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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

chronique politique d'un apprenti-penseur

Publié le 30 Avril 2015 par ruraledeprose

chronique politique d'un apprenti-penseur

Quelle alternative pour les élections régionales en France ?

Face à la liquidation de toute l’organisation territoriale de notre pays, remplacée par des métropoles, des agglomérations, quelques régions et une pincée de départements, on doit revenir aux urnes en décembre pour élire les Conseils régionaux. Bien sûr, certains d’entre eux affichent des politiques de progrès en bilan mais, dans le nouveau contexte et compte-tenu que ces régions sont dirigés en majorité par des socialistes dont leurs représentants au gouvernement imposent des politiques contraires au progrès, la question d’union ne va pas de soi et pourrait constituer une nouvelle couillonnade.

On sent déjà qu’une nouvelle fois on va nous faire le coup de l’agir local différent du national, qu’il faut sauver des sièges ou si possible en gagner de nouveaux à gauche, empêcher d’en donner à la droite ou à l’extrême-droite… Certes. Mais clairement, si on posait autrement le problème :

- que s’unissent toutes celles et ceux qui veulent l’alternative de progrès contre l’austérité contre tous les autres qui la soutiennent ou en font la promotion,

- que leurs candidats soient élus par les populations locales sur la base d’un programme alternatif et sous une même étiquette politique unitaire (Union populaire pour une alternative de progrès) sans référence aux partis,

- qu’une fois élus ces candidats s’engagent à démissionner s’ils ne conduisent pas le programme prévu qui, naturellement s’oppose aux directives actuelles de l’UE.

Je ne suis pas idéaliste, je n’ai pas d’idéologie mais je ne rêve pas non plus au grand soir. Il faut dans les territoires de proximité reconquérir le pouvoir sur l’économie de marché, sauver et étendre les services publics utiles (santé, éducation, formation, culture, transports…), investir massivement tout en réduisant le temps de travail à salaire égal pour dégager des emplois, taxer comme il faut les profits spéculatifs boursiers en obligeant à l’investissement utile ou de recherche…

Le dénouement de la crise politique de représentation que nous connaissons suppose de rompre avec la démarche traditionnelle connue de sauvetage de sièges et de moyens financiers de survie politique et se traduire uniquement par l’utilité publique au service du bien commun et dans l’urgence sociale.

Le levier pour qu’une multitude de citoyens ne subissent plus les dictatures d’une minorité de nantis passe par un renouveau démocratique dépassant la simple délégation de pouvoir à des partis politiques.

L’épouvantail du FN ne sert en rien l’éclaircissement de l’issue. Il faut de l’audace dans la stratégie d’une nouvelle gauche pour rendre crédible l’alternative de progrès. En sera-t-on capable ?

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peinture-écriture

Publié le 30 Avril 2015 par ruraledeprose

peinture-écriture

Reçue cette peinture de l'ami Jean-Jacques Laigre (copy-right l'auteur)

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Des Cheminées symboliques...

Publié le 28 Avril 2015 par ruraledeprose

Des Cheminées symboliques...

Ce n'est pas vraiment beau mais c'est symbolique. Deux cheminées de centrale à charbon EDF en bout de course qui marquent une histoire industrielle et qui vont mourir cela peut émouvoir, gratter la mémoire. Pour ma part, quand je vois du même point de vue que la photographie, sur la droite, la rue des marguerites (qui n'en a pas beaucoup) aboutir dans un immeuble derrière lequel le haut du pont à Langlois dépasse un peu... ou bien ce mur atroce derrière les cheminées, je me dis qu'il y a quelques fausses notes visuelles dans le paysage des bords de Seine. Mais bon il me paraît normal que les Vitriots puissent dire leur mot sur la démolition d'un symbole de l'histoire ouvrière en région parisienne.

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Le Goût du printemps

Publié le 28 Avril 2015 par ruraledeprose

Le Goût du printemps

Je suis heureux chaque jour

j’ai franchi le pas étrange des forêts épaisses

des collines adverses aux nefs

Chaque jour je suis heureux aux adrets fluorescents

Dieu dans ma poche où ce qui lui ressemble

de vos visages radieux en fenaison l’été

Je suis heureux chaque jour

de vous aimer à mort par ce que je mourrai

du temps qu’il aura fait

de cette éternité si courte si belle entre mes bras passée

en naufragé ébloui du soleil

d’aimer ceux que j’aime et qui m’aiment

Les autres je vous pardonne encore un peu

un jour dans un cosmos nous aurons des paroles

infiniment de paix et de bienvenue

28 avril 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

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Des quatre vérités du poème

Publié le 27 Avril 2015 par ruraledeprose

Des quatre vérités du poème

Le poème est une boite à outils

qui invente des horizons de ballets des mers

pour brodarder la mélancolie

Il peut tout dire le poème s’il garde le souci de simplicité

parle à l’œil autant qu’à l’oreille

s’il noue un caleçon rouge à vos lanternes ouvertes

à l’inverse de l’anaphore mièvre

s’il cloue dans les étoiles des rimes filantes

au style de figures libres métaphoriques

Le poème peut tout dire s’il ressemble au sud de la providence en avril

sur la pointe des doigts de l'enfant

Le poème peut tout dire de vivre

d’en mourir même

Le poème est l’océan des âmes qui valse dans les neurones

l’implosion du silence en césures sonores

Le poème est manchot ras du bulbe sans fou-rire

un trombone sans musique férir

Sans poème le monde ne sait plus où s’asseoir

entre les homophones et la bouillasse des algues

27 avril 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

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Publié le 23 Avril 2015 par ruraledeprose

Vous avez oublié la poésie de l’enfance un doigt dans le nez

Vous avez fracassé la tendresse épuisée de saisons

jusqu’à l’ivresse du silence de l’émotion

Vous êtes devenu bradeur d’écume passeur de calvities

Vous avez oublié la poésie sous un porche un soir de pluie

Vous êtes donc déjà presque mort

23 avril 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

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Le Retour de la police politique

Publié le 14 Avril 2015 par ruraledeprose

La Loi en débat sur le renseignement pour combattre le terrorisme est une atteinte majeure aux libertés individuelles par la surveillance automatique des réseaux numériques sans véritable controle de la commission créée à cet effet. La police politique a son outil de surveillance des citoyens en permanence ainsi.

 

Nous serons géolocalisés, nos conversations interceptées, enregistrées à notre insu pour prévenir les atteintes à la forme républicaine des institutions, les violences collectives qui pourraient venir de nature à porter atteinte à la sécurité nationale... en fait au pouvoir qui déciderait de choses que nous n'accepterions pas (un aéroport, un tunnel, le nucléaire, un soutien à un dictateur...).

Surveillé pour prévenir la menace terroriste peut paraître normal mais la possibilité d'une surveillance massive à discrétion pour le pouvoir de l'ensemble des citoyens fait froid dans le dos. Après la casse du code du travail, toutes les déreglementations appliquées au nom des directives européennes on peut à juste titre s'interroger sur le sens de ce durcissement de la surveillance.

 

Tout rebelle aux décisions arbitraires de l'Etat pourra devenir un terroriste, être désigné comme tel... Nous sommes donc tous des terroristes en puissance. Pendant ce temps-là, on continue nos ventes d'armes, on austérise la vie des citoyens, on baillonne les structures culturelles derniers remparts contre toutes les formes de barbarie, d'esclavages, d'exploitations...

J'exagère? On verra ou on ne verra pas mais comment faire confiance à ceux qui élus font le contraire de ce qu'ils avaient dit qu'ils feraient? Vous en pensez quoi? Vous avez encore des illusions?20150401_183742.jpg

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L’Epître à la vie

Publié le 14 Avril 2015 par ruraledeprose

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 Vivre suffit pourquoi chercher un sens à la vie à sa vie donner du sens même à l’ennui

Vivre est suffisamment immense et le temps qu’il faut pour comprendre ce qu’il nous reste de saisons à vivre aura été trop long Mais quoi on aura vécu après tout sans tenir compte des échéances obligatoires comme si nous étions de toute jeunesse une pérennité

Vivre suffit pourquoi chercher à refaire les chemins ou à se lamenter du partir annoncé

Vivre est suffisamment riche de rencontres et le temps qu’il fait seul est important opportun pour encore rêver des feuilles qui virevoltent en automne des bourgeons d’où éclosent les fleurs au printemps Et qui dans leur sommeil enfantent les fruits puis les graines à semer

Vivre suffit pourquoi s’affairer et craindre le silence et l’inaction l’absence des autres

Vivre est un naufrage qui prend son temps Lorsque cela est possible au regard des bactéries des microbes des maladies incurables des épidémies pogroms et ethnocides

Vivre est une balade d’amour et de menus plaisirs un regard posé sur un regard ouvert

Vivre est beau et il faut ou faudrait à chaque étape d’une vie prendre à pleins poumons à pleine bouche les moments présents en faire du bonheur simple éphémère souvent

Foutre au diable l’accumulation les ressentiments l’idée même d’avoir et de prix

Ne s’accorder la voix et le cœur que sur la valeur d’aimer et de partager des caresses

Vivre aurait la couleur de l’âme et la saveur de l’eau des fontaines en été

Et ce serait à peu près tout et l’immensité venir sans y penser installer l’hiver à perpétuité

Faire de la peine à celle ou celui qui va rester encore après vous parmi les roses

Penser à vous dans votre hiver ensoleillé pour un printemps à venir vous retrouver

Les dieux prendront congé des mensonges Et le soleil tout nu épousera la lune

Vivre aura été l’enfance de l’art au ping-pong de l’insondable univers des galaxies

A cet instant précis épistolaire nous saurons tout de tout du mystère la grande clef

L’amour pourra s'épanouir tranquille en nos bras reposé à tout jamais saoul de baisers

14 avril 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

 

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L’heure venue

Publié le 13 Avril 2015 par ruraledeprose

  Les jours d’avant l’ombre l’heure venue

qui semblaient légers et tendres à porter

Jours des beaux temps à ne rien attendre un peu grandir

fuir les monologues du silence l’heure la route quémander

à contre-ennui de l’eau ou un baiser

 

Le jour d’avant penser venir les cheveux gris  

les ridelles aux bouts des yeux l’heure venue

 

Jours d’avant l’automne de la vie recouvrir

les larmes d’un sourire les armes à terre franchir la porte

un filet d’amour entre nos doigts du sable ou du vent

 

Les jours seront gais beaux plus que parfaits

d’amour éclaboussés l’heure venue

 

12 avril 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

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La Servitude volontaire

Publié le 9 Avril 2015 par ruraledeprose

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La Boétie Etienne écrit ceci dans son Discours de la servitude volontaire : Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur penchant dominant - avares ou prodigues -, ils usent du royaume comme de leur héritage. Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable ; il le serait, je crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle grandeur, il décidait de n’en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d’écarter si bien les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets que, pour récent qu’en soit le souvenir, il s’efface bientôt de leur mémoire. Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas : car s’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de règne est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature.

 

Juste avant il écrit :

Nous flattons le cheval dès sa naissance pour l’habituer à servir. Nos caresses ne l’empêchent pas de mordre son frein, de ruer sous l’éperon lorsqu’on veut le dompter. Il veut témoigner par-là, ce me semble, qu’il ne sert pas de son gré, mais bien sous notre contrainte. Que dire encore ? Même les bœufs, sous le joug geignent, et les oiseaux, en cage, se plaignent. Je l’ai dit autrefois en vers... Ainsi donc, puisque tout être pourvu de sentiment sent le malheur de la sujétion et court après la liberté ; puisque les bêtes, même faites au service de l’homme, ne peuvent s’y soumettre qu’après avoir protesté d’un désir contraire, quelle malchance a pu dénaturer l’homme - seul vraiment né pour vivre libre - au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ?

Il était bien que France Culture nous donne à connaître ou à reconnaître à nouveau ce texte fondamental qui donne à la philosophie une opportunité d’action concrète sur la réalité de notre soumission à l’ordre des choses du réel et de ceux qui le dirigent avec notre consentement alors que nous voulions le transformer...

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