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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Meilleurs voeux 2016

Publié le 29 Décembre 2015 par ruraledeprose

Meilleurs voeux 2016

Bonne année sincère, souhaits de bonheur, de prospérité, que cette année nouvelle vous apporte bonheur et félicité, qu’elle vous protège et protège votre famille, vos proches, vos amis, du danger, du terrorisme, des guerres, des virus, des changements climatiques…

Je n’ai pas le cœur à la carte de vœux, ni à l’épandage d’idées qui pourraient faire que ma colère fasse bonne figure et des cursives bien formées et poétiques in-octavo. Je ne m’en excuse pas. N’allez pas croire que je sois assailli par le désespoir ou la crainte, et surtout pas la peur ni la honte de mon pays. Encore moins une idée d’oublier mes amis et de jouer les trouble-fêtes par de prétentieuses paroles. Mais la saison est plutôt à l’alarme pour ne pas passer du tocsin au glas, du présumé coupable à la victime.

A l’heure où je vis, dans un monde bouleversé par les conflits et les guerres, dans un pays où le pouvoir politique décrète des mesures liberticides instaurées par un état d’urgence devenu état d’exception, décrète des dérogations à l’Etat de droit comme il n’en fut pas depuis Pétain et Vichy, avec la déchéance de nationalité (imposée alors aux français de confession juive), je ne peux pas me taire en m’adressant à ceux que j’aime et que je respecte.

Je ne peux pas me réjouir du Nouvel an. Déchoir de la nationalité française est une atteinte intolérable à la République et au droit du sol, à l’égalité des citoyens : c’est un acte autoritaire exigé par les fascistes. A qui fera-t-on croire que cette déchéance de nationalité va perturber tout terroriste en puissance et l’empêcher de passer à l’acte nihiliste ? Le fanatique n’a pas de nation mais une haine destructrice, le visage même de toute absence de conscience humaine.

Les pouvoirs discrétionnaires dont s’attribue le pouvoir exécutif en France banalise l’état d’exception, l’atteinte permanente aux libertés fondamentales et aux droits des personnes sans contrôle de l’autorité judiciaire (interdiction de rassemblement ou de manifestation, perquisitions de domiciles d’automobiles, saisies administratives, gardes à vue prolongées, contrôle d’identité sans nécessité –autant dire au faciès- écoutes téléphoniques généralisées…), sans recours juridique possible des bévues devant la Cour européenne des droits de l’homme* !

Cela est le fait d’un monarque présidentiel qui applique des mesures sécuritaires demandées par un parti fasciste, le FN, mesures que rien ne justifie au regard des dispositions sécuritaires déjà permises par la Constitution et la Loi.

En fait, le monarque président, menteur et hâbleur, ampute la démocratie et veut constitutionnaliser sa gestion d’un état de crise, qu’il entretient et aggrave par l’austérité, en se dotant des moyens d’un régime d’exception permanent qui lui conférera tous les abus de pouvoir possibles y compris contre la société civile, les mouvements sociaux. Comme le titrait Libération, pour Hollande, c’est une déchéance de crédibilité politique et morale.

Alors, j’invite chacune et chacun, en conscience, à se mobiliser dans les formes qu’il voudra pour que notre pays ne s’engage pas dans la voie de l’autoritarisme d’Etat qui, toujours, conduit, aux pires excès, à la réduction de toutes les valeurs républicaines, à la négation de l’être humain pour des raisons d’Etat, de coup d’Etat.

Bonne année, meilleurs vœux à toutes celles et tous ceux qui entrent en résistance par humanité, quelques soient leurs convictions philosophiques ou religieuses, leur couleur de peau, leur origine.

Soyons dignes de notre pays, de sa diversité et unis face aux menaces intérieures et extérieures qui pèsent sur les libertés publiques et privées. La seule façon de conjurer l’obscurité populiste et fasciste repose dans cette union des solidarités.

Je nous souhaite donc une année de sûreté** pour les biens et les personnes dans la démocratie et l’exercice des libertés fondamentales, une année de fraternité et, si possible de poésie, car il faut nous cultiver l’imaginaire et l’utopie sur le terreau des réalités pour que le monde soit et demeure humain.

Patrick Pérez Sécheret

Paris-Vitry, 29 décembre 2015.

* La France a demandé la suspension de la convention qui la lie au droit européen en matière des droits de l’homme.

** Je préfère ce mot républicain à celui de sécurité.

145 Avenue Paul Vaillant-Couturier, appart 3053 – 94400 Vitry-sur-Seine - France

Tél. 06 17 09 84 37 – Courriel : p.perezsecheret@free.fr – blog : perez-secheret.over-blog.com

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Manifeste progressiste, humaniste et républicain

Publié le 23 Décembre 2015 par ruraledeprose

Manifeste progressiste, humaniste et républicain

L’heure n’est pas à un rassemblement contre nature entre la gauche et la droite. L’heure est au renouveau républicain avec toutes les forces de progrès, hors des partis traditionnels, pour constituer une alternative au libéralisme totalisant, au tout marché, au fachisme et à toutes ses formes populistes, au pouvoir en général.

Cela semble possible sur un socle de mesures à minima, un socle audible, crédible, sur lequel il serait possible rapidement d’infléchir l’austérité et la paupérisation des populations notamment hors les métropoles et dans les ghettos de celles-ci. Six engagements citoyens seraient au moins nécessaires pour un consensus de transformation sociale et politique.

1 - La nationalisation ou étatisation de grands moyens de production de biens et de services est le premier acte concret pour répondre aux besoins en matière de soins, de santé, d’éducation et de formation, de transports terrestres, maritimes et aériens, de logements diversifiés, de recherche et d’énergies, de banques, la gestion paritaire du système des retraites et des assurances sociales et familiales.

2 - La restitution de l’Etat de droit sur l’état d’urgence, du droit sur toute opération de police sans contrôle juridique, en dotant de moyens nouveaux nécessaires la police et la justice.

3 - Le troisième est la dénucléarisation de notre économie, le bannissement des énergies fossiles par un essor sans précédent des énergies renouvelables et propres, créatrices d’emplois, de renoncer à la fabrication et à la vente d’armes et d’appareils de destruction massive, à la bombe atomique, de stopper toute aventure militaire sous contrôle de l’ONU et du droit international.

4 - La quatrième est de réinvestir dans la sûreté des biens et des personnes par la ré-humanisation professionnelle des stations de métro et de trains (pour en finir avec des formes inhumaines d’automatisation d’espaces publics), le gardiennage des immeubles, la police de voirie, le service militaire de circonscription pour pallier notamment aux inégalités d’accès à l’éducation, à la culture dans nos territoires et pour promouvoir les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, de bien vivre ensemble.

5 - L’instauration d’un impôt universel unique sur l’ensemble de toutes les ressources et revenus de chacun en proportion de ceux-ci, l’unification du système d’aides sociales avec un revenu garanti de dignité pour tout citoyen privé d’activité ou handicapé, avec une astreinte d’utilité publique (étendue aux détenus et aux demandeurs d’asile politique ou climatique). Et, parallèlement la fixation d’un seuil maximal pour le plus haut salaire, une taxation des profits spéculatifs et financiers (notamment sur les découverts bancaires, les paradis fiscaux), l’incitation à l’investissement productif écologique de courte distance et d’intérêt général. Cela tout en réduisant l’obsolescence des produits de notre consommation et donc les déchets polluants.

6 - La refondation de la démocratie et de la république par l’instauration du vote à la proportionnelle intégrale, l’interdiction de tout cumul de mandat, la limitation à deux consécutifs (hors l’élection présidentielle ramenée à 7 ans et à un seul mandat et approuvée par 2/3 du parlement réuni en Congrès), la suppression du Sénat, la révocabilité possible par saisine citoyenne pour les élus qui ne tiennent pas les engagements pris devant les électeurs. La fixation d’un seuil de votants par rapport aux inscrits pour être élu semble aussi possible, de même la validité du vote blanc.

L’union citoyenne nécessaire pour l’application à minima de ces mesures oblige à créer une ou des associations de citoyens en dehors des appareils politiques traditionnels, en appui sur les seules valeurs de l’humanisme, de la protection de la planète, du respect humain mutuel, du dialogue, de la laïcité, de la République une et indivisible dans une Europe de paix et de peuples souverains.

Bien sûr d’autres idées ou propositions peuvent être formulées mais ayons méfiance dans un catalogue exhaustif qui n’aurait pour effet que de dresser des fronts contres des fronts, de continuer de désunir au lieu de rassembler. Personne ne fera table rase du passé ni du présent sauf des barbares si nous laissons ou laissions faire.

En lieu et place des discours stériles, des écuries partisanes, nous devons proclamer l’insurrection de la fraternité par un mouvement progressiste républicain communaliste et humaniste rompant tout rapport avec les idéologies totalitaires qui ont su instrumentaliser le socialisme fusse-t-il national pour instaurer des sociétés liberticides et mortifères. Et donc aussi avec l’idéologie capitaliste mondialisée qui s’y apparente aujourd’hui dans toutes ses formes de gouvernance soumises au seul marché, à la concurrence sauvage entre les hommes et les territoires, et qui continuent de détruire la planète en préparant l’étape fachiste lui permettant de conserver le pouvoir.

Un mouvement d’espoir contre la démagogie et l’inertie politique qui poussent les jeunes générations dans un mur et vers les pires tentations d’aventures identitaires parce que capitalisme et socialisme ont partout échoué et que le rêve est absent de notre société.

Un mouvement populaire où chacun compte dans la décision sans pouvoir d’évincement du débat contradictoire dans le respect éthique des engagements du mouvement pour transformer la société capitaliste mondialisée en société mixte, respectant les opinions philosophiques et religieuses de chacun, leur expression, les libertés fondamentales dans la laïcité.

Ce mouvement est possible si nous sommes capables d’ouvrir un chemin commun hors les sentiers rebattus des partis politiques traditionnels en faillite. Un mouvement vraiment politique qui s’occupe de la Cité et des gens qui y vivent et apporte des réponses aux besoins d’aujourd’hui dans des formes efficaces. Là est l’urgence de la mise en commun.

Pour ce faire ouvrons partout des lieux de paroles et construisons le consensus nécessaire à une alternative de progrès pour notre pays.

Patrick Pérez Sécheret – copyright 22 décembre 2015*.

(*22 décembre est le 2e jour de Nivôse dans le calendrier républicain français dit jour de la Houille donc de l’énergie…)

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Gaston Viens : mort d’un ami sincère et souvenirs d'une adolescence à Orly…

Publié le 22 Décembre 2015 par ruraledeprose

Nous parlions de toi Gaston il y a deux jours avec Marie-Josèphe Barron, qui fut ton adjointe à la jeunesse lors de ton premier mandat de maire en 1965. Il est drôle que nous soyons restés amis depuis tout ce temps. Avec Marie-Jo (comme tu l’avais rebaptisée), qui fut mon professeur de français au collège Chérioux sur le plateau de Vitry, et qui habite Ivry, avec toi que j’ai croisé quelques fois et notamment en 2005 alors que j’avais pris ma fonction de Directeur de Cabinet à la mairie de Vitry-sur-Seine. Tu songeais à partir dorénavant davantage en vacances dans ta Provence…

Tu m’as invité à visiter la nouvelle mairie, à cheval entre l’ancien bourg et la ville nouvelle où j’ai habité de 1964 à 1972, dans le grand ensemble des aviateurs, place Saint-Exupéry, aujourd’hui rénové. Je venais de Paris, du 13e arrondissement où nous logions dans un petit appartement de deux pièces avec mon frère et mes parents. Je n’étais pas revenu à Orly depuis 1975 et quand j’y reviens c’est pour parler un peu à mes parents qui dorment au cimetière nouveau…

Ta mort Gaston réveille en moi beaucoup de souvenirs de mon adolescence où tu es présent avec ta générosité et ta simplicité. Tu aimais les gens, les gens t’aimaient. Et surtout, tu avais confiance dans la jeunesse. Comme tu l’as dit dans un entretien que m’a rapporté Marie-Jo, alors que l’on te demandait comment tu avais pu tenir devant la porte d’un four crématoire à Buchenwald à 20 ans, tu répondis avec un rictus « c’était ma jeunesse ». Oui, tu connus les camps de la Mort après d’être engagé dans la Résistance dès 1941. Tu participas ensuite à l’insurrection avec les FTP.

A la mort de ma mère, en 1965, tu étais le Maire de la Ville d’Orly et tu le restas 44 ans. Cela t’a permis d’avoir une vision urbaine audacieuse et de « recoudre » les deux Orly. Tu étais l’ami de ma famille rétrécie et d’une grande commune naissante. Avec Marie-Jo, vous m’avez protégé plus que surveillé, suivi dans mon parcours scolaire, prêté des livres d’histoire et de poésie. J’aurai pu devenir un petit voleur de mobylette…

Mais j’ai beaucoup lu et réfléchi grâce à vous et fréquenté très tôt la maison des jeunes et de la culture des Saules, fait du théâtre et commencé à écrire sur les conseils de mon professeur de mime. J’ai vécu à 17 ans, les événements de 1968 comme lycéen à Vitry et je lisais beaucoup de poésies et de livres politiques (Marx avec surtout La Guerre civile en France, Gramsci, Guevara, Jaurès, St-Just) et je trouvais dans l’ouvrage du PCF «Pour une avancée démocratique vers le socialisme», les repères pour mon engagement dans le combat de la gauche. Je participais à la création de l’union des comités d’action lycéens et au lycée de Vitry j’en animais un.

En 1969, tu es venu nous sortir du commissariat de Choisy où nous avions été arrêtés par la police alors que nous collions des affiches pour la Paix au Vietnam ! La police fut assez étonnée de voir débarqué en personne de nuit le 1er président du Conseil Général ! Comme mon père mort en 1964 et Poilu de 14-18, j’étais pacifiste et je me sentais communiste. Je t’en parlais en disant mon intention d’adhérer au PCF. J’avais 18 ans. Tu me remis ma carte avec le camarade Debarros dont je ne me souviens plus du prénom.

Le temps a passé. Début des années soixante-dix, je suis entré à l’université Sorbonne 3 à l’IET avant de me former comme journaliste au CFPJ. Marie-Jo quitta le PCF. Tu lui avais dit récemment qu’elle avait eu raison avant toi… Je fis de même après 1977 sur la pointe des pieds comme beaucoup d’autres camarades. Tu en fus exclu en 1989. Mais lorsque tu quittes ta fonction de maire en mars 2009, tout le monde te porte aux nues, tous les maires communistes sont présents en mairie d’Orly pour ce départ lors d’une cérémonie. Les uns me confient que tu avais eu raison avant d’autres et que ta désobéissance politique avait été courageuse.

Voilà ce que me dicte l’émotion après ta disparition hier au soir de la scène humaine même si je te savais souffrant depuis l’été dernier. Marie-Jo devait aller te voir, elle regrette.

Je témoigne ici de ton exemple d’homme politique intègre au service des autres, bien sûr ceux du monde du travail et les plus démunis, mais de toute la population de ta ville d’Orly que tu as profondément aimée et que tu as servie sans relâche avec obstination. Un bel exemple de dévouement à la chose publique dans la rigueur de nos valeurs républicaines et solidaires, avec un enthousiasme à tout crin mais aussi un sacré caractère chaleureux mais parfois coléreux…

A chacune de nos rencontres, ce qui me marquait était que tu t’adressais à moi avec affection comme si on s’était vu la veille en me disant « Alors Pérez, ça va bien», avec ton sourire et ton accent. Ce n’était en rien péjoratif. J’ai grandi en te croisant souvent dans cette cité d’Orly où nous habitions tous deux de mêmes immeubles qui étaient splendides avec de larges pièces et de grandes loggias. Tout était neuf mais la mairie était dans le bourg après le Fer à cheval où il y avait encore des champs. Lorsque l’on s’y rendait en petite bande on avait l’impression dans le parc de la mairie d’être à la campagne comme en bord de Seine à hauteur de Choisy je crois. Mais, je parle trop de moi…

Tu vas demeurer dans le cœur de beaucoup de gens qui t’ont connu, apprécié et même parfois de droite, sans doute pour ta droiture et ton respect d’autrui. Tu auras demain tous les hommages sincères que ta vie entière mérite. Et cela précisément à un moment sombre pour notre pays où un parti d’extrême-droite mobilise tant d’électeurs… Le combat continue inlassablement.

Tu resteras en ma mémoire avec ces images de ta jeunesse insoumise dans la Résistance, au camp de Bukenwald, puis dans ta vie d’homme publique fraternel, d’homme politique ne renonçant jamais à faire appel à sa conscience, à l’homme simplement humain que tu fus toute ta vie. Merci Gaston.

L’ami « Pérez »

NB : je renvoie ici à notamment deux documents vidéo à voir et écouter (en ligne) où Gaston Viens témoigne de sa jeunesse et de la Résistance :

- Trajectoire d’un pionnier du Val-de-Marne de Thierry Casamayor, 2013, Archives départementales 94.

- Témoignage de Gaston Viens résistant déporté politique à Buchenwald, film du CNDP, rencontres sur le thème « résister dans les camps nazis », 2012.

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Sans Titre

Publié le 22 Décembre 2015 par ruraledeprose

Sans Titre

Chacun est dans sa vie un assaut au malheur un désir de bonheur en sursaut inouï

[On a vu des peuplades soulever des montagnes croire le rouge sur la vague vous donner l’accolade On a vu de simples gens devenir des héros résister à la haine]

On a vu tant de choses que nos silences en sont bruissant

L’arbre à paroles a le mal de mer nos sentiments l’odeur d’encens

[Chacun fait son destin approche quelque Dieu sauveteur il ne reste que la couleur du sort]

On veut croire encore le soleil venir de l’intérieur de soi se frotter aux autres telle l’abeille à la fleur

Il n’y a pas de fenêtre sur l’azur de nous-mêmes

Mais les salves de poèmes à monter sur des tables devant d’assoupis prêtres

Chacun à son fil sur lequel il vogue à façon de lueurs qui s’éteignent lentement

L’amour saigne de ne pouvoir être sa propre vague éternelle

[On a vu sourire le monde l’espoir affiché ses drapeaux rouges et noirs parfois au fond de l’onde

Mais dans les puits aucune vérité ne bouge]

Chacun est dans sa vie commune quelque chose de profondément humain un bégaiement

à tendre les mains

On va pouvoir certes s’étendre un beau soir parmi les luzernes le souvenir du tendre

revêtu du linceul de notre orgueil en berne

[Nos souvenirs font ce qu’ils peuvent]

Mais il n’est pas encore temps L’espoir à des frémissements légers Le monde n’est pas qu’un casino

L’amour du prochain n’est en rien un salaud Il peut demain faire toujours plus beau

17 décembre 2015 – copyright - patrick pérez sécheret.

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L'Art, les artistes en Etat d'urgence

Publié le 21 Décembre 2015 par ruraledeprose

L’art se trouve parfois confronté à la montée de l’autoritarisme qui conduit parfois à la barbarie. Et cela parce que le peuple a peur et qu’à sa peur (des autres, des terroristes aujourd’hui) la réponse d’Etat est l’état d’exception au droit, la réduction des libertés fondamentales.

L’art ne doit pas servir cette peur ni cet Etat. L’artiste ne doit en rien le servir, s’asservir. Il doit créer, donner à voir, confronter sa visée de la réalité et de l’utopie, imaginer, résister sous toutes les formes au déclin de la pensée.

L’art est positif par essence et progressiste. Il exprime l’intime conscience humaine. Il ne doit rien céder de sa liberté d’expression qui est aussi sa liberté d’opinion et de création car, alors, il se dégénère. En répondant à des normes totalitaires du beau et du laid, il fabriquera alors des œuvres de commande au service d’un pouvoir d’oppression. Il basculera dans la barbarie à quelque degré qu’elle soit par une servilité stérilisante.

Cette servilité dans l’art est représentée par de créateurs en général aigris, non considérés ou refoulés, sans succès, mais pas seulement. Certains, dans l’exaltation d’une pureté raciale ou idéologique, dans l’exultation d’un homme nouveau supérieur, choisiront l’élégie aux nouveaux maîtres, l’apologie du nouveau règne et accepteront d’être promus par leur soumission, par pur ego, persuadés de leur talent. Ils ont alors perdu leur conscience humaine et cédé à la peur collective qui les érige artistes officiels et serviteurs d’une caste dirigeante.

L’art est toujours un état d’urgence de dire, d’exprimer. Une peinture, une sculpture, une photographie, un écrit, ne sont jamais neutre. Toute création de l’esprit, par le geste et l’outil qui le prolongent autant qu’ils participent à la création de l’œuvre elle-même, ne peut être libre sans une inconditionnelle foi en l’Humanité avec laquelle l’œuvre dialogue sans cesse et qui pour finir lui est destinée dans sa matérialité ou spiritualité.

Pour demeurer libres, n’ayons pas peur, faisons reculer la peur qui annihile toute capacité de jugement personnel et rapproche ainsi l’homme de son animalité enfouie, l’autre devenant l’ennemi, la future victime. Ne renonçons jamais aux valeurs humanistes et opposons la création à l’autorité intrinsèquement.

Pour ma part, j’essaie de répondre à la terreur de la peur du lendemain existante. Non seulement par la dénonciation des causes -qui ne sont pas que sociales d’ailleurs et dont nous subissons les conséquences- mais aussi, face à la peur de l’autre, l’ennemi désigné ou fabriqué, le bouc-émissaire commode pour masquer l’action politique de l’Etat, par une écriture d’espoir, de lucidité, constructive. J’essaie de répondre à ce qui est et ce qui vient.

En cela, je crois, il ne faut laisser aucun effort de côté, ne pas faire le gros dos en attendant que l’orage passe et que les décombres se soient installés. L’art ne peut être pessimiste.

Il faut sourire à la vie et aux autres, nos semblables, faire preuve de solidarité et d’écoute, de persuasion, de pédagogie, encourager la prise de parole, dialoguer, ouvrir de nouveaux espaces de réflexion et de partage.

Car en toute lucidité, nous croyons en l’homme mais nous savons, toute l’histoire l’enseigne, de quoi il est capable, hier et aujourd’hui, dès que les conditions sont réunies.

Aucun artiste, aucun intellectuel ne doit démissionner face à la montée de l’épouvante oppression et soumission des esprits et des corps qui s’annonce, qui progresse et qu’il faut dénoncer et combattre.

L’art, la création, la culture sous toutes ses formes, peuvent et doivent prétendre à cela, dans l’adversité d’aujourd’hui, sous peine d’aider au recul du savoir déjà en cours, de la connaissance, au recul de la culture face au limon rampant et obscène de l’autoritarisme pouvant ouvrir les portes à l’intolérable, à l’odieux, à la sauvagerie sans nom même.

Patrick Pérez Sécheret – copyright 21 décembre 2015.

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Le poète n'est jamais seul

Publié le 16 Décembre 2015 par ruraledeprose

Le poète n'est jamais seul

Le poète n’est jamais seul parmi les sentes. Il marche, peuple de mots en sourdine.

Il ne pense pas le monde mais le sent frémir orange étrange qui dégouline

de l’odeur de sous-bois, lente et feutrée d’espaces d’ombre acidulés.

Le poète n’est jamais seul parmi les ruines,

il compose de la liberté sur les herbes et le sable et le chiendent fleuri.

Il marche et s’éveillent au prélude des paysages comme des racines en accolade.

Il donne son amitié comme le vers est donné.

Le poète n’a pas un mais cent mille camarades, des prairies affolées de lupins,

des cerisiers, des champs de blé, immense paume d’or foudroyée,

par le vent qui lui fait la tête courbée, chevelure d’amour où se pose l’horizon

d’une bleuitée tendre au levant carminé.

Le poète n’est jamais seul parmi les inconnus, seule la peur est aigrie

là où des cœurs se fanent.

S’il perd un ami au chemin des jours, le poète n’est pas triste.

ni désabusé, juste un peu humilié.

Ce qui a été fait est simplement une défaite, une ardoise soldée

sur la margelle des vanités.

Tout finit par passer les cendres des uns aux autres éparpillées

à l’infini du rien.

La mort attestera des rendez-vous manqués,

la confusion de l’orgueil en son suaire inutile.

Le poète est de l’humanité juste un crayon qui tremble,

un tutoiement de la lune pour spiritualité.

16 décembre 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

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Régionales 1er tour : un relent nauséabond progresse

Publié le 7 Décembre 2015 par ruraledeprose

Régionales 1er tour : un relent nauséabond progresse

Une chose l’autre, 50% d’abstentions signifie, lors de ce premier tour des régionales, que nombre d’électeurs n’attendaient rien du verdict des urnes, et donc des partis en présence, pour voir quelque chose changer dans leur vie quotidienne. L’autre chose est que nombre d’électeurs ont choisi le Front national par défaut pour dire haut et fort la même chose avec en plus un besoin d’exutoire en matière de sécurité et d’immigration avec les relents raciaux que cela suppose.

Que la droite (LR et UDI) soit au coude à coude avec le FN (27,25 % contre 27, 73% pour ce dernier) n’étonne pas. La France n’a jamais été de gauche majoritairement, on le sait et Mitterrand et Hollande, ont juste tiré à eux une marge de droite moins réactionnaire et conservatrice que l’ensemble de celle-ci. Mais la droite aujourd’hui est autant disqualifiée que le PS. Elle reste quand même à l’étiage du scrutin 2010 des régionales. Le FN a donc mordu sur l’électorat de gauche. Le PS a 23,43 % s’en sort bien, sans doute en raison d’un réflexe des électeurs de gauche qui ont déserté le Front de gauche et les Verts pour une union face au danger de droite et surtout d’extrême droite.

Bref, c’est un échec pour la gauche d’alternative inaudible et illisible et pour le PS, parti du président qui a renié ses engagements. Les droites totalisent 31% et la gauche 34,10%. La gauche comme l’a dit, non sans rire, Stéphane Le Foll est « le premier parti de France ». Oui si l’on « mélange les torchons et les serviettes, les généraux et les poètes… »

En Ile de France avec 63, 9% d’abstentions, la Droite (LR, DLR, UDI) réalise 37,10 %, le PS 25,9 et le FN 18,41 % loin devant les Verts 8% et le Front de gauche 6,6%. La gauche alternative atteint tout de même 16% (Verts, FG et LO). La gauche qui représente 40% peut conserver la région mais cela dépendra du report des voix de ses forces, du sursaut des abstentionnistes de gauche tout autant que du report de voix sur la Droite via le FN, la porosité en ce domaine n’étant hélas plus à démontrer. La fusion des listes de gauche est la moins pire solution pour ne pas donner la région à la Droite, quitte à dérouter des électeurs qui rejettent le parti du président pour sa politique d’austérité très droitière...

A Vitry-sur-Seine, le PS réalise 25, 17%, 22, 44% pour le Front de gauche et 7,62 % pour les Verts. Globalement, la gauche est à 57,23%, la Droite à 20,75% et le FN à 18,47%.

Les résultats nationaux démontrent la division de la gauche et de la gauche alternative, une progression inquiétante du vote FN et en tout cas un rejet des politiques menées par le parti du président actuel et un refus de blanc-seing au parti de l’ancien président. Le Front de gauche avec un score national de 4% démontre quant à lui qu’il ne fédère que des partisans de ses composantes si généreuses soient-elles, mais ne parvient pas à convaincre les électeurs de sa capacité à produire le changement, à le rendre crédible.

Mais il y a une grande réserve de voix citoyennes muette. Les pourcentages des élections sont donnés par rapport aux votants et non aux inscrits sur les listes, en capacité de voter, et cela relativise le poids réel du FN dans l’hexagone même si bien évidemment son score est intolérable et le place en tête des formations politiques.

En tout cas la démocratie représentée par les partis traditionnels ne fait plus recette. Pour l’heure, faute d’interdire un parti fasciste et raciste, englué dans les affaires et dont nombre de dirigeants ont maille à partir avec la justice, il faut le combattre par les urnes. Le vote FN n’est pas cependant qu’un signe de détresse mais aussi le relent nauséabond d’une France de droite et d’extrême-droite traditionnelle, chauvine et raciste, une France des boucs émissaires, de la rancœur, des revanches personnelles sur la société en mutation dans un monde bouleversé. Le FN est un parti qui tue la conscience de l’homme.

(Peinture de Jean-Jacques Laigre, copy-right 2015)

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Laissons de notre coeur ouvertes les fenêtres…

Publié le 2 Décembre 2015 par ruraledeprose

Laissons de notre coeur ouvertes les fenêtres…

Il fait ce temps à se fiche dans les fossés ou à se cloîtrer, à se taire. Certes, certes, le vin que l’on verse pour oublier ce temps endeuillé de tristesse et de désillusion, ce vin âpre de déliaison, ce vin qui a la couleur du sang, une odeur de poudre à canon, certes… Des amis s’éloignent, certains retournent leur veste, certains deviennent tricoloristes, à même de confondre la peur avec la haine, causes et conséquences. Certes, certes… Il faut éradiquer les terroristes mais aussi déchirer les voiles d’ivresse patrouillotique. Il faut croire de l’amour possible la venue fraternelle, oser marcher dans la rue debout, ne pas céder à la petite musique sécuritaire qui transforme nos rêves en ennemis, refuser d’être un NOUS qui disloque le je tu il, le mot frère, ne pas céder à la sempiternelle musique, à sa rengaine qui toujours nous appelle à l’urgence de l’union sacrée de la patrie, à faire la guerre, en nous menant telles brebis consentantes de leur plein gré à un régime autoritaire où l'insécurité les prive de libertés.

Laissons de notre coeur ouvertes les fenêtres!

Copyright 2015 – pps.

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Journalistes, avocats… menacés de mort en Turquie !

Publié le 1 Décembre 2015 par ruraledeprose

Journalistes, avocats… menacés de mort en Turquie !

L’assassinat du bâtonnier avocat Tahir Elçi samedi dernier pour avoir usé de son droit et de sa liberté d’expression et d’opinion, ceux de la presse (les peines infligées aux journalistes vont jusqu’à 40 ans de prison !), s’ajoute à la longue liste des répressions en Turquie. En procès, il pouvait être condamné à 7 années de prison, son assassinat semble mettre fin au débat. Erdogan muselle totalement le pays, interdit des journaux, ferme des chaines d’information, assassine. La Turquie est un Etat d’exception aujourd’hui où les droits de l’homme sont bafoués. La solidarité avec son peuple, avec l’ensemble des voix progressistes ne doit pas faiblir et l’éventuel rapprochement de ce pays avec l’Union européenne ne doit pas devenir un épouvantail pour éloigner ce peuple des chances que l’Europe apporterait notamment pour la Turquie dans le domaine des libertés et du droit qui, en fin de compte, devraient être respectés pour rendre cette intégration possible. Ne rejetons pas le peuple turc dans les bras de l’intégrisme, dans l’enfermement dictatorial.

Photo du poète Nâzim Hikmet.

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