Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Un aller pour un retour de Jean-Pierre Lemesle

Publié le 26 Mars 2015 par ruraledeprose

20150326_150916.jpgEmouvant petit livret à propos du retour d’un appelé en Algérie, plus de soixante ans après la guerre dite de pacification… Un aller pour un retour est constitué de touches de couleur, d’impressions, de rencontres furtives à Oran, de mots poétiques écrits par Jean-Pierre Lemesle, accompagnés ou accompagnant des photographies de Abdelhamid Aouragh. Non-dits de la guerre, non-dits du lourd présent, comment se fondent les regards dans l’océan du temps, comment dire l’oubli et la présence du futur inconséquent comme sans leçon tirée de l’histoire. Lemesle élance ses vers brefs, ciselés comme un temps retrouvé ou compté, un temps qui ne sera ni passé ni à venir. Il est des choses de la vie et de vivre que l’ombre des ans a submergés, un temps arrêté définitivement. Pas de souvenir donc ici, juste une découverte d’odeurs, de paysages, de gens, une approche physique entre deux pays  deux peuples perdus de vue. Le poète se souvient du soldat de 1953. Un aperçu presque touristique d’après-guerre, si lointaine, où la poésie est la métamorphose des fusils et de la haine en cartes postales de tendresse et de fraternel espoir en la vie et dans les hommes. On pense encore, livre refermé, à ce jeune homme de vingt-ans assoiffé de paix et de liberté ligoté dans un treillis kaki trop étroit pour lui…

 Patrick Pérez Sécheret

Edité en français-arabe chez Caligrahilm.fr

commentaires

Comme les larmes me viennent

Publié le 26 Mars 2015 par ruraledeprose

20150320_205736.jpg

On vit des moments si doux

Les larmes viennent

A ne se dire rien presque rien du tout

Parmi les gestes banals

Où nous tentons des rêves

Des oasis d'opale

De petites routes vicinales

Où se blottir parmi les arbres

Des herbes saoules de rosée

Donner aux autres

Ce que l’on peut donner

L’aune d’amour suffit

A faire trembler les blés

Se rebrousser la terre brune

On vit ce que l’on croit d’ici

L’ailleurs possible éclairé

La permanence d’une soif

Aux margelles d’une présence

D’une tendresse toute frêle

Les larmes viennent

De ces moments si doux

Une main sur une épaule

Dépose un baiser roux

Et le ciel flamboie

Son étole de soie

 

26 mars 2015 – Copyright pérez sécheret.

commentaires

L’autre soir sur une péniche à Paris quai de Loire...

Publié le 26 Mars 2015 par ruraledeprose

20150320_225405.jpg

Il y avait à peine ceux d’à côté tout près très loin à fleur de lèvres

Il avait l’air décoiffé et dans sa chevelure de neige couraient des lièvres

Il débarquait  d’une île où l’amour se déchante sur un cistre

Il avait l’air d’une étrange frontière sans personne derrière

L’autre soir sur une péniche à Paris quai de Loire...

 

Il y avait quelques chèvres sur ses pas des rosiers bruyants de poèmes

Il ne disait rien de lui-même la musique fleurait d’entre ses bras

Il y avait la brume entre nous quelques cuivres au pair en pause

Du soleil au coin de nos genoux l’espoir en vrac en over dose

L’autre soir sur une péniche à Paris ...

On s’est salué d’un revers de vers l’amitié avait l’air d’un hiver

Pour hâter les sèves d’un printemps improbable de lumière

Dès lors des mots on se croise en duel on monte sur les tables

Les rêves dits tout haut messes fraternelles sans  maître ni fable

L’autre soir sur une péniche...

L’amitié dansait sur un joli fil ténu comme du sable

Comme la grève où les enfants s’habillent d’un château de fable

Il y avait à peine ceux d’à côté tout près très loin à fleur de lèvres

Il avait l’air décoiffé et dans sa chevelure de neige couraient des lièvres…

L’autre soir…

20 mars 2015 sur la Péniche-opéra à Paris – copyright patrick pérez sécheret.

commentaires

La Vie des couleurs

Publié le 26 Mars 2015 par ruraledeprose

20150320_205757.jpg

J’approchais des darses sur le roulis calme d’algues ocrées

Avec un ciel de frime moucheté de baies roses

L’amour à quai ouvrait les bras

Malgré la fin d’un monde

Je ne rêvais plus depuis combien de siècles déjà

On avait recouvert l’espérance d’un linceul

Partout la mort dans les bouches éructait

La vie des couleurs en cendre s’affichait

Tout bonheur interdit l’uniforme unanime

Arpentait les rues tristes sans âme qui vive

J’ai secoué mon vieux corps

J’ai couru dans les bras de l’amour à quai

J’avais froid partout

Dans cette fin d’un monde

Nous avons épuisé nos bouches de mots tendres

Nos épaules de baisers

La corde pour nous pendre attendrait

Au bout du quai pour toute l’éternité

24 mars 2015 – copyright.

commentaires

L’ascension tranquille du fascisme ordinaire

Publié le 24 Mars 2015 par ruraledeprose

20150320_090012.jpg

Va-t-on oser le dire : le président de notre république, son premier ministre, son gouvernement, son parti socialiste,  sont plus dangereux que le parti d’extrême-droite : ils lui préparent son lit depuis des mois en désespérant les électeurs de gauche par des politiques qui tournent le dos à leurs engagements et qui sont directement dictées à Bruxelles. Ils ont même prévenu : on ne changera pas de cap, l’austérité rien que l’austérité, la même politique que celle de Sarkozy à de petites nuances près grammaticales. Résultat, pour la première fois dans un scrutin local des représentants d’un parti d’extrême-droite vont pouvoir se faire la main, mieux propager leur venin, en avoir les moyens issus d’un mandat démocratique. La fausseté précisément de la représentation démocratique dans nos systèmes d’élections rend plus acide l’avancée du FN le 21 mars : sans alliance il parvient force de 5 millions de voix à être en tête dans 40 départements et en capacité de se maintenir dans la moitié restante à pourvoir au second tour. Dimanche soir prochain le succès des urnes ne sera pas reconduit pour autant mais la défiance exprimée à l’encontre de toute la classe politique et des partis aura placé le FN, parti d’inspiration raciste et fasciste, en possibilité de conquérir le pouvoir démocratiquement. L’affrontement gauche-droite ne signifie plus rien de trahison en trahison de l’électorat de gauche par la social-démocratie passée avec ferveur au service des valeurs marchandes.

En 1933, les nazis n’étaient pas majoritaires lorsqu’Hitler accède au pouvoir. En 2015, aucun parti n’est majoritaire. Quelles alliances se joueront dans les coulisses pour le pouvoir, pour voir perdurer la nouvelle forme de mise en esclavage des peuples ? Après avoir favorisé le terreau de l’extrême-droite dans les esprits crier au loup de suffira pas. Il faut des actes concrets contre le fric indécent et pour en finir avec la misère croissante. Le peuple est capable du meilleur et du pire quand il souffre et cela sans rapport avec les causes des conséquences de ses malheurs.


 Faire barrage à l’extrême-droite par les urnes devient donc un vœu. Il faut redonner l’espoir à ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, les laissés pour compte des profits et, pour cela, rompre avec toute politique d’austérité et de désespérance sociale, de déculturation in facto par le fric et la diffusion médiatique de conneries journalières indigentes ouvrant grandes les portes du repliement sur soi, de la dénonciation de boucs émissaires fautifs. Alors, faut-il avoir peur pour autant ? Non, mais à présent, le loup est dans la bergerie dite démocratique et le loup quand il prend, a pris, le pouvoir, il ne s’en sépare plus et le retour aux urnes ne peut se faire que par sa défaite et la force.

Pour l’instant, gauche et droite sont à l’étiage de 36% d’électorat, mais quelle droite (UMP-UDI) et quelle gauche (PS-Verts-Front de gauche) ? Sur quelles valeurs républicaines, quelles fondations humanistes ? D’autant que le FN, à présent, aura des tribunes et des relais sur tout le territoire national et l’on sait bien qu’il ne manquera pas de prétendants à l’exercice tranquille du fascisme ordinaire…  si la condition sociale demeure ce qu’elle est.

Quand le terreau est fertile, quand les conditions sont réunies, la bête qui sommeille en l’homme s’éveille et les plus grands malheurs deviennent possibles. Tout un chacun le sait bien, en est averti en conscience

Copyright 2015-24 mars.

 

commentaires

Coupe du monde par temps d’esclavagisme

Publié le 24 Mars 2015 par ruraledeprose

Bien, on le sait à présent, les multinationales françaises ne sont pas regardantes aux conditions de travail des esclaves des temps modernes. Sur les chantiers du Qatar où doit se dérouler la coupe du monde de football, notamment le match d’ouverture, indiens, pakistanais, marnent pour 500 euros par mois environ avec des semaines de 66 heures… Chaque esclave [ils sont près d’un million importés temporairement au Qatar soit 80% de la population !] travaille pour un sous-traitant qui le loue en quelque sorte sur un chantier dirigé par des sociétés comme Vinci ou leurs filiales. Cet esclavagisme des temps modernes rend coupable d’un silence sportif épouvantable. Ceux d’entre nous qui regarderont en 2020 sur leur écran de télévision les merveilles des Emirats arabes unis érigées en plein désert seront tacitement complices de cet esclavagisme. Je n’ai rien d’autre à dire ce jour sinon cette colère sourde d’impuissance pour des êtres humains traités comme des animaux et pour une coupe du monde qui a le goût de l’argent apatride gagné sur la sueur de la misère. En achetant un billet de match, en allumant la télé, moi j’aurais l’impression de pisser sur la dignité humaine, d’être complice d’une exploitation d’un autre âge…

 On pourrait boycotter la coupe du monde, non ? Vous dites : trop compliqué, trop de fric en jeu ? Ah ouais, les êtres humains ne sont que des marchandises et les stades de football les nouvelles arènes où les foules enivrées de patriotisme de merde chantent les louanges de la virilité par une saine émulation… Je suis un grand rêveur : il faut de tout temps que la connerie exulte fusse sur le dos d’autrui et qu’une grande foire à l’oubli nous inonde d’images symboliques d’unité nationales qui s’affrontent pacifiquement sur une verte pelouse !  Pendant ce temps, la sueur des hommes, leurs larmes de détresse, leur mort…

20140721_102054.jpg24 mars 2015 – copyright.

commentaires

Manifeste pour aller aux urnes comme à la fosse commune…

Publié le 23 Mars 2015 par ruraledeprose dans politique

DSCF0884On s’aime à porte flamme et à morte fontaine / c’est selon le jour c’est selon la semaine / Le temps qu’il fait beau ou qu’il larme / à gagner sur la grève de la lame / quelques rimes d’alarme / à s’ouvrir d’espoir les veines / mais que ferez-vous belle jeunesse / de ces draps de soutane à l’abri du bras qui blesse / et flétrit l’espoir tenace / d’un monde libre où se dresse / la liberté par contumace / vous aimerez comme on se damne /de solitude parmi les rêves fabriqués / virtuellement profanes  /vous userez jusqu’à la corde / le verbe aimer de l’astrolabe  / parmi les ruines qui vous débordent / les 4 G que l’on vous accorde pour vous estropier du bulbe / notre héritage pour vous un cénotaphe / d’air suffocant de nucléaires centrales / un monde fini couleur des poubelles  / mais ne renoncez pourtant pas à l’aube belle / au printemps des cathédrales  / pour ultime épitaphe / vous en ferez belle jeunesse / plus que des mots des averses /quelque chose de nos faiblesses / un siroco d’ultime révolution / jamais vue ni connue ou les poings / seront sur l’aube des caresses / le songe d’amour enfin pignon sur la rue sans violence ni herse / ni caste ni goulag / sans commissaire du peuple aucun / une symphonie du genre humain / l’inédite anarchie du printemps des mains / le pouvoir rendu au néant / le mandat unique donné révocable / il se peut ainsi nos songes ne pas être vains / notre conscience fleurir d’amour / mais pour l’instant l’urgence / à nos portes à nouveau / avec des mots feutrés / invite l’hémoglobine la haine de l’autre / le saccage des libertés restantes / à nouveau la haine s’approche de nous / sous le drapeau de l’ordre / de la patrie du droit du sang / la haine s’empare des urnes par nos silences / par la trahison des castes politiques du mensonge / alors faut-il aller voter sur les décombres de la démocratie / faut-il encore reconduire la démagogie / faut-il faire affront aux combats des anciens / faut-il se dire qu’il arrive à nouveau le fascisme parce que nous nous taisons / parce que toute la classe politique a trahi / parce que la souveraineté est mise à genoux / je ne sais plus quoi mot dire presque même voter / tout pouvoir est en soi un esclavagisme consenti délégué / mais entre pouvoir encore ouvrir la bouche et se voir couper la langue / il faut choisir l’urne et le couteau s’il faut / pas de quartier pour ceux qui ne font aucun crédit aux libertés / aucune souplesse pour les relents d’autoritarisme / aucune compassion non plus pour le [parti du] président menteur et démagogue / faites ce que bon vous semble car de toute façon on y va / rien n’y fera a dit Hollande / je ne changerai pas de politique quoi qu’il arrive / alors suicidez-vous maintenant ou votez merde c’est-à-dire blanc / et demain s’il faut tirer à balles réelles / ben on prendra le maquis et les armes / il ne sera que temps au moins pour faire des morts en conscience présentables / tenir quelques barricades ne sert à rien / tout va s’écrouler car nous avons déjà laisser faire / ne reste que la résistance à portée d’outrage / le courage de l’insurrection / combien sommes-nous / quelques désabusés / quelques anarchistes de salon / mais bon s’il n’en reste que quelques-uns nous en serons  peut-être / tout le reste n’est qu’illusion / EPO idéologique / merde à Vauban / vive la libre pensée et le néant / place nette aux collabos / aux dénonciateurs / et n’oubliez pas dimanche / comptez recomptez les bulletins dans les urnes / faites les totaux d’une minorité qui baise la masse / ne représente qu’elle-même et crie au loup / pour garder son gâteau / jetez-moi la poésie aux orties aux fossés / le beau est déjà canon codifié / assermenté soumis / au nom des valeurs la soupe a tourné / à part le Capital rien ne change / mais les politiques leurs partis en profitent / s’en financent et parlent pour nous / enfin ils éjaculent des choses incompréhensibles / à force inaudibles / et puis vient l’instant où on dit merde à gauche au centre à droite / vous nous avez conduit dans le mur noir / vous avez fomenté le fascisme de vos incompétences / de vos trahisons de votre immoralité / vous parlez en nos noms en nous méprisant / vous dictez aux médias leur vomi / suffit l’affront  le danger est à nos portes / alors insurrection quand il faudra s’il le faut / si nous avons encore dans le froc un peu de dignité / un peu d’amour pour l’humanité / mais franchement vrai / il se peut qu’un petit bord de mer suffise à nous calmer / s’il reste un bord de mer / pour y attendre le retour improbable de la liberté / va savoir de quelle couardise nous sommes capables / tout comme de courage et de fraternité / va savoir si l’histoire ne serait pas toujours de mêmes scènes répétées / et nous pauvres héros volontaires ou non / victimes des bourreaux…

 

23 mars 2015 – copyright patrick pérez sécheret texte et photographie de la bibliothèque d'Ephèses, Turquie.

 

commentaires

prose du jour

Publié le 20 Mars 2015 par ruraledeprose

20150320_090010.jpg

Le Jour est sobre en lisière des chevelures de mer

les songes à la craie rouge du sourire de l’aube

Le jour encore à deviner l’amour à prie-Dieu à plein-vent

aux plis des draperies d’un champ festonné de lupins

Le jour offert à la tendresse par le dessus les murs

le regard adouci de brumes claires

copyright 20 mars 2015 – patrick pérez sécheret.

commentaires

poètes, vos papiers!

Publié le 20 Mars 2015 par ruraledeprose

20150319_183611.jpg20150320_090012.jpgInsurrection poétique demain dès 15 h à Vitry, maison de la vie associative.20150320_090303.jpg

commentaires

Les Choses de la vie (feuilleton politico-poétique 1)

Publié le 19 Mars 2015 par ruraledeprose

20150314_155451.jpg

Hier s’inaugurait en petit comité le nouveau siège (coût de 1,3 milliard d’euros quand même) de la BCE (banque centrale européenne) à Francfort en Allemagne, protégé par la police contre des manifestants contre l’austérité imposée par la dite banque apatride. Dans ce même temps, on apprend que la France va devoir rembourser la taxe sur les dividendes sur les entreprises, instaurée en 2012 (3%). Motif ? C’est une infraction aux directives de la commission européenne. A Tunis, au Bardo, 2 assassins ont tué 19 personnes : cet acte odieux vise la toute fragile démocratie tunisienne même s’il n’est pas signé : le musée Bardo est un symbole de culture et de civilisation à deux pas de l’assemblée nationale... Enfin, cette nouvelle que Le Corbusier fut fasciste avant de devenir protégé du gaulliste ministre de la reconstruction, détonnant livres qui révèlent que le grand architecte épousa sans vergogne le fascisme italien, allemand et pétainiste. Faut-il débaptiser les rues qui portent son nom ? La Cité Radieuse en tout cas ne cache plus sa part de l’ombre : noire, bien noire…

19 mars 2015

commentaires
1 2 3 4 5 > >>