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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Pour l’unité aux élections départementales de mars 2015

Publié le 23 Janvier 2015 par ruraledeprose

Tout l’annonce : une déroute de la « gauche » serait consommée en mars et le nombre de départements à « gauche » risque d’être divisé par 3. Les élus [qui le seront juste pour deux ans avant la disparition quasi acquise des conseils généraux avec  la Loi de réforme territoriale] seront donc très minoritaires quelques soient les arrangements locaux politiciens ou à la carte pour tenter de sauver des élus et des sièges.

 

 La gauche de la gauche doit finaliser la rupture avec le PS, en l’état, si elle veut confirmer une alternative crédible, tranchant avec les promesses non-tenues, les retournements de politiques par ceux qui ont été élus à la présidentielle et aux législatives. Des élus qui acceptent (une poignée rechigne mais sans rupture) une collusion de fait avec la droite, tout en favorisant l’extrême-droite qu’ils contribuent à faire fructifier en désespérant les populations, en attisant tous les ressentiments liés au désagrégement de notre société, tous les corporatismes, lobbys, communautarismes...  Et de l’autre l’union face au terrorisme… (Merci Charlie !).

 

Les médias à la solde du pouvoir ou plus exactement des banques et du système financier mondialisé sont un vrai rouleau compresseur qui distille à longueur d’antenne et d’images une idéologie dominante de la réussite, de la concurrence, de la culpabilisation des citoyens… No futur disent-ils, pas d’autres solutions ou le chaos.

 

L’abstention et le vote protestataire risquent donc de donner des voix à l’extrême-droite et à la droite qui court derrière car l’ordre et la discipline seraient de ce côté-ci. Foutaise.  Mais, les électeurs de gauche ne comprendront pas les alliances tactiques sans rupture car, comment les socialistes en carte (on pourrait ajouter les radicaux de gauche et quelques satellites), leur appareil, peuvent-ils à la fois continuer d’appartenir à une majorité fermée et étroite qui avale toutes les couleuvres d’une social-démocratie revendiquée par leur Président, leur Premier-ministre … et, soutenir des élus alternatifs ou présenter des candidats soutenus par la gauche d’opposition à ce gouvernement ?

 

Comment la gauche alternative pourrait-t-elle appeler à voter pour un candidat émanant d’un appareil qui, jusqu’à preuve contraire, est le parti du président de la République, de son premier ministre…. ? Mais il y a contradiction dans la contradiction : dans le Val-de-Marne, le risque est grand de voir mis en danger la majorité de gauche au conseil général avec ses différentes composantes (rouge, rose, verte…). Ce sera donc mi chou mi chèvre, à la  carte les alliances, les accords …  Comment poursuivre une gestion qui s’oppose en bien des points au gouvernement socialiste/socialiste-démocrate et continuer de souffleter celui-ci alors qu’il supprimera les conseils généraux ? Ce n’est pas crédible et illisible.

 

Le serpent se mord la queue. Pour moi, en toute clarté, seuls les candidats affichant au premier et au second tour, des programmes et des engagements contre les politiques « austéritaires », contre la disparition des départements (fusionnés à deux ans dans les régions retaillées, les métropoles et agglomérations) seront de gauche.

 

En ce qui concerne directement VITRY, il m’apparaît impératif de tout faire pour une unité avec EELV localement et de présenter dès le premier tour des candidats communs. L’expérience des dernières municipales montre que la division, le refus de négocier avec la liste des Verts au second tour, n’était pas de nature à confirmer l’ouverture effectuée au scrutin précédent de 2008 même si les circonstances étaient différentes.

 

Au 1er tour, certes, nous approchions sur une liste d’union le score de 2008 mais toujours avec un score d’abstentions inquiétant et sur une composition de liste fermée par rapport à l’ouverture de 2008 où, notamment, les communistes avaient fait bonne place à des personnalités locales. L’attitude a conduit à affaiblir la représentation globale de la gauche avec l’entrée au Conseil Municipal de la droite (ce qui n’est pas un mal pour la démocratie) et l’extrême-droite et des élus de La Fabrique, liste de Jacques Perreux qui, évidemment, est dans l’opposition à la majorité.

 

Le problème posé était et reste celui d’accepter ou non la confrontation des points de vue, des idées, de travailler avec des forces appartenant au progrès, à la gauche, fussent-elles critiques à l’égard de certains points de la politique municipale, sur des méthodes de faire.

 

L’enjeu aujourd’hui, pour Vitry et le Val-de-Marne est de perdre le Conseil Général et de voir la droite et l’extrême-droite (ne cessons pas de dire qu’elle représente 9,12% des français dans le pays et non 25% !) tirer les marrons du feu des conséquences de la politique gouvernementale versée sans vergogne dans une social-démocratie de collaboration avec le patronat et appliquant les directives européennes d’austérité. EELV s’y oppose sur de nombreux points qui permettent de combattre de telles orientations.

 

A Vitry, comme hier, sachons faire la part des choses entre les électeurs d’une gauche diversifiée et une attitude de repliement sur des partis, sachons passer outre les rancœurs d’hier car l’électorat de gauche, déboussolé par la politique menée par Hollande et compagnie, doit pouvoir se mobiliser dans une unité claire d’alternative politique. A quoi serviraient sinon des élus départementaux pour 2 ans, sur la base de quel programme ? Les politiques du Conseil Général, jusqu’alors, ont assuré l’intérêt général et dans un esprit d’ouverture à l’ensemble de ses composantes politiques. Ses politiques sont utiles aux gens, un rempart social et culturel contre la démolition des services publics. Il faut les défendre à tout prix

Le Val-de-Marne, autour de Christian Favier, doit être exemplaire à porter l’intérêt général, une volonté d’affirmer le rôle irremplaçable du Conseil Général pour nos populations et les réponses à ses besoins de proximité.

Je demande à mes amis et camarades de se prononcer en ce sens et de ne pas aggraver, par un rejet de la sensibilité des Verts, les conséquences d’une politique gouvernementale que nous refusons en l’état, comme ils la refusent, alors que nous sommes alliés avec les socialistes ! Comme disait Lénine, il faut savoir faire deux pas en arrière parfois pour faire un pas en avant décisif. Ce pas est de bon sens, sans tactique politicienne ou partisane, utile à la construction de l’alternative citoyenne à laquelle nous travaillons avec d’autres. L’union reste un combat, l’union c’est accepter des gens qui ne pensent pas comme nous sur tout.

Je suis donc pour ma part pour l’unité avec les Verts sans arrière-pensée, en toute connaissance de cause parce que nous devons penser aux gens avant tout, élargir le rassemblement des forces progressistes pour hâter l’alternative. Pour le reste, en conscience, chacune et chacun votera. Mon engagement pour l’alternative de gauche ne suppose pas pour autant, on l’aura compris, mon acceptation de toutes les propositions du Front de gauche et encore moins de celles de l’extrême-gauche.

L’histoire devrait nous a vaccinés des idéologies, le pouvoir politique doit maîtriser l’économie et la placer au service des hommes par des réponses justes et solidaires à leurs besoins, sans reconstituer une nouvelle caste mais en trouvant de nouvelles formes de démocratie directe où le peuple peut intervenir et participer sans qu’aucune entaille aux libertés publiques et privées n’interviennent. Mais c’est une autre question dont la réponse est, sans doute, dans l’avènement d’une 6eRépublique dont on ne voit pas trop comment, encore, comment elle pourrait exister sans une intervention massive de citoyens…

En tout cas, le dialogue, la réflexion sont engagés sur le sujet et resituent le peuple au centre de toute démocratie véritable.

 

 Patrick Pérez Sécheret

21 janvier 2015*

 

Dessin de Abidine Dino, MainCapture-copie-1.JPG

*Pour mémoire, il y a 212 ans, le 21 janvier 1793, le peuple de France envoyait le roi Louis XVI à la guillotine. 212 ans, plus tard, nous sommes en monarchie républicaine… Par bonheur, la peine de mort est abolie mais on peut manger de la tête de veau sauce gribiche en souvenir de l’événement…

 

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