où le brun serait bleu pâle l’avenir une caresse dans les cheveux Il faudrait tant de choses à remettre sur l’ouvrage afin d’être sûr de l’avenir de rien sans drapeau sans frontière sans mur du Mexique en Palestine mais vraiment sûr de mon prochain comme d’une confiture sur la  tartine venant dire bonjour simplement après la nuit souveraine en nos bras mettre sur la tablée du monde la justice sur un set de roses et d’orties fraîches Il faudrait il faudrait aimer mieux tout le temps dire je vous aime et grimper aux arbres téléphoner même au Père Noël le prénommer Oscar lui demander d’éviter ma cheminée tranquille mes feuilles de papier vierge mon stylo en panne mon cœur à vous dédié Il faudrait…

 

 

Patrick Pérez Sécheret

12 décembre 2013

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Religions (suite à propos des peuples low cost d'Afrique et d'ailleurs)

Publié le 12 Décembre 2013 par ruraledeprose

Belaka, Seleta, musulman, crhétien... se machettent, se hainent sur les décombres du colonialisme qui ne les a jamais vraiment quittés et reste toujours maître de leurs richesses et qui entend avec le gendarme français mandaté par l'ONU et l'Union européenne les pérenniser. Peuples low cost d'Afrique et de la planète, travailleurs low cost de tous les pays : unissez-vous! Non à la guerre y compris économique!

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Communiqué de presse non low cost

Publié le 12 Décembre 2013 par ruraledeprose

 

Il me faut boire de temps à autre tout mon saoul sans l’être me souvenir d’avoir trop vu des amis disparaître d’avoir été autre chose qu’un moi-même de comptoirs l’apôtre du Brouilly J’ai rencontré quelqu’un évitant les rades les zingues cuivrés où mon rafiot frêle et maussade prenait le vin pour l’eau la Révolution pour le Grand Chariot Artémis pour un champignon mais je n’ai jamais douté qu’une arbalète était vaine à l’âge du nucléaire Il me faut sans arrêt ouvrir grandes les fenêtres humer l’air qu’il fait dans la marée des humains me dire sans promesse que je suis guéri des tempêtes des lendemains qui mentent des autrui docteurs qui inspectent vous tâtent le pouls pour vous soumettre à votre sort de valet du maître Il me faut rire d’une glissade sur le givre la vitre d’une averse d’un chapeau qui s’envole l’humanité me paraît plus fréquentable ainsi les putains presque respectueuses si leur plaisir est librement consenti et non tarifé car j’ai un doute sur le métier des pilleurs de vie proxénètes de tout temps ou d’une nuit Il me faut achever le livre dernier écrire quelques sonates invertébrées des collines où le brun serait bleu pâle l’avenir une caresse dans vos cheveux blonds Il faudrait tant de choses à remettre sur l’ouvrage afin d’être sûr de l’avenir de rien sans drapeau sans frontière sans mur du Mexique en Palestine mais vraiment sûr de mon prochain comme d’une confiture sur la  tartine venant dire bonjour simplement après la nuit souveraine en nos bras mettre sur la tablée du monde la justice sur un set de roses et d’orties fraîches Il faudrait il faudrait aimer mieux tout le temps dire je vous aime et grimper aux arbres téléphoner même au Père Noël le prénommé Oscar lui demander d’éviter ma cheminée tranquille mes feuilles de papier vierge mon stylo en panne mon cœur à vous dédié Il faudrait…

 

 

Patrick Pérez Sécheret

12 décembre 2013

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Je revendique le droit au chant abusé…

Publié le 11 Décembre 2013 par ruraledeprose

 

Il fut possible d’abréger les brouillards

d’abolir les stalags les goulags et les rideaux de fer

l’espérance à nouveau éclaira le présent dans sa fragilité

 

Je revendique le droit au chant abusé

quand les bottes noires resonnent sur les pavés (bis)

 

Les jours heureux prirent leurs quartiers d’été

avant que ne s’altèrent les solidarités

que s’achève en quenouille la perezstroïka

 

Je revendique le droit au chant abusé

quand la musique se tait (bis)

 

Il est trop tard pour les remords le spleen des printemps avortés

il est trop tôt pour l’harmonie lover le bonheur

sur les pré vert de gris

 

Je revendique le droit au chant abusé

 

 

quand la lumière s’éteint (bis)

 

Rien ne sert de vouloir refaire des chemins à revers

tous les temps de l’histoire ont des morts par le travers

de la gorge en mémoire

 

Je revendique le droit au chant abusé

quand l’aube ne sait plus épouser la rosée (bis)

 

 

Patrick Pérez Sécheret

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Lettre non postée à propos de questions de religion (suite)

Publié le 10 Décembre 2013 par ruraledeprose

Je lis assez régulièrement quelques articles dans la revue « Information Juive, Le Journal des communautés ». J’y apprends beaucoup sur l’histoire de cette religion, de son histoire millénaire qui croise d’ailleurs la mienne, enfin celle que ma mère a souhaité me faire partager du christianisme, (jusqu’à ce que je renonce à mon baptême en raison de positions intolérables proférées par des représentants de l’église catholique à l’encontre de la religion juive). J’y lis aussi des choses qui me conduisent au commentaire et qui relèvent d’une théologie à laquelle je ne puis souscrire. Ainsi, dans le numéro de cette revue datée novembre-décembre 2013, deux articles. L’un intitulé « Une politique chimérique », dénonce « une redoutable époque de bêtise humaine », ce dont on peut lui rendre justice bien qu’elle s’adresse dans son propos aux seuls humains de religion juive. Il s’agit d’une chronique, je le précise, que je partage à 70%,  et qui fait suites au voyage du Président Hollande en Israël évoquant les relations France-Israël depuis de Gaulle. Mais je vous renvoie à son texte et je poursuis mon propos qui concerne le dernier paragraphe. L’auteur vilipende le Conseil de l’Europe qui « s’inquiète des mutilations subies par les enfants juifs ». L’auteur a ce droit comme celui du Conseil de l’Europe, à priori, de poser la question de la circoncision même si, moi, je me demande : pourquoi maintenant et dans quel but, car beaucoup d’autres questions me préoccupent concernant les reculs démocratiques des directives européennes autant que les reculs sociaux. Bref, l’auteur part dans un propos virulent pour disqualifier l’Union Européenne sur le sujet posant que le Conseil de l’Europe « comprend des pays qui pour les juifs sont autant de fosses communes, ce qui le qualifie certainement pour se poser en défenseur des enfants juifs… face à la circoncision ! » et donc, l’auteur conclut que « L’obsession de la circoncision a toujours été la marque de l’antisémitisme… »

Pourquoi je commente sans commenter vraiment cette partie de la chronique ? Et bien, à sa suite, je lis, dans la même revue, un article du Docteur Elie Botbol : « La circoncision : la réponse juive ». Il me confirme que le Conseil de l’Europe a bien adopté, le 1er octobre dernier, une résolution condamnant « les violations de l’intégrité physique des enfants ». Il entend que la circoncision en ferait partie, il informe que l’Allemagne et d’autres pays européens tentent de trouver un cadre médico-légal acceptable pour tous à une telle pratique rituelle dans leurs Etats respectifs, que ce vote donc « ne fait qu’alimenter le sentiment de haine et de racisme à l’égard des populations qui la pratiquent ». Bien, je souscris. Mais je ne peux entendre que « L’Alliance avec Dieu qui est de nature spirituelle se trouve inscrite, par le biais de la circoncision, dans la chair de l’homme, dans le lieu le plus sensuel du corps humain ». Guère plus que « l’Occident est une symbiose entre la culture de la Grèce antique et l’éthique prônée par la Bible, que cette pratique prend sa source directement dans le texte biblique, qui a défendu les droits de l’homme, de la veuve et de l’orphelin, plus de 3500 ans avant que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne voie le jour en Europe » ! Car je me pose une question de bon sens : qui a écrit ce livre, dicté par qui ? A supposer qu’il s’agisse d’un Dieu dictant à un homme, c’est un homme qui a ou aurait vu Dieu, peut-être pas même, simplement un homme qui aurait cru avoir entendu Dieu, un Dieu, lui dicter quelque chose de sacré, de rituel ! Chacun a le droit intime de croire en Dieu, de croire aux livres bibliques. Je ne nie pas que le rite religieux pratiqué, « issu du contexte biblique dans lequel il apparaît et de la signification qui lui est conférée », soit fondamental dans la tradition juive puisque Dieu annonce ce précepte à Abraham (Génèse 17,1), ni que Dieu lui recommande de pratiquer la brit mila ! Je m’interroge sur l’universalité, la pérennité que confèrerait « la fidélité à cette pratique omniprésente au sein du peuple juif », tout comme l’existence d’un peuple musulman ou chrétien ! Je m’interroge en qualité d’agnostique et non d’athée. J’en ai autant le droit que l’auteur de l’article. Mais, mais, les réalités du monde depuis que l’espèce humaine, qui constitue une seule race humaine existe, m’interrogent sur la véracité des docteurs de la Loi, peu importe leur religion, leurs rites ! Tant de génocides, tant de crimes contre les humains en leur nom ! On peut tout justifier en théologie, en idéologie. Il est aussi pour moi un devoir moral à réfuter l’irrationnel qui consiste, même si c’est un droit strict et relevant du choix religieux, à croire que, « en demandant à l’homme d’ôter un petit morceau de sa chair dans le lieu symbolique de l’éros, Dieu lui rappelle qu’à l’état naturel, il présente des pulsions, des fantasmes et des caprices et qu’il convient de s’en débarrasser pour se rapprocher de la perfection, de l’image de Dieu à partir de laquelle il a été façonné ». Pour une simple raison : cet homme est un enfant à qui on l’impose et cela est irréfutable, fusse-t-il consentant.

Le mérite de la lecture de cette revue, est qu’elle ouvre –elle n’est pas la seule- de vrais débats sur l’idée religieuse, sur le rôle des religions dans nos sociétés, sur la propension intellectuelle, culturelle, cultuelle de celles-ci à imposer une histoire à l’homme, à sa vie privée, à la vie publique de l’homme et à en étendre donc le champ dans le domaine public alors que cela ne relève que du domaine privé, d’une intime conviction... Grande question !

 

Patrick Pérez Sécheret

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Ich bin Ukrainien!

Publié le 10 Décembre 2013 par ruraledeprose

On a tant vu de peuples, qui ont cru des sornettes, se voir confisquer leur espérance, parfois dans le sang, tant vu de révolutions trahies. Un peuple veut choisir son mode de vie en droit souverain. Un peuple ne veut plus d’assujettissement, il veut choisir. En Ukraine il s’agit de cela, de ne plus être un avenir assujetti, de pouvoir choisir l’Europe. Il faut que Monsieur Poutine comprenne, entende : l’époque des Tsars et des petits pères des peuples, c’est fini. La lutte des classes se poursuit autrement mais existe bel et bien mais elle veut des libertés concrètes. L’Europe, certes, n’est pas bien belle mais elle sème de l’espoir et nous pouvons en faire quelque chose au service des besoins fondamentaux des peuples même si, en France, nous avons rejeté le traité néfaste européen, nous sommes pour l’Europe des peuples. Ne pas voir dans l’Ukraine un marché de mieux disant mais un peuple  debout pour sa dignité est un devoir. Il fera ce peuple ce en quoi il croit, sa souveraineté, et j’en suis solidaire. Alors oui : ich bin Ukrainien !

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lettre non postée à mes amis Turcs...

Publié le 9 Décembre 2013 par ruraledeprose dans politique

Je ne suis pas de ceux qui font des reproches aux autres, n’ayant pas à donner de leçons de démocratie à quiconque : chaque expression démocratique étant celle du peuple qui se la donne pour telle et l’accepte. Mais je m’interroge depuis des mois sur l’évolution des modes de vie dans plusieurs pays et bien sûr dans ceux où j’ai des amis de longue date : l’Algérie et la Turquie. Ces deux pays n’ont pas la même approche sociétale, la même histoire cependant. Dans l’un le représentant de l’Etat promeut une société qui doit être soumise à la morale religieuse. Dans l’autre, l’Etat laisse s’installer des pratiques qui relèvent de la même morale religieuse. Dans les deux pays, ces formes insidieuses s’étendent ostensiblement dans le domaine public : alcool banni, retour de voiles, intimidations auprès des boutiquiers qui n’obtempèrent pas, délation et rappel aux préceptes : ramadan, prière. Sans évoquer ce qui relève de la tenue vestimentaire. Je suis allé à Ankara, à Alger, j’ai vu, constaté des faits qui me disent qu’une société de droit se délite par ces travers qui font que des recommandations dictées comme en Turquie par les autorités ou acceptées par les autorités en Algérie, entravent tout simplement la liberté fondamentale, altère la pratique démocratique qui induit que chacun respecte le droit qui le respecte dans sa vie publique, dans sa vie privée. Des pays où il n’est plus possible de prendre un verre de vin à la terrasse d’un café public, d’acheter de l’alcool, de laisser sa fille ou sa femme s’habiller comme bon lui semble, de pratiquer ou non une religion sans être rappelé à l’ordre, désigné à la vindicte, sont des pays où je n’aimerai pas vivre, où je n’irais pas vivre, où je n’ai plus envie de me rendre. Et cela m’est douloureusement pénible de faire ce constat. En Turquie, on en est venu à poursuivre les journalistes, à les condamner pour toute critique des décisions du gouvernement Erdogan, à tenter d’imposer la pénalisation de l’adultère, à interdire l’avortement, à conseiller aux femmes d’avoir au moins trois enfants… Sans parler des arrangements acceptés, des mariages imposés. Ces formes d’islamisation de sociétés ne peuvent être, pour moi, compatibles avec les libertés fondamentales, puisque, pour moi, ce qui relève de convictions ou de pratiques émanant de la foi religieuse –quelle qu’elle soit- sont du domaine de la vie privée. Je me méfie aussi de ce ceux qui acceptent que d’autres imposent à tous une sorte de rémission des péchés sous couvert de ces acceptations de l’inacceptable : tout être humain a sans doute besoin de Dieu, de ce qu’il nomme ainsi, mais Dieu n’est qu’une représentation humaine des intimes convictions personnelles et privées de tout être humain. Ce ne sont pas-ici de simples glissements sémantiques mais des indications qui obligent à, qui induisent une obligation à accepter des préceptes qui ne relèvent pas du droit mais de la pratique religieuse, qui dépossèdent peu à peu tout peuple de son libre arbitre, de son intégrité de citoyen universel, de son droit le plus précieux à croire ou ne pas croire en Dieu.

L’identité d’un peuple demeure, à mon sens, sa souveraineté au regard de ce qui relève du religieux, du domaine privé, et non l’inverse. Je veux rester un homme libre, laïc et la question de ma foi ne regarde que mon âme tout comme celle d’autrui. Je me refuse à ce titre de même prétendre imposer un jour un mode de vie aux autres qui ne concerne pas le domaine du droit et des libertés fondamentales. Je l’ai dit en temps utile des régimes qui ont imposé des dogmes à l’humanité, y compris dans les pays de l’est. Je ne me dédie pas de mon refus de toute idéologie, fusse-t-elle religieuse ou laïque. Le libre-penseur n’est pas celui qui renonce au dialogue tant que le dialogue reste possible, libre, réciproque, respectueux d’autrui.

 

Patrick Pérez Sécheret

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Hommage à Mandela

Publié le 9 Décembre 2013 par ruraledeprose

Un jour dans quelques siècles les yeux des enfants seront étonnés

de lire dans des livres improbables de l’histoire de l’humanité

qu’un certain Nelson Mandela mit fin à l’épouvantable ségrégation raciale

en Afrique du Sud

les yeux étonnés les enfants se pinceront pour voir

l’ignominie d’un siècle où l’apartheid fut mis à bas

 

Etonnés les enfants d’apprendre sur les feuilles des arbres de ce temps-là

que de tout temps la haine de l’autre qui n’a pas le nez droit

qui a la peau comme si comme cela que l’autre notre pareil différent

n’a pas encore fini d’être libre partout que chaque temps de l’histoire humaine

voit resurgir la bêtise noire sur les décombres du printemps des Révolutions

mais que peut-être bon sang ce n’est pas inéluctable

 

Un jour Mandela dans quelques siècles les enfants les enfants je l’espère

n’auront que des roses rouges entre les mains et des soleils entre les dents

ils te devront bien ça au seuil des firmaments

 

6 décembre 2013, hommage à Mandela

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