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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Vous avez dit : sortir de l'impasse...

Publié le 25 Février 2016 par ruraledeprose

Vous avez dit : sortir de l'impasse...

L’appel lancé par Martine Aubry est juste mais tardif et se garde bien d’avancer des solutions alternatives aux politiques du gouvernement actuel. Il me semble une tentative de mieux de sauvetage du parti socialiste moribond cloué sur place par la démagogie, la brutalité gouvernementales. Sauvons les meubles, ce qu’il reste encore de la social-démocratie libérale, avant la faillite totale électorale et morale, semble donc être le credo de cet appel pathétique mais bien venu pour la gauche.

Pour ma part, avec déjà des milliers de citoyens, nous prenons la route du renouveau à gauche avec Jean-Luc Mélenchon, sans illusion excessive ni approbation totale, afin que la France insoumise qui ne détient pas de mandat ni d’écurie présidentielle et qui souffre, puisse donner de la voix avant de donner des voix rassemblées à celui qui peut incarner la gauche et ses valeurs progressistes et solidaires, un sursaut du peuple de France.

Il y a de la place dans ce rassemblement pour tous ceux qui n’ont pas attendu le pire pour dénoncer les politiques de droite de Hollande-Valls, pour tous ceux qui le font même tardivement…

L’élection présidentielle n’est pas un loto, ni un PMU (dixit JLM) où s’affronteraient les écuries, mais une réelle possibilité de rassemblement, d’union des forces de gauche de progrès et républicaines dans leur diversité, au-delà de la traditionnelle union de la gauche ou des gauches qui a fait chou blanc de tous ses petits arrangements électoraux à la carte.

Pour sortir de l’impasse à gauche (la porte à droite comme chantait Ferrat), il faut tracer un chemin dans la clarté et en rupture avec les anciennes voiries aveugles et qui débouchent sur le chaos social, culturel, économique et écologique.

Sans attendre rien de primaires d’initiés, pour sortir de l’impasse, sans arrière-pensée, sans regret, pour ma part, je m’engage dès à présent pour 2017 et je soutiens la candidature de Mélenchon.

Patrick Pérez Sécheret

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25 février 1956 , il y a 60 ans, le PC de l’URSS dénonce les crimes de Staline

Publié le 24 Février 2016 par ruraledeprose

Triste mortuaire anniversaire demain donc pour le mot communiste et ce qui se fit, s’est fait en son nom au 20e siècle.

Depuis cette époque, et jusqu’à la dernière décennie du 20e siècle, avec la chute du mur de Berlin, nombre de ceux qui se réclament du mot, du nom communiste, de son rêve utopique, ce qu’il fut fait au nom de ce mot, de l’idéologie communiste en URSS et ailleurs, pensaient que l’on pourrait quand même avancer vers ce rêve et convaincre qu’il fallait le réaliser.

A degrés divers, les régimes totalitaires du bloc de l’Est, ont dénaturé l’esprit communaliste. Nombreux ont voulu croire que le socialisme pouvait être démocratique, notamment en France dans les années soixante, que les déviations commises à l’Est n’étaient pas admissibles voir condamnables, totalement condamnables. Pourtant, le secrétaire général du PCF déclara globalement positif le bilan de l’URSS, approuvait l’intervention soviétique en Afghanistan…

Nous avons été nombreux à tenter de modifier à la fois les modalités du fonctionnement vertical dans le parti, de faire tout le bilan de l’horreur soviétique bien avant même qu'elle ne s’effondre, tenté même de changer ce nom de parti pour qu’il puisse continuer le rêve jusqu’alors utopique et peut être pouvoir le réaliser et qu’il se débarrasse du poids d’un passé abominable engagé sur ce mot de communiste. En vain. Et, tous les progrès sociaux acquis par les luttes notamment impulsées par les communistes, partout dans le monde, ne suffisent pas à effacer l’horreur commise au nom du mot communisme.

Et des millions de morts sont derrière nous, ceux du communisme et ceux du nazisme, et d’autres millions de morts face à nous et devant nous partout dans le monde en proie aux conflits, aux guerres, aux dérèglements climatiques... Des empires s’effondrent, d’autres naissent sur les cendres, les larmes et le sang des hommes au nom d’idéologies ou de systèmes politiques.

Nombre d’entre nous ont quitté le parti ou en furent exclus. Certains y sont même revenus un temps d’embellie avec Robert Hue. Mais, l’appareil, malgré des éclaircissements n’aura pas pu convaincre et, d’élections en élections, aura perdu l’occasion de sa transformation et ses électeurs.

Demeurer communiste demeure un fardeau au regard de l’histoire du 20e siècle et nous n’y pouvons rien. Il faut inventer un autre mot de combat contre toutes les aliénations, toutes les exploitations, toutes les soumissions. En serons-nous capables, communistes en carte ou non ? Là est la question du présent, l’enjeu pour notre humanité.

Après le rêve trahi, la lucidité nous demande de ne pas renoncer au chemin du progrès et d’une extension des libertés des peuples. Sans quoi, il n’y aura plus de rêve mais la jungle promise par la pensée unique et sa machine à formater et à broyer les peuples pour l’accaparement sans fin d’une minorité de nantis soutenus par des démagogues valets politiques, des Etats pseudo-démocratiques, théocratiques même pour certains, et qui prétendent défendre LA civilisation qui n’est pourtant qu’un moment de l’Histoire dans la vie des peuples…

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Anakèmi

Publié le 23 Février 2016 par ruraledeprose

La bougie frétille sur la nappe rousse du songe

Les pergolas inventent le marc de camomille

Tout à coup s’éclipsent les clés de voûtes

Anakèmi

Tout à coup le silence étend son foulard d’orange sur la ville

Des badauds somnolent sur les gouttières

Un air de fête éclot sur les toits du futur

Anakèmi

Tout est presque beau apaisé d’éther tout à coup

de patience enhardie aux fronts des exils

Le jour cadence le ciel de chevaux transparents

Anakèmi

La vie vibre véloce volage à pleins poumons

Le bonheur mugit parmi les brumes tardives tout à coup

un printemps neuf en habits d’aurore

Anakèmi

Tout est abouti à l’orage des caresses tout à coup

Le soleil prend son bain de roses fauves

L’enfant est né du sursaut de l’ambre sur l’ombre

Anakèmi

Un prénom éclaire l’odeur blonde des collines

Anakèmi est venu aux murmures tendres

à l’orée de nous connaître éblouir la vie

Anakèmi

Patrick Pérez Sécheret – Copyright février 2016.

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hakunamatata

Publié le 19 Février 2016 par ruraledeprose

hakunamatata

La route ne sera plus tracée l’été reste vert

De la plaine à la jungle des monts au cratère

La terre est rouge ou noire

Ici nous sommes dans le berceau de nos humanités

Les animaux sauvages ont encore un espace de paix

Où l’homme n’est plus un prédateur

Des troupeaux de gnous migrent par milliers

Guidés par les zèbres qui sont leur GPS

Car le gnou n’a pas de mémoire et avoir une mémoire de gnou

Est moins que rien du tout une injure

Dans les herbes de la savane lions et lionnes somnolent

Entre deux tendresses et copulent

Les babouins font de même en grappes de culs rouges

Toute la nature est en sueurs en suints

Sous un ciel sombre gros d’orages et d’étain

Au matin des pistes sont détrempées on s’enlise des heures

A compter un passage d’autruches

Un chacal solitaire

Des marabouts tristes en costume de cérémonie

Une hyène en quête d’une charogne

Un varan guettant une ponte de passereaux

Tout respire l’espace gigantesque du pays

La sauvagerie dans sa beauté d’acacias

De baobabs grandiloquents au tronc creusé par les éléphants

Les petits villages de huttes des Massaïs

Un léopard sur une branche qui repère sa proie dans la prairie

Un élan isolé s’insinue à la pointe de l’horizon

Tout est calme bruissant et odorant

Le temps glisse sur les plaines à petits pas d’oiseaux

Et nous minuscules nous buvons ce nectar du monde

Ce lent reposoir de l’enfance étonnée de voir et d’entendre

La grande symphonie de la nature

Le grand film de l’ivresse primitive encore intacte

Hakuna matata* donc à tout jamais

Hakuna matata…

Copyright 2016 - Patrick Pérez Sécheret.

* Pas de problème en langue kiswahili (Tanzanie)

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Je veux juste aimer à quatre mains

Publié le 3 Février 2016 par ruraledeprose

Je veux juste aimer à quatre mains

Je n’ai pas envie de vivre décousu dans un cache-col ou une veste de rides

Je n’ai pas envie de dormir tranquille Je veux rêver encore un peu

des tulipes noires sur un grand champ de neige

les bigarreaux sur un drap d’insolence

le goût de vivre en partance au seuil de vivre l’obsolescence

Je n’ai pas envie de courir pour un train sur des feuilles d’averse et de souvenirs

de soigner mes larmes aux rivières de l’ennui Je veux rêver encore un peu

le flou susurré des marges de dire

la faim d’un lentement frémir

la soif de l’impudence sur l’étale mer d’Irlande

Je veux juste aimer à quatre mains

Je n’ai pas envie de jours d’après amidonnés de vaisselles en or sur le désir brodées

Je n’ai pas envie de mourir dans un pré Je veux rêver encore un peu

de l’écho rouge de sonnailles infimes

le corps plus léger que légèrement léger

un univers de lèvres apprivoisées en silence

Je n’ai pas envie de rôder dans les bois où les fleurs de printemps ont le mal d’aimer

un ogre affamé complice de leur plaisir Je veux rêver encore un peu

les collines et les landes les chorales d’oiseaux marins

les plumes en symphonie de grêle et d’airain

étranges posthumes souvenances

Je veux juste aimer à quatre mains

Mon cheval d’orgueil tout déboutonné en un ruisseau d’amour aux lents demains

dans les bruyères de l’aube toute effarouchée Je veux rêver encore un peu

des soleils verts et d’étain drapés dans une odeur de rosiers frais

les paumes picorées par les blés le cœur tremblé du tintement des fontaines

la nonchalante nature en suées de brume au seuil du givre des pénitences

Je veux aimer à quatre mains

copyright patrick pérez sécheret 2016.

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