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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

drôle de magasin/Haddad

Publié le 5 Octobre 2009 par ruraledeprose in actualité lecture de l'auteur

Drôle de magasin

Hubert Haddad

 

Ce n’est pas à proprement parler un livre ni un magasin des savoirs, ni une sorte d’encyclopédie savante et de force citations. Un roman, peut être, d’un genre nouveau qui nous rapporte des monceaux de vie, des personnages croisés, des sentiments, de l’émotion. Hubert Haddad a l’art et la manière de déposer en vitrine, dans une typographie réhaussée d’images, de dessins, de photographies, un assortiment du monde réel et du monde imaginaire. Le doux mélange a le goût du café-crème sur un vieux zinc, du petit blanc enfilé entre la jetée du filet de pêche sur ce bateau à moteur poussif. Un roman érudit et qui tient aussi de l’Almanach, d’enseignes de réclame, de dictionnaire de personnages du monde des arts et des lettres. Plaisant livre où l’on se promène comme dans un labyrinthe soigneusement agencé, sans véritable issue de secours mais avec opercules, la plume trempée de soleil, de confraternité avec la prouesse de la main dont les êtres humains sont capables pour dire l’univers dans le quel ils demeurent de petits grains de sable utiles et solidaires. Ce livre est une récréation dans la création, dans ses formes d’expression et, bien évidemment, la littérature, la poésie, prennent la part du lion. «La lecture d’une image suffirait presque à nourrir un roman». Daumier est du voyage, Hugo aussi, Gustave Doré et Moreau. Et pour cause, Haddad dit que tout naît de tout, d’un rien même, une image, un froissement de tissu, et qu’il suffit d’écrire pour être un écrivant. Haddad ouvre les portes du jeu, du je et un nous-vous devient dans ces papillonneries un périple éblouissant qui nous mène au poème malais, l’alchimie de Flamel, les lettres de Kafka à Félice.... un transbordage universel, un livre ? Un roman d’amour, un jeu d’adresses. Haddad est finalement peintre et picore dans sa tête, dans ces bibliothèques froides où la vie palpite en sourdine, et nous restitue un mémorial étonnant, un exercice de style magnifique.

                       

Patrick Pérez Sécheret

Le Journal des écritures n°9

Le Nouveau nouveau magasin d’écriture, Hubert Haddad, Zulma éditeur.

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Catherine 05/10/2009 12:07


C'est noté sur mes tablettes pour un prochain achat :)