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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Une envie de large au large

Publié le 26 Février 2014 par ruraledeprose

La banalité d’une grippe et vous voilà remis d’aplomb après les frissons, la fièvre, la toux, le nez qui coule en fontaine, les courbatures. Vous avez dormi pour laisser passer la chose à fort renfort de paracétamol puis quand même d’antibiotiques. Vous avez rêvé à n’importe quoi mais surtout d’elle, de son absence, de votre silence sous la couette seul. Vous vous leviez, preniez un café puis la lassitude physique, la fatigue revenue et vous vous recouchiez, caché jusqu’au nez.

Le temps vous parut un peu d’éternité. Personne ne vint, personne n’appela, personne ne prit de nouvelle de votre grippe. On vous fuyait plutôt. Mais ce lundi charmant dès le premier pied à terre, vous avez senti que la chose était passé, que votre corps avait une certaine légèreté. Pour quelqu’un qui n’est que rarement malade, votre traversée en solitaire de quelques semaines grippales, vous a convaincu que la plus belle chose qui soit est d’avoir la santé, d’aller-venir, de prendre un verre de Chablis au comptoir avec un ami, de sentir déjà que le printemps va arriver.

Une envie de large au large alors vous tient par tous les pores, par tous les sens. Une envie de rivage tout près ou au loin, une envie de dunes à perte de vue, de vagues longues échevelées d’écume et même d’un petit froid qui pique et passe sous le manteau. Une envie de promenade sur les sentes à peine sorties de l’hiver et de son engourdissement. Une envie de tenir la main de votre amour dans la vôtre, d’accrocher votre bras au sien. Une envie de vivre simplement, de vivre une existence sans grippe.

Banal vraiment, vraiment banale cette envie toute petiote qui grandit dans votre tête de prendre le large, de sentir juste le vent sous les semelles des souliers…

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le "Coup" du travail.... vous rigolez!

Publié le 25 Février 2014 par ruraledeprose

Les idées qui dominent dans une société mondialisée comme la nôtre passent bien évidemment par la sémantique, l’utilisation de mots nouveaux pour exprimer bien des choses vieilles comme notre monde, en l’occurrence l’exploitation capitaliste du travail. Les idées dominantes, véhiculées par les medias à la solde de celles-ci, parlent ainsi en permanence du coût du travail sans nous dire exactement ce que celui-ci rapporte au capital investi et boursicoté. Le coût du travail est en effet un investissement immédiatement rentable, source de profits immédiats à flux tendus.

 

Le coût du capital passe alors aux oubliettes car en focalisant sur le seul coût du travail l’arbre cache la forêt, on gomme l’utilité sociale de la dépense que représente le travail, sa richesse, la source même du capital à produire de la richesse y compris financière. En ne pesant que sur le coût du travail, en voulant à tout prix que sa réduction, on accélère l’improductivité de l’économie, la baisse du pouvoir d’achat, cycliquement l’action est contre-productive  pour l’économie de biens et de services.

 

Le « coup » du travail n’est pas qu’une dépense en salaire donc. Il comporte aussi des charges sociales partagées, des cotisations pour les retraites, la sécurité sociale… charges réparties entre capital et salariés : la part de chacun en contributions sociales utiles à toute la société. Cela a bien sûr un coût mais qui n’est pas supporté par le seul capital !

 

On ne parle que du coût du travail comme si le capital n’était pas un coût pour toute la société ! Le coût du capital est pourtant aussi financièrement lourd pour la société : capitaux spéculatifs placés dans les paradis fiscaux et qui échappent à toute taxation étatique, rémunérations scandaleuses des dirigeants des grandes entreprises, parachutes dorés… Toute cette financiarisation du capital improductif pour la société, cette accumulation de richesses ne profite en rien à la société, aux populations. Le « coup » du travail est une arnaque majeure ! Les entreprises cotées en bourse ont versé 731 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires dans le monde ! La France se situe 3e avec près de 37 milliards d’euros ! Les revenus du capital ont augmenté de + 43% entre 2009 et 2013. Coût du travail, vous rigolez !

 

Nul est besoin d’être spécialiste ou économiste à la solde des grandes chaines télévisées, des journaux réactionnaires et conservateurs, pour comprendre l’intoxication massive des gens ainsi faite. Mais bon, les idées dominantes de nos jours dominent plus que jamais et l’humain est réduit à un simple coût. Triste société !

 

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Cannabis : je salue le courage d’une sénatrice

Publié le 14 Février 2014 par ruraledeprose

 

L’hypocrisie la plus glauque règne comme omerta sur la dépénalisation de l’herbe, enfin du cannabis. Je ne suis pas un spécialiste de la question : je fume encore un peu des cigarettes mais je vais arrêter. La prohibition sur le cannabis dont certaines vertus sont reconnues pour la médication, ne fait qu’entretenir des réseaux de délinquance, des réseaux maffieux, qui pourrissent la vie des villes, des cités par cette économie souterraine. J’ai lu des choses sérieuses sur la question de l’usage du cannabis et je pense comme beaucoup qu’il devrait être légalisé et contrôlé, que cela permettrait des recettes phénoménales pour l’Etat qui ne trouvent pas trop à redire que des millions de citoyens se droguent aux neuroleptiques, aux tranquillisants de toute sorte ! Si les gens vont mal c’est que la société va très mal et qu’il faut pour nombre trouver une béquille dans la drogue, l’alcool, etc. Les jeunes n’en sont pas exemptés et leur consommation d’alcool, de cannabis ou autre, ne reflètent rien de moins que l’absence de perspective, d’avenir, l’image d’une société sourde aux besoins du peuple.

            En proposant un projet de Loi mesuré et en phase avec notre époque, la sénatrice Esther Benbassa (Europe Ecologie Les Verts) a bien du courage. Je tenais à la saluer.

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Frères des vingt continents et d’ailleurs partout

Publié le 10 Février 2014 par ruraledeprose

A quoi bon discourir sur la vertu des tulipes ou des ormes

sur la verdeur triste des sapins

celle apaisante des platanes

à quoi bon tout le sabir difforme

si notre existence

est d’oublier de vivre

 

A quoi bon les estrades les lampions les lauriers

la gloire d’être une empreinte un salut au drapeau

un numéro de plus parmi les titulaires

à quoi bon penser libre en prison

si nous ne sommes fenêtres

curieux de tout d’apprendre à connaître

 

A quoi bon le bon dieu et tous les rêves anciens

les chemins de pagaille où nos sens délibèrent

sur l’amour l’égo et la passion

à quoi fuir ensemble la solitude

si nos bras comme la mer

n’épousent pas les dunes

 

A quoi frémir d’un concert de sereins

des frissons des ruisseaux des fruits d’automne

d’un vent perlé de pluie fine et nacrée

à quoi bon s’adosser au sable

si entre nos doigts le temps

n’est qu’un mensonge d’aimer

 

A quoi bon mes frères….

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