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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Rêver

Publié le 5 Janvier 2015 par ruraledeprose

 

Nous verrons chemin faisant ce qu’il en sera à faire des fantaisies à la réalité, s’accoter au bar des songes avec assiduité. Les périples dans l’inconscient, l’imaginaire et l’utopie sont la saveur de vivre, l’oublie des fêtes votives de l’enfance que l’on croque déjà des yeux, l’escorte d’astéries sur le dos des baleines, un tout cela tel un chant choral de la vie surtoilée.

Rêves ou songes, les mots dits ne s’en vont pas, ils se glissent en métaphores d’azur, en divines missives venues à dos de vagues sur des chemins troués au parfum de pommier, dans le cortex où notre âme en offertoire attend le dénuement ultime, le naufrage de la chair.

Nos rêves n’ont pas besoin de naphtaline, d’armoires, de garde-meuble, ils expliquent la mémoire, les saisons survenues dans une langue chimérique aux tropes libérées du pesant de l’existence. Nos rêvent sont des encres indélébiles et fantasques, ils transcendent l’illusion de l’espoir et ses chimères affriolantes d’idéologies. Nos rêves ne vont nulle part ailleurs voir la représentation du désir, l’échappée belle des contraintes du réel en images oniriques.

Nos rêves sont des ancres de plumes écarlates où s’échouent les barques mauves des rencontres avec l’éclisse lentement dévoilée au parvis des cathédrales. Nos rêves sont des chemineaux aux traverses des autres, ces autrui que l’on croise, que l’on aime ou déteste, c’est selon le cœur ou l’odeur, nos rêves sont des salves à contre intolérance et supportent la vanité comme un étai le mur menacé d’une vieille maison à abattre pour lotir, où restent de vieux meubles qui parlent des rêves de ceux d’avant qui possédaient pour paraître au lieu d’être libre.

Nos rêves sont la piqûre de rappel de nos prétentions. Ils ne vont nulle part, je vous le dis, dans toutes les langues de l’univers, ils restent des marcheurs impénitents, des veilleurs du réveil qui éteint l’incendie de toute saga, de la mémoire avec cette désinvolture révolutionnaire de ne nous rien dire de précis, juste à deviner, à déchiffrer les ardoises d’un quelconque devenir, sur une éventuelle issue au naufrage de la vieillesse : la mort sans hasard aucun.

La mort peut bien attendre, la vieille salope, nos rêves stockent le vécu, le perçu, le ressenti, l’inassouvi, les fantasmes érotiques parce que aimer est forniquer tout de même, prendre du plaisir, en offrir, et donc en mourir un peu à chaque feu d’artifice. Nos rêves ne meurent pas je vous dis, ils explosent en galaxies folles et inaccessibles à celui et celle qui n’ont jamais compris la poésie.

Nos rêves fondent des empires de soie avec le coton des nuages, des pays de soif impure où nos caresses s’ébrouent parmi les blés tendres, à perte de vue à tout jamais : nos rêves vont survivre de toute éternité, témoins de notre humanité perdue aux nécropoles inutiles et prétentieuses.

Voilà où vont nos rêves afin que toute réalité ne pèse pas trop de notre vivant et fasse provision d’un inédit ciel bleu de l’autre côté des horizons d’un possible probable.

Copyright 2014 – Patrick Pérez Sécheret.

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