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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Une envie de large au large

Publié le 26 Février 2014 par ruraledeprose

La banalité d’une grippe et vous voilà remis d’aplomb après les frissons, la fièvre, la toux, le nez qui coule en fontaine, les courbatures. Vous avez dormi pour laisser passer la chose à fort renfort de paracétamol puis quand même d’antibiotiques. Vous avez rêvé à n’importe quoi mais surtout d’elle, de son absence, de votre silence sous la couette seul. Vous vous leviez, preniez un café puis la lassitude physique, la fatigue revenue et vous vous recouchiez, caché jusqu’au nez.

Le temps vous parut un peu d’éternité. Personne ne vint, personne n’appela, personne ne prit de nouvelle de votre grippe. On vous fuyait plutôt. Mais ce lundi charmant dès le premier pied à terre, vous avez senti que la chose était passé, que votre corps avait une certaine légèreté. Pour quelqu’un qui n’est que rarement malade, votre traversée en solitaire de quelques semaines grippales, vous a convaincu que la plus belle chose qui soit est d’avoir la santé, d’aller-venir, de prendre un verre de Chablis au comptoir avec un ami, de sentir déjà que le printemps va arriver.

Une envie de large au large alors vous tient par tous les pores, par tous les sens. Une envie de rivage tout près ou au loin, une envie de dunes à perte de vue, de vagues longues échevelées d’écume et même d’un petit froid qui pique et passe sous le manteau. Une envie de promenade sur les sentes à peine sorties de l’hiver et de son engourdissement. Une envie de tenir la main de votre amour dans la vôtre, d’accrocher votre bras au sien. Une envie de vivre simplement, de vivre une existence sans grippe.

Banal vraiment, vraiment banale cette envie toute petiote qui grandit dans votre tête de prendre le large, de sentir juste le vent sous les semelles des souliers…

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