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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Jeunes allemands anti-nazis de la Rose blanche... à lire.

Publié le 21 Avril 2011 par ruraledeprose

Franz van der Motte publie un petit opuscule relatant la résistance exemplaire de jeunes étudiants allemands de l’Université de Munich dès 1942. Leur histoire est connue notamment depuis le film qui leur fut consacré, relatif à La Rose blanche, nom de leur mouvement. Au fil des pages quelque chose de sublime pour la conscience humaine se dessine face à la barbarie et saute à la gorge. Ces jeunes gens n’étaient pas destinés à leur sort, religieux pour la plupart, ils s’élevaient contre l’indicible ordre racial au nom des valeurs essentielles, de la dignité et d’une morale inébranlable. Ils ont payé de leur vie quelques poignées de tracts et de lettres, appellant à l’insurrection contre le nazisme par tous les moyens. Leur rêve d’un autre monde juste reste indélébile, une conscience morale au-dessus de tout avilissement humain qui ne sépare plus l’homme de l’animal sanglé dans son uniforme, son idéologie criminelle.

 

L’intelligence est au zénith dans l’action, les textes de ces jeunes gens, Sophie et Hans Scholl, leurs amis. Elle nous permet de surmonter de nouveaux temps de barbarie réduisant peu à peu l’homme en esclavage sous mille formes d’appauvrissement, de concurrence exacerbée entre individus. Hitler n’était pas seul dans sa folie mortifère, une foule d’aveugle avait transformé avec lui l’Allemagne et l’Europe en asile de malades-criminels. La peur, la part du mal qui sommeille en chacun dès que tout s’écroule dans la Cité, ouvrirent le  champ aux atrocités, aux fours crématoires, aux assassinats étatiques. Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui devraient parcourir ce petit livre à propos que publie l’éditeur Les Points sur les i. Le dernier tract de La Rose blanche dit ceci :

 

La honte pèsera sur l’Allemagne. Nous avons grandi dans un Etat où toute expression d’opinions personnelles était impossible. On a essayé dans ces années si importantes pour notre formation, de nous ôter toute personnalité, de nous troubler, de nous empoisonner. Dans un brouillard de phrases vides, on voulait étouffer en nous la pensée individuelle... Liberté et Honneur ! Pendant dix longues années Hitler et ses partisans nous ont rebattu les oreilles de ces deux mots, comme seuls savent le faire des dilettantes qui jettent aux cochons les valeurs les plus hautes d’une Nation...

 

Méditons ces phrases sur l’aujourd’hui, en France même. Nous pouvons y voir nettement que la bête immonde de Brecht reste féconde... car ses mots refleurissent nauséeux, circulent même à l’UMP et dans nos ministères, au café du commerce... La pureté symbolique de la Rose blanche s’entache de ces vomissures sur nos valeurs républicaines. A lire donc à l’aune du présent.

 

Patrick Pérez Sécheret

 

 

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