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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

eloge des petits sahraouis

Eloge des petits autres

 

Ils vivent à l’ouest d’un pays  qu’ils n’ont jamais connu

au point extrême du grand désert les mômes les gosses les enfants sahraouis

 

Leur songe est un frisson de pluie leur sourire des mots nus

au point extrême du grand désert

ils disent simplement à toute la terre nous voudrions rentrer chez nous

Qui les entend ? Entendez-vous ?

 

Les gosses les mômes les enfants sahraouis

Leur village est de maisons de toile au point extrême du grand désert

un camp de courants d’air au grand soleil

des nuits glacées

les rives de l’océan leurs sont fermées à clef

la pêche est interdite

les mines de phosphate de leurs pères confisquées

 

Imaginez de Biarritz à Dieppe un pays-couloir

cent kilomètres de large entre océan et grand désert

et entre ce désert et ce pays-couloir un mur un mur un mur

 

Dans leur songe de frisson de pluie dans leur sourire de mots nus

au point extrême du grand désert

ces enfants murmurent murmurent nous voudrions rentrer chez nous

Qui les entend ? Entendez-vous ?

 

Leur patrie est à un vol d’oiseaux

des oiseaux si beaux  qui de Rio de Oro

viennent poser chez nous leurs ailes à Sète

comme un gosse sur le sable poser sa tête  sur un billot

 

Les mômes les gosses les enfants ont  un royaume aux ailes coupées

les gosses les enfants les mômes murmurent dans un frisson de sable 

entre leurs paumes dorées nous voudrions rentrer chez nous monsieur la majesté

monsieur le monde civilisé

 

Les enfants les mômes les gosses du grand désert  murmurent murmurent

tout près d’ici à nos oreilles abandonnées

nous voudrions rentrer chez nous

Qui les entend ? Entendez-vous...

 

 

Patrick Pérez Sécheret

Eloge aux enfants sahraouis, Printemps des Poètes, 14 mars 2008, Vitry-sur-Seine