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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Les Soirs de bord de Manche

Publié le 31 Octobre 2014 par ruraledeprose

Te souviens-tu des soirs de Manche escarpés de granit rose

Où nos pas s’en allaient prendre l’embrun à la pâleur du phare

Nous étions mieux que bien dans nos imperméables bleus

Il y avait le vent en lourdes et incessantes vagues nous courbant

Des étoiles jaunes dans un ciel poudré de lueurs de sang

Un silence bruissant à monter la voix pour nous parler

La guerre semblait chômer au loin les oiseaux se taisaient

Nous n’avions dans nos mains que des rêves incertains

Un désir d’horizon quelques pièces de monnaie

L’escapade prenait fin dans un bistrot du port

Parmi les coutumiers marins et des filles affichées

L’accordéon jouait des chansons tristes à boire

Refrain :

Les soirs de bord de Manche Roger tu t’en souviens

Quand le manteau de nuit déposait sur nos hanches

Un désir interdit des caresses pleines nos mains

T’en souviens-tu Roger des soirs de bord de Manche

Nous nous sommes aimés dans les draps de l’ombre

La chambre était défaite et la pluie sur les vitre

Nous rappelait à l’ordre à la morale blessante

Quel âge nous avions t’en souviens-tu simplement

Nos corps étaient meurtris nos cœurs éblouis

Nous étions des maudits pointés de mille doigts

Te souviens-tu de ces beaux soirs de ressac sous la lune

A présent que les années nous ont chevauchés

Comme un labour sans nom et sans affinité

Je m’en souviens vois-tu à la pointe des rocs échevelés

L’âme écorchée d’avoir tu ce frémir intense et doux

Toute une vie parjurée pour faire la bonne figure

Refrain :

Les soirs de bord de Manche Roger tu t’en souviens

Quand le manteau de nuit déposait sur nos hanches

Un désir interdit des caresses pleines nos mains

Roger t’en souviens-tu des soirs de bord de Manche

L’idée de cette chanson est venue de la réflexion d’un ami me disant que dans mes poèmes je n’évoquais jamais l’homosexualité. Voici qui est fait pour lui faire plaisir et parce que je connais son histoire avec Roger. Je suis heureux de les avoir ici réunis à nouveau, l’un étant sur la terre et l’autre je n’en doute pas au paradis.

30 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

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Les Maisons mortes

Publié le 28 Octobre 2014 par ruraledeprose

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Portes et fenêtres serrures montent une éphémère garde

les lustres sont décrochés comme aux esses la viande

Il n’est plus de murmures aimés à même surprendre

On aperçoit juste mieux sur les murs délavés les lézardes

Dans cette forêt de fenêtres de portes et de serrures

Les doigts dans les mains les maisons s’évident sans bruit aucun

En rides de poussières amoncelées les traces d’humains

Rétrécissent dans les cartons les sacs comme un deleatur

La vaisselle le linge les livres les tableaux les meubles d’autrefois

Disparaissent en tours de mains sous quelques couvertures

On entend peut-être dans le jardin sourdre quelques voix

Il vous prend au nez la fragrance défunte de leur tessiture

Il n’y a plus rien pour immobiliser ce délitement baroque

Il faut s’accommoder des commodes pour le garde-meuble

Des armoires démontées des souvenirs en loques

Et soudain du ressenti en soi d’un chagrin qui beugle

Portes et fenêtres serrures témoins des grandes aventures

Resteront-là dans l’attende de nouveaux gens qui viennent

Qui ne sauront rien de l’antan de vos sourires aux commissures

Des lèvres à présent évanouis en un songe lourd de peine

Tout s’en va avec soi un peu comme terre aux semelles des souliers

Ce qui fut repousse encore un peu la mort hagarde

Mais c’est en vain que le passé

Secoue ses hardes

28 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

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Un dimanche d'automne

Publié le 27 Octobre 2014 par ruraledeprose

20141026 131717-1

Dans les campagnes sereines

tavelées de ravenelles

nous pousserions nos pas

envoûtés d’hirondeaux

Sur l’autel roux de la vasque du ciel

nous passerions nos mains

sur nos lèvres notre peau

sur nos fesses

Les campagnes ne diraient rien 

les arbres déposeraient sur nous

le paletot douillet

de leur feuillage d’ors gais

27 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

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cahier des terres brûlées en pays d'Orient

Publié le 24 Octobre 2014 par ruraledeprose

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Il se promettait de ne rien écrire ce jour maudit où le soleil fut taché de sang

Il remisa ses vêtements maculés dans une machine à rincer le désespoir

 

Les rues s’enfilaient les unes dans les autres de manière obscène

La ville n’était déjà plus qu’une brume cendrée avec des tas d’immondices

 

Il tourna la tête vers l’Ouest et les plaines fertiles amérindiennes

Pas une plume pas de peintures de guerre juste des réserves

 

Il voulait crier à Dieu son haut-le-cœur de la civilisation

Il tomba à genoux devant une Piéta dont l’enfant avait été décapité

 

Il se promettait de ne rien écrire ce jour sur la débauche de l’humanité

Juste prier s’en remettre à la pluie lacérée sur un ciel de plomb

 

24 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

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3e festivial de poésie in Vitry

Publié le 24 Octobre 2014 par ruraledeprose

urbaine de poésie

présente avec le soutien du Centre Culturel de Vitry

 

pré-programme

des voix au chapitre

3e festivial de poésie in vitry

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avec

 

ana el rachid (poètesse sahraouie)

ana maria caroline celli (poètesse)

saliâme khéloufi (auteure, conteuse, comédienne)

dume ottavi  (auteur, compositeur, interprète)

christiane beloeil (poète, écrivain)

thierry renard (poète)

patrick pérez sécheret  (poète-écrivain)

jean l’anselme  (coup de chapeau au poète disparu)___________

vendredi 5 décembre 2014

à 19h chez liréa

7 rue des carmes 75005 paris

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dédicaces cd-livres des auteurs pour vos cadeaux de fin d’année.

entrée bon de soutien: minima 6 euros.

réservation : Tél. 06 17 09 84 37 ou urbainepoesie@hotmail.fr

 

 

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l’urbaine de poésie est une association 1901 créée en 2006 ayant pour membres fondateurs : jean l’anselme (président d’honneur), jean-pierre lemesle et patrick pérez sécheret, son président. Son objectif est de faire partager au plus grand nombre la passion de la poésie avec tous les moyens d’expression artistique disponibles, en démontrant que la poésie est un outil culturel et ludique, artistique indispensable pour promouvoir les valeurs d’universalisme et une culture de paix, d’entente et de coopération entre les hommes et les femmes, les peuples.

 

l’adhésion (à partir de 5 euros) permet d’être tenu informé des initiatives de l’association, d’y participer (café-poème, rêve-partie, lectures publiques, récital en appartement ou jardin, ateliers d’écriture, performance avec des plasticiens, éditions, etc).

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Toujours disponible et beau...

Publié le 24 Octobre 2014 par ruraledeprose

20141022_122020-copie-1.jpg Livre disponible chez amapola éditeur ou auprès de l'auteur.

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Blida-les-roses aujourd'hui vue de la montagne

Publié le 24 Octobre 2014 par ruraledeprose

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Les vivants se voient éternels / chargés de secrets terribles / L’âme vogue parmi les hirondelles / le néant pour cible / Les vivants et les morts / drôle de théâtre d’ombres la scène remise au sort /  le monologue s’effondre / Les vivants et les morts /

l’ardoise effacée / l’instant du remord / l’ultime congé payé.

20 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret.

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La Nuit allemande

Publié le 24 Octobre 2014 par ruraledeprose

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Une nuit d’insomnie à dessiner de belles choses

Des paysages humains et l’aurore des fontaines

 

Une nuit d’épouvante au vertige des plumes

Le corps couvert de pierres lourdes l’âme écartelée

 

Une nuit à ne vouloir prononcer qu’un rouli de feuilles

Poussé par la nuit sur la descente de lit

 

Une nuit où viennent à queue leu leu les cicatrices anciennes

Le grave manteau d’hier ses barricades de vanité

 

Une nuit de bataille sans ennemi possible

Que soi-même Au miroir cet autre de suie

 

Un matin de velours la bouche engourdie

Le bol de café chaud renversé du coude

 

24 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

 

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L'Abrègement

Publié le 23 Octobre 2014 par ruraledeprose

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Abrégement de la vie lentement On aura passé sous les portes cochères des vents

Sur les draps de lits à chaque fois plus alanguis aux plaisirs

En quête d’épectase aux parvis des chapelles en été

Tout est venu à nous en ces frémissements Les odeurs de paille mouillée

La verdeur sombre des genêts L’amour dans ses chemises d’où d’envolait le désir

aux caresses des saisons Sa bouche cerise aux douceurs prononcées

ésotériques et mauve en diable

Abrégement de la vie doucement On aura calmé l’armateur de révoltes dégonflé la voilure

Les vagues sont plus petites l’a-présent mais l’amitié reste infrangible

Viendront certes d’autres aubes lactées plus excentriques

Au chevet du vieillir la morale s’évapore de la pensée

L’oppression n’a plus l’œil à la croisée Les cadenas ont sauté

On ne renonce pas à la beauté qui naît A l’équilibre fragile d’un corps sur un corps aimé

à la délicatesse de tendres éclisses

Abrégement de la vie au contraste du songe pourtant Nous aurons des pas de géants

aux forêts burlesques et tièdes des printemps neufs

A l’évidence nos exigences prennent pas sur le besoin La vie fugace amoncelle

le don d’écoute de partage

La vie rengaine remords et regrets stériles La nostalgie se dissipe

Dès le soir s’endort d’un fou-rire d’enfant entre nos bras couleur de l’amour

 

23 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

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Psaume à Notre Dame des collines

Publié le 22 Octobre 2014 par ruraledeprose

J’ai demandé la lune à la barbe des nuages en cet octobre-là

où ma vie d’alors se jetait par les fenêtres

J’ai demandé le droit d’un bonheur

à l’écorce des chênes plantés de mes mains

J’avais requis des songes d’amour pur

l’orgueil aux abois dans un sac

J’ai prié Notre Dame des collines

à perdre toute raison

Je voulais le rivage et la mer

des saisons apaisées

Elle est venue couvrir de soleil

la neige de mes cheveux

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J’ai appris ce qu’aimer veut dire

en châle de bleu sur mes épaules tristes

Je dois à Notre Dame des collines

ce bonheur immensément beau

 

22 octobre 2014 – copyright patrick pérez sécheret

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