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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Encyclique de François, Pape, à lire...

Publié le 19 Juin 2015 par ruraledeprose

Encyclique de François, Pape, à lire...

Il n’est pas de coutume de saluer une production intellectuelle d’un chef d’église pour quelqu’un qui a la foi d’un charbonnier. Cependant, dans l’encyclique publiée ces jours-ci, faisant référence à Saint-François d’Assise : « l’exemple par excellence de la protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale vécue avec joie et authenticité. »

Le Pape dit voir dans les décisions des sommets internationaux une soumission de la politique à la technocratie et aux finances ! « Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. » Le Pape ne s’adresse pas qu’aux croyants. « Une liberté économique seulement déclamée, tandis que les conditions réelles empêchent de pouvoir y accéder concrètement et que l’accès au travail se détériore, devient un discours contradictoire qui déshonore la politique. » A cela, il oppose le principe du bien commun de l’eau, du logement, du droit au travail, à la promotion de toutes les cultures.

Plus après : « Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune [la planète] inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer (…) L’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune (…) »

Il considère que « beaucoup de symptômes indiquent que les effets du changement climatique ne cesseront pas d’empirer si nous maintenons les modèles actuels de production et de consommation », car, « Pendant ce temps, les pouvoirs économiques continuent de justifier le système mondial actuel où priment une spéculation et une recherche du revenu financier qui tendent à ignorer tout contexte, de même que les effets sur la dignité humaine et sur l’environnement ». Plus loin : « Mais c’est le pouvoir lié aux secteurs financiers qui résiste le plus à cet effort, et les projets politiques. Pourquoi veut-on préserver aujourd’hui un pouvoir qui laissera dans l’histoire le souvenir de son incapacité à intervenir quand il était urgent de la faire ? »

Plus loin : « Toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés. Le principe de subordination de la propriété privée à la destination universelle des biens et, par conséquent, le droit universel à leur usage, et une règle d’or du comportement social, le premier principe de tout l’ordre éthico-social. (…) L’environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l’humanité, sous la responsabilité de tous. Celui qui s’approprie quelque chose, c’est seulement pour l’administrer pour le bien de tous. Si nous ne le faisons pas, nous chargeons notre conscience du poids de nier l’existence des autres. »

Enfin, après analyses et préconisations : « La politique ne doit pas se soumettre à l’économie et celle-ci ne doit pas de soumettre aux diktats ni au paradigme d’efficacité de la technocratie. Aujourd’hui en pensant au bien commun, nous avons impérieusement besoin que la politique et l’économie, en dialogue, se mettent résolument au service de la vie, spécialement de la vie humaine. Sauver les banques à tout prix, en en faisant payer le prix à la population, sans la ferme décision de revoir et de réformer le système dans son ensemble, réaffirme une emprise absolue des finances qui n’a pas d’avenir et qui pourra seulement générer de nouvelles crises… »

Une encyclique progressiste et humaniste à lire d’urgence, croyants ou incroyants. Elle confirme qu’il n’y a pas de fatalité et un seul chemin pour la mondialisation. D’autres disent la même chose mais l’appel au dialogue mérite écoute et lecture car « rien de ce monde ne nous est indifférent. »

Les citations sont extraites de : Lettre encyclique Laudato Si’ du Pape François sur la sauvegarde de la Maison commune.

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Patrick Pérez Sécheret : just published, 2e roman.

Publié le 18 Juin 2015 par ruraledeprose

Patrick Pérez Sécheret : just published, 2e roman.

ROSENTHALER STRASSE, 39

Chronique de vies croisées

de Patrick Pérez Sécheret

Ce livre atteste d’un certain désarroi face à la déshumanisation de la planète sans jamais renoncer aux lueurs d’espoir indéterminé. Le personnage de Théophile, qu’il parle à la première personne ou non, déroule des fragments d’enfance, d’une saga familiale, d’autres personnages réels ou fictifs happés par l’histoire, les guerres, le colonialisme, pour tresser in fine le tableau d’une société qui se désagrège par modernité.

Le fil conducteur de la cette chronique de vies croisées se situe dans un va-et-vient entre le passé et le présent, l’actualité des dérives de l’Etat de droit par une surveillance généralisée des populations, la mise en place d’une justice prédictive des actes potentielles ou indiciels d’infractions de tout citoyen.

Entre Berlin et Paris, Théophile prend acte et s’insurge de sa propre impuissance, ne trouvant d’issue que dans l’acte d’amour éperdu, la mort. Dans le quartier berlinois de Rosenthaler, dans la rue qui porte le même nom, au numéro 39, il nous invite à rencontrer Otto Weilt et son petit atelier d’artisan de la période nazie devenu, aujourd’hui musée. Nous croiserons aussi mais à Paris Anne Laure, jeune femme allemande antinazie, sa douleur perpétuée dans un combat contre le cancer narré en poème, puis Rachel, la petite fille juive de la communale, Joseph et Lola à Alger, Hua le vietnamien guérillero…

Le récit est souvent drôle, poétique et des dialogues abrupts ponctuent de réguliers retours entre les époques. Le malaise ressenti par l’auteur semble prendre sa source dans un renoncement à la foi, à Dieu, depuis son adolescence, à son engagement militant d’autrefois et à sa philosophie devenue partisane de l’altérité, plus empreinte à croire qu’un sauvetage de notre monde dépend essentiellement des rencontres entre individus, dans les actes modestes efficaces du quotidien à échelle humaine.

Les totalitarismes ont laissé des cicatrices sans pour autant vacciné les Nations du retour possible à l’indicible. Pérez Sécheret, poète-écrivain, signe donc un ouvrage dérangeant et limpide d’humanité où l’autodérision perle par instants, où le sourire de l’aube perpétue un goût de partage teinté de mélancolie et d’amour. On quitte le livre singulier sur la pointe des pieds.

L’éditeur ampola, 20 juin 2015

15 EUROS (+ 3 EUROS de port) 170 pages, dos carré collé, imprimé par Les Ateliers Demaille à Alfortville (Val de Marne) pour l’éditeur amapola à Ajaccio (Corse) – 2e trismestre 2015.

Vente sur site : www.dominique-ottavi.com ou perez-secheret.over-blog.com

Contact : perez.secheret@gmail.com

Just published

Rosenthaler STRASSE, 39

Chronicle of intersecting lives

Patrick Pérez Sécheret

This book testifies to a certain dismay at the dehumanization of the world without ever renouncing the glimmers of hope indeterminate. The character of Theophilus, he speaks in the first person or not, carried fragments of childhood, a family saga, other real or fictional characters caught up in history , wars , colonialism, for plaiting ultimately the picture of a society that is disintegrating by modernity.

The common thread of this chronicle of intersecting lives lies in a back and forth between past and present, news of the excesses of the rule of law by widespread population monitoring, the establishment of justice predictive of potential acts of crime or index of all citizens.

               Between Berlin and Paris, Théophile notes and protests of his own impotence, after finding only in the act of desperate love, death. In Berlin's Rosenthaler, in the street of the same name, at number 39, he invites us to meet Otto Weilt and its small artisan workshop became the Nazi period, now a museum. We will cross Paris but also Anne Laure, a young German woman and her anti-Nazi pain perpetuated in a fight against cancer narrated poem and Rachel, the Jewish girl of communal, Joseph and Lola in Algiers, Hua Vietnamese guerrilla ...
 
               The story is often funny, poetic and steep dialogues punctuate regular trips between eras. The unease felt by the author seems to have its source in a renunciation of faith in God, since his adolescence, his erstwhile militant commitment and become partisan to his philosophy of otherness, to believe that a footprint more rescue our world depends mainly on meetings between individuals in the effective small acts of everyday human scale.
 
Totalitarianism have left scars without vaccinated Nations possible return to the unspeakable. Pérez Sécheret, poet-writer, so disturbing and a clear sign book of humanity where pearl self-deprecating at times, where the dawn of a stained smile perpetuates sharing taste of melancholy and love. We leave the singular book on tiptoe.
 
 
                                                                            The publisher Ampola, 20 June 2015
 
 
 
15 EUROS (+ 3 EUROS de post), 170 pages, perfect bound, printed by Ateliers Demaille in Alfortville (Val de Marne) for the publisher Amapola in Ajaccio (Corsica) - 2nd trismestre 2015.
 

Sale : www.dominique-ottavi.com ou perez-secheret.over-blog.com

Contact : perez.secheret@gmail.com

 
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Carte postale des serres cévenoles

Publié le 9 Juin 2015 par ruraledeprose

Carte postale des serres cévenoles

Ici voici des millénaires

l’homme a peint

sur les parois des grottes

son sentiment d’impuissance de solitude

face au monde encore clos de la survivance

Ici l’homme inventa le sacré

pensa l’au-delà dans le regard de ses semblables

Sous le fard des étoiles

il voulut laisser une trace

voir plus haut que lui-même

L’Ardèche alors bégayait

dans un charroi de roches

Les lions rôdaient

Le monde clos allait s’ouvrir

au grand monde des fleuves

Le soleil serait Dieu

un univers possible

dans la main de l’homme

Dans une caverne du Pont d'Arc

ici l’homme s’est fait peintre

pour une éternité

6 juin 2015 – Ardèche - Copyright patrick pérez sécheret.

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Un Homme m'a salué en Ardèche

Publié le 9 Juin 2015 par ruraledeprose

Un Homme m'a salué en Ardèche

J’ai croisé en Ardèche un homme, que j’ai connu jadis, et nous nous sommes salué d’un signe de reconnaissance que je croyais avoir oublié : la main droite sous le menton tendue, le bras en équerre. J’ai répondu machinalement à son salut. Je suis monté en effet à l’Orient en qualité de secrétaire dans une loge maçonnique de Seine et Marne, voici longtemps. Rites, rituels, cérémonies, symbolisme, me lassèrent d’autant que j’avais commis la maladresse de fréquenter des loges, lors de mon passage dans le sud de la France pour des raisons professionnelles (Gard), et des hommes qui, à mes yeux, ne pouvaient pas, au regard de leur malhonnêteté, de leurs malversations, faire partie de la Franc-Maçonnerie et de ses principes humanistes. Je quittais donc ma loge initiatrice car pour moi si des loges, une obédience, toléraient ce genre de gens, c’est qu’il y avait quelque chose de pourri au Grand Orient. Je n’ai jamais depuis frappé à la porte d’un autre temple. J’ai juste gardé une nostalgie de la Fraternelle Harmonie. Parfois, je regarde mes habits de tenue : un tablier de maître décoré au REAA, l’écharpe, le calot noir, les gants blancs et, les yeux fermés, je revois sur les colonnes les visages de mes amis disparus, avec douceur et mélancolie. Aucun monde n’est parfait et, tendre en soi-même à cet objectif, est une longue route de sagesse mêlée d’embûches et de fragrances de vanité. L’homme en général a besoin d’honneur pour se croire exister. Il se trompe d’église bien souvent et prie de mauvais dieux. La vieille peur l’encercle et réussir devient un paravent, une sorte de garantie sur la mort, une illusion. L’important pourtant n’est pas de paraître ou de comparaître devant qui que ce soit mais d’être simplement un être humain solidaire de tous les hommes. Ce parti-là ne procure aucune reconnaissance, aucune distinction mais sa pureté d’esprit est primordiale pour vivre et mourir dans la dignité en libre penseur.

Patrick Pérez Sécheret – Copyright 2015.

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Oratorio

Publié le 1 Juin 2015 par ruraledeprose

Oratorio

Nous promenons dans un pays sans larme / Mais je ne sais plus l’heure /

Ni le jour la saison / tout est incertain /

Je n’ai plus assez de soleil / un peu froid dedans / il manque des couleurs /

Je suis nu dans la ville / étranger à moi-même /

Le jour s’évapore /

A l’absence de vagues / la mer ne sert à rien /

Mais j’existe / j’écoute Mozart / des notes qui s’aiment /

Viendra plus tard le temps des requiem /

Lors les drapeaux repliés ensanglantés /

La testostérone retombée des bombant le torse /

On comptabilisera les morts les amputés les orphelins /

Une pluie de médailles sur le bois laqué /

Enchantera La Marseillaise…

Nous promènerons dans un pays sans larme / Mais je ne sais pas l’heure /

Ni le jour la saison / Tout est incertain / Sauf la lucidité

2015 copyright – patrick pérez sécheret.

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