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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Manifeste du rien sur presque tout du rien tangible

Publié le 23 Septembre 2014 par ruraledeprose

Nous étions avertis des grands saccages potentiels, des barbaries en vue, du chaos des systèmes, de la mort des Etats. Nous avons voté pour de moindres maux, pour gagner du temps pensions-nous. Nous avons assisté aux grands dérapages sémantiques, à la venue du discours vide de sens, à la remise des valeurs universelles dans les fossés de l’histoire moderne. Il ne reste plus rien pour se raccrocher aux branches, à une église même.

 

Nos voisins sont devenus presque des suspects, nos camarades des fonctionnaires, nos rêves des descentes de lit. Tout s’achète et se vend. Voici les temps cadavériques de l’humanisme, la grande diarrhée libérale qui avorte le monde civilisé, les guerres larvées, les otages civiles à nouveau encerclés. Voici venu le temps d'un nouvel esclavagisme réglé par des pontes des grandes écoles et des grands mastodontes économiques. Tout doit être mis en coupe, sous la semelle des profits.

Il n’y a plus de repères, de valeurs susceptibles de charité même chrétienne. Le temps est aux loups, à la meute, à mourir de chagrin ou de faim, de soif et de ne manque d’amour. Ce monde en perdition est le nôtre, et notre insurrection indispensable pour en faire cesser l’ivresse d’abêtissement, de soumission et d’oppression.

Nous avons rêvé et nos songes ont viré au cauchemar, nos idées solidaires ont rapetissé comme peau de chagrin, nos désirs de fraternité ont versé dans un bordel sans nom. La jungle a remplacé le zoo et nos mots sont blessés à mort.

S’il n’y avait pas encore une once d’amour de par le monde on s’auto fusillerait je pense par devoir de réserve ou par prévention. Voici venu le temps du désespoir sans drapeau noir, le temps précarisé où une vie ne vaut rien. Nous avons participé à cette curée avec des idéologies de névrosés, des obéissances consenties, presque indolents à offrir aux bourreaux les outils pour nous soumettre comme des animaux au grand diktat du Capital sans frontière et sans patrie.

Nous voici nus comme venant de naître et face à la tranchée des guerres nouvelles. Rien n’aurait servi à rien, ni la pensée, ni l’amour. Que faut-il faire plus que se taire et se terrer ? La démocratie est tant abaissée que même l’idée de nouvelles institutions paraît vaine.

Il ne s’agit plus d’instituer mais de combattre, de révolte, de casser un système d’oppression immonde qui tient le monde avec ses médias, ses polices, ses surveillances, ses affidés de l’ordre.

Pour ma part, j’en appelle au sursaut de la conscience, à la poésie de toute vie, à la connaissance, à l’insurrection pacifiste dans des formes qu’il faut imaginer pour en finir avec la domination d’une caste sur les peuples.

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Copyright 2014 – Patrick Pérez Sécheret.

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