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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

prose dans le tumulte

Publié le 27 Mars 2014 par ruraledeprose

L’Injonction

Il se pourrait bien que l’ombre épaississe

que les brumes soient plus lourdes

que le soleil se flingue en grisailles

Il se pourrait bien que le miroir rendre gorge

nos lèvres se pulvériser

le cœur des arbres se fendre

 

Il se pourrait qu’un monde de leurre

de virtualité

détrône l’humanité

si de nos doigts fragiles

nous n’ouvrions plus nos portes

ni notre cœur aux autres

si nous laissions faire la noirceur

sur nos vitres

sur nos vies…

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ceux...

Publié le 27 Mars 2014 par ruraledeprose

Ceux qui n’ont qu’un havresac pour vivre

Ceux qui croient le bonheur plausible interstellaire

Ceux que l’on massacre évanescents des droits humains

Ceux qui n’ont que leur chopine pour se tenir chaud dans l’hiver

Ceux qui n’ont qu’un taudis pour épouser la nuit

 

Ceux qui se droguent pour oublier qu’ils n’ont pas d’existence

et leur histoire enfouie sous des monceaux de ruines

Ceux qui parlent aux murs dans l’abandon des nations désunies

Ceux-là seuls m’intéressent

Ceux-là me crèvent le cœur

 

Ceux-là sont mes frères et mes sœurs

de partout et de toutes les couleurs de l’oppression

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Lettre à un candidat du Front National (2)

Publié le 20 Mars 2014 par ruraledeprose

Je ne commenterai pas votre réponse à ma lettre ouverte précédente. Je me fous de vos réserves mises à votre candidature : vous êtes bel et bien candidat sur une liste du Front National, vous cautionnez son programme, ses idées racistes. Je me fous de votre parole de pharisien qui voterait untel. Cela vous regarde dans la glace : votre nom figure sur une liste du Front National. Je vous dis simplement pour clore cet épisode pénible que j’avais presque un ami de plus et vous savez qu’on les compte souvent sur les doigts des mains. Je ne jouerai plus à la belote avec vous : on ne s’affronte pas à ce jeu, on partage des moments de convivialité entre personnes certes qui s’estiment ou non mais en tout cas moi, je ne joue pas avec le Front National. J’aurai pu comme vous soutenir une liste extrême qui propose de nationaliser les boulangeries… Je m’en abstiens : je ne soutiendrai et ne soutiens jamais les extrêmes quels qu’ils soient.

 

Vous ne me rencontrerez donc plus au bar de nos belotes, je m’en excuse auprès des copains. Je suis juste humainement blessé voilà tout et vous croiser ou que vous m’adressiez la parole me serait pénible. Le FN n’est certes pas un parti interdit ni la ligue de protection des chiens pour mal voyants, mais bon, au moins, cette ligue ne prévoit pas d’interner ou de rejeter à la mer les chiens de simple compagnie, les chiens errants, les chiens d’ailleurs, les chiens qui ne sont pas de la bonne couleur… Mais il ne s’agit pas de chiens ici mais des êtres humains. Votre ténacité à aller jusqu’au bout ne vous honore pas et n’est en rien provocatrice : elle est insignifiante de raison et ne sert en rien la démocratie déjà assez pourrie comme cela ou tout du moins en déliquescence. Votre droit à la parole est respectable et je n’ai jamais eu l’intention d’y porter atteinte. Portez-vous bien et assumez votre étiquette Front National sans fioriture ni détour. Je ne cite pas votre nom, vous êtes connu et puis à quoi bon vous faire de la réclame ainsi qu'au parti que vous soutenez.

20 mars 2014, Vitry-sur-Seine 

 

Patrick Pérez Sécheret

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a propos du programme du Front National

Publié le 12 Mars 2014 par ruraledeprose

Des propositions démagogiques et contradictoires mais surtout discriminatoires et liberticides !

En voici quelques exemples

Immigration :

-          réduire à 95% les entrées en France équivaudrait à la perte de 60 milliards de cotisations sociales sans parler de ceux qui cotisent à perte étant sans papier !

-          instaurer une préférence étrangère serait discriminatoire et contraire à l’égalité républicaine d’accès aux droits (santé, soins…)

Libertés publiques :

-          suppression de la liberté de manifester…

-          interdiction pour les magistrats de se syndiquer…

-          rétablissement de la peine de mort…

-          remise en cause de la liberté d’expression religieuse et des lieux de culte…

Economie :

-          la sortie de l’Euro et un contrôle des capitaux aléatoire auraient pour conséquences de priver les entreprises de crédits, provoqueraient une montée des taux d’intérêt et, avec une dévaluation de la monnaie de l’inflation, des importations plus cher…

-          l’arrêt de la contribution française au budget européen (6 milliards d’euros) aurait pour conséquence de faire perdre à la France ce qu’elle reçoit de celle-ci aujourd’hui (plus de 10 milliards d’euros)

-          l’instauration d’un revenu dit parental aggraverait la condition des femmes, les éloignant de toute activité professionnelle en les plaçant dans une situation de précarité…

Gestion :

-          toutes les villes où le FN a géré ont été en faillite (Toulon, Vitrolles…), certaines condamnées pour les décisions prises, comme à Vitrolles, instaurant une prime pour les enfants nés de parents européens… jugée contraire à la Constitution…

Peuple :

-          le FN en parle beaucoup mais son programme protège les riches et ses positions radicales contre les lobbys (juif, franc-maçon…), en défendant le culte du chef il prône une idée de la Nation repliée sur elle-même sans lien avec la mondialisation actuelle ni celle que d’autres, à gauche, préconise. Le peuple doit obéir au chef…

Bref, le FN c’est le passé maquillé couleur bleue marine, les mêmes recettes de soumission, de perte de libertés, l’intolérance culturelle et cultuelle, l’intolérance, le racisme érigé en Etat.

 

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Lettre ouverte à un candidat du front national...

Publié le 11 Mars 2014 par ruraledeprose

La vie est ainsi faite que vous pouvez des années durant dialoguer avec quelqu'un devenu un copain, jouer avec lui de temps à autre à la belote... et découvrir au dépôt d'une liste qu'il est candidat front national dans la même ville que vous. Cela peut hélas arriver à n'importe qui, même parfois dans sa famille. Je lui ai donc adressé cette missive. Je ne cite pas ici son nom. Peut-être est-ce un personnage de fiction, purement imaginaire. J'ose y croire...

 

 

 

Lettre ouverte à Monsieur X

Candidat Front National aux élections municipales à Vitry-sur-Seine

Cette lettre n’est pas confidentielle. J’ai pu, avec le temps, nos échanges divers et variés, vous apprécier. Vous ne serez pas étonné d’apprendre ou d’entendre à nouveau que je suis intolérant avec l’intolérance. Je peux, comme Voltaire, me battre pour que quelqu’un puisse exprimer des opinions différentes des miennes et je l’ai fait maintes fois dans ma vie.

Je suis abasourdi que votre nom figure sur la liste d’un parti raciste même si vous êtes loin d’être dans une position éligible. Je ne comprends pas. Je suis effaré. Le racisme, la xénophobie sont toujours défendus, exprimés, de tous temps, par des extrémistes fascistes ou fascisants et ne s’apparentent en rien à une opinion : il s’agit d’ailleurs, en France, d’un délit que punit la Loi. On ne plaisante pas avec ces choses-là. Tous les extrémismes conduisent à imposer aux autres une vision idéologique, un système de société carcéral de privations des libertés fondamentales, reniant toutes valeurs de fraternité, de solidarité, de liberté d’expression et d’opinion.

Je ne rentre pas dans des considérations superflues et qui me semblent inutiles ici face à la triste décision que vous avez prise. J’ose espérer qu’avant le 22 mars prochain, votre nom disparaitra de cette liste qui n’attise que les haines entre les gens, rêve de jeter à la mer l’étranger et, dans une suite logique de torturer, interner, torturer ceux qui ne pensent pas, ne penseront pas comme eux. Mais vous êtes trop instruit pour que j’en dise davantage ou bien, alors, l’Histoire pour laquelle vous avez certaines appétences, l’Histoire ne vous a rien donné à connaître.

J’avais pris vis-à-vis de vous quelque sympathie sincère. Je vous la retire. On ne peut pas pactiser avec l’immonde idéologie qui fait tant d’émules de nos jours, qui mélangent les conséquences et les causes des maux de nos sociétés, qui soutiennent un parti politique qui dans ses programmes n’a pas une proposition sérieuse. Un certain Mussolini, un certain Hitler et bien d’autres depuis avec de moindres conséquences ont fait la même chose à partir du rejet de l’autre, de boucs émissaires. Le résultat est connu : des millions de morts, l’autoritarisme, la violence d’Etat. On ne peut pas pactiser à cela. Aujourd’hui, nous pouvons être éclairé sur ce qu’a produit l’idéologie, dans les pays d’Europe et d’ailleurs, dans les pays dits socialistes des pays satellites de l’ex-Union Soviétique.

On ne peut pas ne pas savoir. A mon grand regret, je ne vous salue pas et ne vous saluerai plus. Ne pensez pas que vous seriez devenu un ennemi, non, mais je vous renouvelle ma conviction profonde et humaniste à combattre le venin d’un parti que vous soutenez et, j’ose l’espérer encore un peu, par égarement provisoire.

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Comment vous dire...

Publié le 10 Mars 2014 par ruraledeprose

J’avais tout au plus sept ans / des armadas de soldats de plomb

un Far-West rue des 5 Diamants / et votre sourire pour frisson

Avec vous je repassais mes leçons / dans la cuisine en formica

et votre paume était chanson / dans mes cheveux a pianola

 

Entre les guerres de l’Algérie / et la Poterne des Peupliers

peu à peu j’ai grandi / du bleu sur les paupières

Jusqu’à l’étrange hiver / quand il vous a quitté

pour rejoindre une rivière / ses gaules sous le bras pliées

 

Comment vous dire vous me manquez

Vous me manquez encore

 

Il vous aimait je crois / suis sûr que vous l’aimiez

croix de fer croix de bois / éternels fiancés

Vos bisous vos mots beaux / je prenais quant à moi

pour des prairies de joie / et mon cœur avait chaud

 

J’ai tout à fait grandi / d’une seul coup à 15 ans

vous partiez vous aussi / le rejoindre au printemps

me laissiez sans recours / à recoudre mes larmes

à repeindre mon âme / aux couleurs de l’amour

 

Comment vous dire vous me manquez

vous me manquez encore

 

J’ai pensé doucement / vous reverrais-je un jour

quand il se fera tard / quand je serais très grand

eu quelques enfants / dans ma vie bienvenus

quand j’aurais reconnu / mon ultime amour

 

Le temps ne nous presse guère / il faut bien reconnaître

les saisons  sont altières / vues par toutes les fenêtres

Mais comment vous dire / vous me manquez pourtant

vous me manquez maman / vous me manquez toujours

 

Comment vous dire vous me manquez

Vous me manquez encore

8 Mars, Paris. J'en conviens, cette chanson est un peu niaise mais on ne choisit pas le moment où l'enfance vous remonte à la gorge.

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Eloge de la lenteur

Publié le 5 Mars 2014 par ruraledeprose

Nous avons inventé la vitesse, raccourci les distances, tout pressé, compressé. Le temps a fui pour laisser place à l’instant mais en le vidant de sa substance essentielle : le goût de vivre. On ne déguste plus l’instant comme un moment de pause, un ralenti. L’impression est nette que l’accélération ainsi produite nous submerge, que l’instant se chasse pour l’autre instant, que nos vies tiennent à ce rythme effréné et que les années se succèdent à la vitesse grand V.  Prendre son temps ne serait-ce pas alors penser le présent, immanence, permanence du beau et tous les jours d’avant juste des souvenances, certes parfois prégnantes et indélébiles, et tous les jours à venir un immense cadeau dans le regard de ceux que l’on aime, qui nous aiment ? Faire l’éloge de la lenteur est à contretemps d’une époque où le virtuel s’affiche comme une réclame à laquelle nous ne pourrions pas échapper, la lenteur demande une certaine humilité, une certaine écoute des autres et de soi-même. Alors, avec elle, ce que nous devenons ou deviendrons n’a de sens que dans l’échange du regard avec autrui, de la propre image que nous nous renvoyons à nous-mêmes dans le miroir ou dans notre tête. La lenteur est la garantie de l’intégrité de notre physionomie humaine, de notre âme.

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Du Proche-Orient à l’Afrique : silence on déporte, on meurt…

Publié le 5 Mars 2014 par ruraledeprose

L’ampleur du désastre humanitaire, en Centre Afrique, au Sud-Soudan notamment, avec le déplacement de millions d’habitants, hommes, femmes et enfants, ne semble pas révulser beaucoup. Rien qu’en Centre Afrique près d’un million de déplacés,  à Bangui ce sont plus de 500 000 personnes humaines qui se retrouvent réfugiées n’importe où, dans des camps de fortune et dans le plus grand dénuement. L’essentiel se pose à la survie de ces populations : l’accès à l’eau, l’hygiène et les soins, la nourriture… Au Sud-Soudan, plus de 600 000 personnes, des civils, sont déplacés, 120 000 ont fui le pays… Les ONG sont submergées, certaines ont les pires difficultés à atteindre certains sites pour venir en aide…

            Avec près de 6 millions de Syriens dans le besoin, le Liban accueille 1 million de réfugiés, des centaines de familles sont réfugiées dans les montagnes au cœur de l’hiver et manquent de tout…  Toute aide humanitaire leur est vitale.

            Que dire des autres, les Palestiniens entassés dans des camps dans et hors leur pays…

            Pendant ce temps, notre pays joue le gendarme et déploie des soldats qui peinent à empêcher les massacres ethniques, n’apporte rien de salutaire aux besoins criants des populations (accès à l’eau, à l’éducation, aux soins…) : l’armée française défend les intérêts de grandes sociétés comme AREVA, TOTAL… Rien pour construire des écoles, soutenir un développement concret des pays concernés (à peine 0,3% du budget national !). En fait, il s’agit d’un colonialisme rampant qui n’a quasiment jamais cessé dans ces pays pour nombre créer avec des frontières arbitraires, des semblants de démocratie avec des tyrans à la solde (souvenez-vous de Bokassa 1er et des autres…) sans tenir compte des populations qui y vivaient, de leurs coutumes, de leurs cultures, de leurs religions…

 

            Aujourd’hui, ce monde tracé à la craie par des frontières d’intérêts des ex-colonialistes, explose de misère, de conflits en tout genre et les populations subissent une déportation immonde, des actes contre les civils qui s’apparentent à des génocides silencieux face, il faut le constater, à une certaine impuissance de l’ONU et aux difficultés d’action des organisations sanitaires, des ONG.

            Il est du devoir de chaque humaniste de dire son mot, aux forces politiques démocratiques de tout faire pour que le droit des peuples soit respecté, pour que ceux-ci puissent disposer de leurs richesses et que celles-ci servent à leur développement, aux réponses aux besoins non seulement les plus élémentaires dans l’urgence mais aussi à l’ensemble des besoins humains, culturels et sociaux, qui seuls permettent le respect mutuel, le vivre en Paix.

 

            Il ne faut pas, au regard de l’actualité, que l’Ukraine ou la Crimée, les désordres au Venezuela ou les manifestations dites « pour tous », viennent nous faire oublier cette situation. Car, en politique, au sens noble, l’être humain reste notre préoccupation majeure au-delà de la couleur des Etats, des gouvernements en place.

 

 

Patrick Pérez Sécheret

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