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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

J'ai dit des choses à la lune...

Publié le 8 Juin 2016 par ruraledeprose

J'ai dit des choses à la lune...

J’ai dit des choses à la Lune en berne exténuée de brumes et de cernes

Des choses inconvenantes mine de rien chuchotées lentes

A peine a-t-elle bougé son derrière sans sourire à l’éventaire

De mots gros et violet que je voulais tendrement tourner

La Lune fait ce qu’elle peut suspendue dans l’éther

Ne l’apostrophez pas de notre pauvre terre

Où l’avenir s’écrit en tornades et en braille

Laissons-la sur nos nuits n’être qu’un chapeau de paille…

patrick pérez sécheret - copyright.

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Rien

Publié le 8 Juin 2016 par ruraledeprose

Le soleil tout nu est noir dans des nuages

Il perce un peu juste à pile ou face

Fait son métier

La pluie aussi

Que quémandez de mieux

Sinon des signes de bleu

De chaleur à la nuque

Tout fait ce qu’il peut

Au-delà du raisonné parfois

D’aimer on se tue des nuages

Du soleil des averses

Parfois tout s’éclaire

L’horizon devient Klee

Va savoir Miro

Je ne sais qui

Rien n’est pareil à rien

Il fait beau dedans dehors

On aime on ne sait plus trop

Comment s’habiller

L’azur met son costume

De possible clarté

Le bonheur apparaît de biais

Dans la paume un chemin cabossé

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La Longe sur le cou ou le suicide consumériste et la démocratie autoritaire

Publié le 3 Juin 2016 par ruraledeprose

Peinture originale de Jean Jacques Laigre, copyright.
Peinture originale de Jean Jacques Laigre, copyright.

Dans l’infini troupeau humain il s’insinue parfois une volonté d’indépendance, d’espacement vital, de survie sur l’avalanche des considérations d’un mode de vivre qui vous affecte de son recours systématique à l’obsolescence des objets et à leur consommation. Nous en sommes dehors et dedans donc, attirés par l’étal du neuf, repoussés souvent par le prix coûtant de la chose, mais toujours oscillant entre ce besoin créé d’affichage de modernité et l’irrésistible désir de fuir cette addiction. C’est ainsi que l’on peut choisir de mettre son téléviseur à la poubelle sans en subir aucune privation, aucun manque. On ne sera pas mieux informé pour autant ni au fait d’une actualité fabriquée à partir de messages conçus pour nous formater l’esprit.

Dans ce monde absurde où le virtuel se substitue au réel, les relations, la communication, la rencontre entre les êtres humains, deviennent une équation, une rhétorique du vide. La séduction machinale remplace la parole par un écrit douteux, tricheur, manipulateur à souhait. La vie devient un placebo, une substitution via la technologie, les réseaux. Comment ne pas céder à ce monde qui répond aux solitudes les plus graves, à l’exaspération des vices les plus ignobles, à l’abandon de tout esprit de rébellion.

Nous voici face à la dématérialisation de l’existence humaine : on ne meurt plus, on décède, on s’en va, on n’est pas aveugle mais mal voyant, etc. Le papier est ignoré, la lettre épistolaire juste un coup de fil sur portable, un texto ou au mieux un mail. Il y a encore un peu d’écriture certes mais le résultat de la communication est le néant du dialogue.

De fil en aiguille, le chat devient si étroit que notre cerveau se ramollit, que nos neurones tournent en boucle et confondent nos besoins et nos désirs. Dans le même temps, nous nous éloignons de la démocratie, de ses formes de représentation délégataire car, de scrutin en scrutin, nous vérifions que les engagements ne sont pas tenus, que l’impuissance publique et politique est devenue la règle par soumission au pouvoir de l’argent.

Comme les Canuts, les esclaves de tous les temps, nous sommes tenus en laisse, une longe sur le cou, matés par des systèmes pratiques qui nous dépossèdent peu à peu de toute marge de manœuvre autonome, nous rangent dans des tiroirs sous des étiquettes.

Penser par soi-même devient ainsi un énorme effort que peu d’entre nous accomplisse. On suit les notices, les guides, les conseils des intendants manipulateurs d’opinion, on s’accoutume à ce qu’il n’y ait plus de perspective autre, à ce que les conséquences ne remettent plus jamais en question leurs causes : l’oppression et l’exploitation.

On devient ainsi des moutons, renonçant à nos libertés fondamentales, à notre droit d’intervention citoyenne, obnubilés par le présent, le nôtre, et d’une désinvolture sans pareil pour autrui, ses misères, ses persécutions, ses calvaires. Le tout est de survivre, de s’en sortir, de préserver et de continuer à paraître voir à pérorer sur le fait que tout était mieux avant et pire après… la fin de l’histoire prédisent certains.

Nous devenons alors des citoyens dociles, rebelles non contre un système de fonctionnement de l’économie, de la politique, mais contre les autres devenus ou qui deviennent des boucs émissaires, des responsables des conséquences. Les causes sont laissées de côté et le Capital poursuit son chemin tranquille ou presque…

J’écris ceci car je ne me résous pas à l’abandon de mes frères du monde d’ici et d’à côté. Je ne peux renoncer à cette lutte permanente contre le pouvoir et toutes les formes perfides dont il s’affuble notamment la démocratie vidée de sens dans notre pays, en Europe, par les trahisons, le mensonge, les renoncements à créer, à inventer de nouvelles formes de citoyenneté permettant la solidarité réelle partagée de tous les biens communs aux humains dans la liberté.

Copyright patrick pérez sécheret – 3 juin 2016.

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