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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

suite musicale

Publié le 27 Août 2014 par ruraledeprose

Il y aura du vent dans les étoiles pour allumer l'esprit

rendre tout malheur au néant

 

Il y aura du sable pour bercer de soleil l'âme des désespérés

quelques souffleurs de verre

pour s'enivrer de joie…

 

Il y aura l’amour en filet d’eau pure

son beau sourire de mûre

allongeant le pas

 

Il y aura nous accordés aux saisons

et des oiseaux sans nom

                        à portée de vos lèvres

 

Les murs seront tombés

et libres nos regards de toute éternité

 

Ce sera le présent juste après l’imparfait

 

27 août 2014 – copyright.

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Gaza : la légitimité du combat palestinien

Publié le 25 Août 2014 par ruraledeprose

On fusille des traîtres à Gaza. Ce geste expéditif, sans procès, sans porter à connaissance des faits, s’apparente à un climat de guerre derrière lequel les exactions, l’entorse aux droits de l’homme se justifierait. L’élan de soutien au droit du peuple palestinien à un Etat souverain, indépendant, vivant en paix à côté de l’Etat d’Israël demeure pourtant la seule condition pour mettre fin aux activités de résistance et à la colonisation forcenée des territoires palestiniens par Israël. Hors le chemin du respect et de l’application des résolutions de l’ONU, du droit international, des conventions de Genève, il n’y a pas d’issue durable aux affrontements. Le Hamas tente de se refaire une légitimité par une cause juste, car Gaza est un véritable ghetto insupportable aux conséquences inhumaines. Que le Hamas utilise à présent contre des gazaouis -fusent-il des traîtres-, les mêmes méthodes que des dijhadistes est très inquiétant car la légalité de l’Autorité Palestienne s’en trouve encore davantage amoindrie. Les conséquences du conflit et le va-et-vient roquettes/bombardements touchent des populations civiles avant tout. Au moment où la France vient de fêter la Libération, on mesure certes que sans les actes dits terroristes, il n’aurait pas été possible de parvenir à cela. Mais, dans le même esprit du droit des peuples à décider de leur destin, est-il possible de couvrir des actes exécutoires et publics parce que l’on soutient, comme moi-même, la cause palestinienne et le droit du peuple israélien à vivre en paix ? Cela d’autant que le gouvernement de ce dernier risque de ne pas accepter la commission mandatée par la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre commis à Gaza…

Copyright août 2014.

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Exeat

Publié le 20 Août 2014 par ruraledeprose

Le chemin est étroit

aux carrefours sans raison

une mélodie de grives

 

un baiser épinglé sur l’épaule du désir

l’éponge sur l’effroi

 

Le chemin s’écrit de sable

colporté d’embruns

à la plainte du plaisir

 

Si je vous perds des yeux

le désir meurt

un bonheur s’éteint

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A propos du films Winter sleep de Nuri Bilce Ceylan.

Publié le 19 Août 2014 par ruraledeprose

Voilà un film, sur le sommeil, excellent. Non qu’il s’agisse de dormir mais de s’être endormi, bercé par les valeurs, la morale, enfin tout l’arsenal sociétal qui fait qu’un individu se conforme à des règles établies, en accepte certaines formes, s’en arrange au regard de son statut social. Mais, la vie sociale autour de lui est agrégée sur des malentendus. Voici qu’à l’aube d’un hiver banal, le personnage s’ennuie, ne semble plus trop être sûr de sa notion du bonheur, de la notoriété, mais il s’y complait. Voici qu’un gamin révolté lui fait savoir qu’un jet de pierre soulage de la condition d’opprimé. Et puis, parce qu’il ne faut pas raconter ce film, cette tranche de vie qui ressemble à l’humanité, à tout un chacun transposée, l’homme convient que l’image qu’il a donné de lui, sa représentation sociale, s’est effritée. Bien sûr quelques satellites autour de lui profitent des circonstances, de son relatif relâchement, pour lui asséner des vérités qu’il connaît d’ailleurs, des valeurs confortables, des idéologies d’autruche, des concepts abscons qui confinent chacun dans une forme de soumission. La scène de dressage d’un cheval sauvage dans le dénuement de l’Anatolie dit à elle seule l’essentiel. Les notions de bien, de valeur, de morale sont ici l’accouchement d’une liberté, le ressaut vital d’un être humain. Tout a un prix, une valeur, sauf la liberté car elle dépouille l’individu de toute possession, de toute soumission, de toute domination, de toute jouissance réelle ou potentielle. Dans le Cappadoce millénaire, un homme renonce donc à ce titre au désir car désirer est posséder ou acheter d’une certaine manière. Il sera donc dorénavant un serviteur. Tous les liens, toutes les relations sociales sont imprégnées du concept de bien ou du mal, y répondent par une sorte d’animisme, de soumission morale. Mais tout un chacun a sa possibilité d’insurrection, de rejet des valeurs données intrinsèques, soutenues de règles et des lois. Fuir ne résout rien de rien. La neige peut tomber, le ciel se plombé, les années mourir : l’être humain peut choisir ses façons d’interpréter le monde, de conduire sa propre vie et d’en faire ce que bon lui semble. A priori. Sa condition sociale dicte seule cette ambition et peut ou non lui permettre un libre arbitre au regard de ses moyens intellectuels et ou financiers. Plus l’aisance et l’opulence sont présentes et plus il en sera difficile. Ceux qui n’ont rien d’autre à perdre que leurs chaines osent parfois –l’enfant jetant la pierre-. Toute possession de même tue la possibilité de sérénité. Mais les autres s’accoutument du bien-être, du confortable et parce qu’ils s’y complaisent en maudissent la source. Winter sleep est une adresse du bonheur intime, une mise à nu de l’existence humaine. Un film donc superbe d’humanités, de toutes les façons perdues, sursitaires.

Copyright 2014.

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L'insensé

Publié le 14 Août 2014 par ruraledeprose

Il demande un dessin au manchot dans la rue

des lunettes à l’angle aveugle du coin

sa route au muet du sérail

il a tous les toupets du monde à la bouche

 

Il fend la foule avec un sabre au clair

il trempe le ciel à l’encrier du vent

il se mouche du coche d’ailleurs

l’arrogance au bec

Il ne prend jamais froid pour complice

il ne donne pas l’aumône aux hirondelles

Il n’a pas de pain sur la planche

ni de mains sûres d’aisance

Il fausse compagnie au printemps

pour une rose sous une frange

il boit la vie à la loupe

                                               secoue les puces des anges

Il mord dans le lit les rivières

se fiche de tout ou rien :

c’est à peu-près tout

ce que l’on sait de vous

copyright

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De la mélancolie comme dés sortis du bonneteau

Publié le 12 Août 2014 par ruraledeprose

Quand un homme est en colère il cesse d’avoir peur. J’ai lu cela quelque part. Quand un homme est triste, doute, il cesse d’être tout à fait lui-même. Une mélancolie prégnante s’empare de lui et à priori rien ne peut lui venir en aide. Voilà pourquoi il vaut mieux être en colère. Mais les choses de la vie ne sont pas toujours propices au dénouement heureux. Douter de soi, remettre en cause une vie, hésiter devant un bonheur neuf, sont des réalités pesantes parfois. Rien n’y fait, ni les amis, ni Dieu, ni l’amour même. On entend par mélancolie ici ce sentiment de dominance, d’arbitraire contre soi-même et une forme d’incapacité à s’en libérer. L’issue se dessine mais elle n’est pas conforme au possible, c’est-à-dire qu’elle radicalise une décision probable et salutaire que l’on repousse. Vivre est ainsi un simple calcul des choses et des êtres, une probabilité, un pari, enfin pour ceux-ci une interprétation de leur comportement. Le sentiment d’enfermement, d’être manigancé, utilisé à des fins propres d’autrui qui vous échappent, vous couvre tel un manteau trop lourd. Comment faire confiance à l’impalpable, au subjectif, au ressenti intime ? Comment finalement se sauver du désastre de soi de vieillir et de ne consentir à rien d’autre qu’au bonheur si infime soit-il, si fragile et d’inconstance ? Sans tricherie aucune, vous êtes mal heureux par instants de cet état d’âme, de ses absences d’ambition de décision. Vous oscillez entre désir et plaisir, entre être et paraître, vous fuyez simplement la solitude impératrice par défaut de courage. Rien n’est possible comme avant car il y a l’avant, le vécu. Tout est possible car ce qui vient est ouvert, aucun dé n’est jeté, aucune carte battue.

 

Mais l’autre, toujours, l’autre est paradis et enfer assortis. Pourquoi se morfondre à attendre l’enfer alors que le paradis peut se vivre jusqu’à quand ? La pensée concrète ne relève pas de médication, ni de psychanalyse mais de volonté de l’individu confronté à la mélancolie, enfin ce qui est prononcé comme telle ici. Renoncer à ce que l’on devrait faire de sa vie à cause d’autrui est absurde mais on y cède hélas souvent. Affronter la solitude est faire abstraction de toute tentative de peser sur autrui, de le soumettre ou de le libérer de quoi que ce soit. Mais l’on oscille en permanence entre deux, se persuadant que l’immédiat, le présent sont à prendre, à saisir et que vogue la galère, que l’on verra bien après… Après quoi ? La solitude n’est pas pour autant une immanquable désocialisation : elle peut être un choix.  L’imaginaire n’est qu’une vision du réel idéalisée, l’utopie salvatrice des sens. Toutes les certitudes sont des béquilles même imaginaires. Pourtant, tout signe d’amour est un soleil à vivre.

 

Mille fois ainsi j’ai refait le chemin dans les serres cévenoles jusqu’à la Grotte aux fées avec mes malheurs pliés dans mes poings, le soleil sur mes lèvres jusqu’au sang, pleuré de nostalgie, des années écrasées, des mensonges écrus. J’étais plus seul bon Dieu qu’un lézard sur un mur, un arbre sans sève, un trémolo d’airelle foulée à ma bouche pour peinture de guerrier, sans ennemi aucun, sans franchir de frontières. Je marchais tel on meurt, tel la soif vous éteint, et mes pas, sans assurance de retour mourraient dans le craquement des bogues et l’impudeur de chardons mauves. Le torrent Abraham épongeait ma peur, ma solitude trempée de ses roches blanches. Je me branlais debout par dépit, sabrant les fougères de ma neige morte. Je n’ai plus qu’écrit comme on se tue sur une route de campagne quelconque où nous n’irons jamais. J’écris pour vaincre ma timidité, ce fléau de l’orgueil à penser qu’aimer un toujours un naufrage annoncé, un silence d’alarme sur une jetée de lit défait, une vague d’après vague venu sur les reins jusqu’à l’aube des mondes un sourire en larmes sur une verge déposé.

Copyright 2014

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Les Chants

Publié le 12 Août 2014 par ruraledeprose

 

Les plus beaux chants sont des cris d’azur

L’aube d’un amour serein lent de désinvolture

Les chants  les plus fous sont des nuits de soie

Le doigt sur un sein le sexe en dérive

Les chants les plus purs sont un combat de l’ombre

Aux soleils futurs irisés de fraîcheur

Les chants les plus doux sont d’amour vêtus

Des pivoines à la bouche

Copyright 2014.

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la tête dans un coquillage toujours disponible!

Publié le 12 Août 2014 par ruraledeprose

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Pourtant la vie...

Publié le 6 Août 2014 par ruraledeprose

La vie ne me va pas comme un gant ou alors de crin, d’émeri. Rien ne va d’ailleurs sur la planète de la vie, du ghetto de Gaza aux cénotaphes du Soudan sud. On se tue à la gagner la vie alors qu’elle est là, donnée. On passe son temps à ne pas la vivre, on biaise, on triche, on se soumet, on obéit. On se trouve toutes les excuses possibles pour accepter une conformité de vie, ses lois, ses coutumes, ses valeurs. Bien sûr, on gagne de l’argent et cela permet de mettre du beurre dans les épinards de cette vie fagotée, carcérale, d’en mieux accepter les contraintes et les punitions y compris les plus intimes comme les névroses ou tout autre dérèglement psychologique. La vie est un labyrinthe et nous en sortirons comme nous sommes entrés sans rien pouvoir y faire. Le savoir ne nous exempte pas des connaissances issues du parcours d’une vie mais cela suffit-il pour accepter le dénouement fatal, l’absence d’issue ? A quoi bon, donc, se disent les plus pessimistes et néanmoins réalistes en se noyant dans les diatribes sans fin, usant de la dialectique avec verve. D’autres s’adonnent aux plaisirs, aux jouissances des sens avec délectation et dans le respect du droit et des normes. D’autres les dépassent dans un même esprit de subversion compulsive. Ainsi, quel que soit le parcours, les chemins mènent au même bout, à la même finitude. D’où vient alors à certains de cultiver leur jardin sur le tard, en se disant rien ne presse, lentement attendons que les roses éclosent, que les champs de lin se froissent de bleu, que les oiseaux reviennent chez nous pianoter sur les tuiles, qu’un amour passe encore la porte un sourire grenat à la lèvre et la chevelure au vent tiède d’une fin d’hiver doux. Ce serait quoi sinon la vie, sans ces insignifiances immenses qui font lever la tête et dire bonjour à chaque aube neuve ?

Copyright 2014.

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Epigramme du jour

Publié le 5 Août 2014 par ruraledeprose

Bonimenter l’amour

est comme montrer séant :

une indécence détritique de l’âme

une inconstance du cœur.

On devrait pendre telle réclame

à l’esse d’une boucherie.

L’amour ne peut être

jetée aux hardes en pâture

à la vitrine d’un ego.

 

5 juillet – copyright.

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