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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Considérations politiques

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Point de vue sur les cantonales de mars 2015

Tout l’annonce : la déroute de la gauche sera consommée en mars et le nombre de départements à « gauche » risque d’être divisé par 3. Les élus, qui le seront, juste pour deux ans avant la disparition quasi acquise des conseils généraux avec  la Loi de réforme territoriale, seront donc très minoritaires quelques soient les arrangements locaux politiciens ou à la carte pour tenter de sauver des élus et des sièges (déjà qu’ils seront divisés par deux avec la réforme...). Des amis me demandent mon point de vue comme si j’avais dans mon chapeau LA SOLUTION. Mais je et j’ai réfléchi à la question.

 La gauche de la gauche (le terme est péjoratif car ou bien il y une gauche, sans le PS actuel et sa majorité gouvernementale effritée, et une extrême-gauche qui n’accepte pas la gestion publique, soit on s’accroche à des sièges dont le nombre ne permettra pas de peser et même de peser moins dans la défense des services publics) doit finaliser la rupture avec le PS en l’état si elle veut confirmer une alternative crédible, tranchant avec les promesses non-tenues, les retournements de politiques par ceux qui ont été élus à la présidentielle et aux législatives.

Des élus qui acceptent (une poignée rechigne mais sans rupture) une collusion de fait avec la droite tout en favorisant l’extrême-droite qu’ils contribuent à faire fructifier en désespérant les populations, en attisant tous les ressentiments liés au désagrégement de notre société, tous les corporatismes, lobbys, communautarismes...

Les médias à la solde du pouvoir ou plus exactement des banques et du système financier mondialisé est un vrai rouleau compresseur qui distille à longueur d’antenne et d’images une idéologie dominante de la réussite, de la concurrence, de la culpabilisation des citoyens… No futur disent-ils, pas d’autres solutions ou le chaos. Mais le chaos nous y sommes, nous y allons !

L’abstention et le vote protestataire risquent donc de donner des voix à l’extrême-droite et à la droite qui court derrière car l’ordre et la discipline seraient de ce côté-ci. Foutaise.  Mais, les électeurs de gauche ne comprendront pas les alliances tactiques sans rupture car, comment les socialistes en carte (on pourrait ajouter les radicaux de gauche et quelques satellites), leur appareil, peuvent-ils à la fois continuer d’appartenir à une majorité fermée et étroite qui avale toutes les couleuvres d’une social-démocratie revendiquée par leur Président, leur Premier-ministre … et, soutenir des élus alternatifs ou présenter des candidats soutenus par la gauche d’opposition à ce gouvernement ?

Comment la gauche alternative pourrait-t-elle appeler à voter pour un candidat émanant d’un appareil qui, jusqu’à preuve contraire, est le parti du président de la République, de son premier ministre…. ?

Ainsi, dans le Val-de-Marne, le risque est grand de voir mis en danger la majorité de gauche au conseil général avec ses différentes composantes (rouge, rose, verte…). Ce sera donc mi chou mi chèvre, à la  carte les alliances, les accords en sous-marin…  Comment poursuivre une gestion qui s’oppose en bien des points au gouvernement socialiste/socialiste-démocrate et continuer de souffleter celui-ci alors qu’il supprimera les conseils généraux ? Ce n’est pas crédible et illisible.

Le serpent se mord la queue. Pour moi, en toute clarté, seuls les candidats affichant au premier et au second tour, des programmes et des engagements contre les politiques « austéritaires », contre la disparition des départements (fusionnés à deux ans dans les régions retaillées, les métropoles et agglomérations) seront de gauche. Un logo PS sur leur candidature est invraisemblable et serait incompréhensible voir un repoussoir à soutenir des candidats d’alternative pour beaucoup d’électeurs de gauche trahis.

L’heure est grave. Aussi, mon point de vue, n’est-il qu’une approche de ce qui se passe en Grèce et que nombre d’amis, de camarades portent au pinacle, à savoir qu’aucune alliance n’est plus possible avec ceux qui soutiennent les politiques européennes d’austérité en Europe et donc en France car ces politiques sont dictées par la commission au service des banques et des grosses entreprises. Il appartient qu’à titre personnel nos amis socialistes, et il en est, se prononcent clairement pour l’alternative, qu’ils s’y associent pleinement.

Pour le reste, en conscience, chacune et chacun votera. Mon engagement pour l’alternative de gauche ne suppose pas pour autant, on l’aura compris, mon acceptation de toutes les propositions du Front de gauche et encore moins de celles de l’extrême-gauche.

L’histoire nous a vaccinés des idéologies même si, concrètement, le pouvoir politique doit maîtriser l’économie et la placer au service des hommes par des réponses justes et solidaires à leurs besoins, sans donc pour autant reconstituer une caste mais en trouvant de nouvelles formes de démocratie directe où le peuple peut intervenir et participer sans qu’aucune entaille aux libertés publiques et privées n’interviennent. Mais c’est une autre question dont la réponse est, sans doute, dans l’avènement d’une 6e République dont on ne voit pas trop comment, encore, elle pourrait exister si une mobilisation populaire et massive sur la question n'intervenait pas. Pour le reste de mes considérations politiques (sans doute presque définitives), je renvoie à ma page :  Du rêve communaliste... sur ce même blog.

Copyright 2014 – Patrick Pérez Sécheret