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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Humanités

Publié le 30 Juillet 2013 par ruraledeprose

Il y a ceux qui attendent la nouvelle lune

ceux qui croisent les doigts sur les chemisiers bleus

celles qui ouvrent les fenêtres au malheur

ceux qui vendent leur cœur à la sauvette

Il y a ceux qui se pendent chaque soir

au fond des verres de mélancolie

celles qui pensent à l’amour venir

à l’horizon d’une sourire boisé

Il y a celles qui meurent de la guerre

celles qu’ils ont fait ou qu’il reste à faire

Il y a ceux qui donnent des coups

contre les murs du désert

celles qui arpentent le bitume

pour le plaisir de plaire

ceux qui inventent la lune

à cheval sur des songes

celles qui bercent l’enfance

au rythme des marées

ceux qui pointent le nez

à pôle-emploi pour des prunes

celles qui travaillent au noir

pour des nèfles

Il y a ceux qui camelotent

la fortune se gobergent

de la sueur et des larmes d’autrui

celles qui prédisent qu’un jour

la nuit sera plus tendre

et le monde plus heureux

Il y a tant de gens

aux carrefours du bonheur

une corde pour se pendre

dans la main un sanglot

 

Alors la poésie Monsieur

fourbit l’arme des maux

contre les élégies

et les éloges funèbres

elle gueule la poésie

son style est mort

les mots tranchés

elle hurle la poésie

d’humanités

 

 

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La valise ou le cercueil pour les Tunisiens de confession juive ?

Publié le 29 Juillet 2013 par ruraledeprose

 Je ne me mêle pas de religion. Sauf lorsque des croyants sont menacés, persécutés pour leur religion, quelle qu’elle soit. Il se trouve que, dans l’indifférence presque générale*, la communauté juive de Tunisie, enracinée depuis des générations, deux millénaires, et vivant en bonne intelligence avec les musulmans, se trouve aujourd’hui dans l’obligation de quitter ce pays suite à des menaces proférées dans les rues et les mosquées, des violations de sépultures par des salafistes à Sousse, des attaques de synagogues… Il y avait depuis un ou deux ans des signes comme la manifestation après le printemps arabe devant la synagogue de Tunis. On voulait croire que l’évolution démocratique après la chute de Ben Ali permettrait à tous les tunisiens de Tunisie de vivre ensemble dans leur république laïque… Que faire à présent ? Protester ? Oui, c’est cela, protestons, exprimons notre indignation et condamnation de ces actes ignobles, demandons à notre président si cette forme d’Islam intolérant est compatible avec la démocratie !

*Je recommande l'article publié dans Jeune Afrique par Frank Nouma : Le crépuscule des juifs à Tunis.

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La République en danger c’est maintenant !

Publié le 26 Juillet 2013 par ruraledeprose

J’accuse…

 

J’accuse le Président de la République et son gouvernement de jeter aux poubelles les fondements de la République française. La disparition de la commune, référence de base de tout notre système démocratique territorial, celle des départements issus de la Révolution française affirmant l’égalité d’accès des citoyens à une journée de cheval des représentants de la Nation en sonne le glas.

J’accuse le Président de la République d’être soumis au système bancaire et financier, aux directives du Traité européen de liquidation des élus de proximité et des services publics du peuple de France.

J’accuse le Président de la République d’autoritarisme, de cession au tout marché des richesses produites par le peuple de France et accaparées par la bourse, les agioteurs, les banksters des paradis fiscaux et des stock-options humainement insupportables à plus de 9 millions de gens sous le seuil de la pauvreté et aux autres couches sociales qui attendent leur tour…

J’accuse le Président de la République de liquider au nom du mandat que nous lui avons confié, notamment 4 millions de voix du Front de gauche, de faire ce qu’il n’a pas dit qu’il ferait, de défaire les acquis des luttes du monde du travail qui, dans la sueur et parfois le sang, les a conquis pour que s’ouvrent Les Jours heureux.

J’accuse le Président de la République de formater l’information, de museler les medias à sa botte, de mentir aux citoyens en prétextant qu’une dette, qu’un déficit budgétaire relèvent d’une gabegie nationale alors que encore une fois c’est la sueur du travail qui produit la richesse, richesse détournée de l’utilisation politique, sociale, publique pour répondre aux besoins des populations vers l’accumulation supra-capitaliste qui constitue une réelle dictature sur les peuples d’Europe.

J’accuse le Président de la République d’avoir fomenté un coup d’Etat qui annihilera à terme toute souveraineté nationale.

J’accuse le Président de la République de dissoudre la souveraineté du peuple de France.

 

Patrick Pérez Sécheret

26 juillet 2013.

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Un coup d'Etat vient d'avoir lieu pour dissoudre les communes!

Publié le 24 Juillet 2013 par ruraledeprose

L’Assemblée Nationale a voté le 23 juillet une loi qui entérine la disparition des communes et des départements en fusionnant dans la Métropole de Paris le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et la Seine-St-Denis. 6 millions d’habitants seront ainsi représentés par 200  élus pour moitié au suffrage universel direct (1/4 d’entre eux représenteront la Ville de Paris).

 

Ces élus règneront à la place des communes, des départements et des intercommunalités tenant éloignés les citoyens des affaires publiques qui les concernent.

 

Cette loi anti-démocratique bouleverse toute l’organisation territoriale de la République française sans que les citoyens aient été consultés ni leurs élus de proximité. Cette loi applique des directives européennes et impose des technostructures qui n’ont d’autre but que de dépecer les services publics qui seront livrés à la concurrence, à des objectifs de compétitivité au seul service du système bancaire et financier. Le gouvernement Hollande fixera d’ailleurs les règles budgétaires de la métropole par ordonnance et créera des impôts nouveaux à cet effet.

 

Ce véritable coup d’Etat contre la démocratie locale interpelle tout citoyen : c’est la mise en place d’une nouvelle organisation de la République créant des entités territoriales d’au moins 300 000 habitants relevant des décisions centrales de la métropole. Les Maires seront dans l’incapacité de répondre aux besoins des populations en prise à encore plus d’inégalités sociales : ils n’auront voix au chapitre  et de façon consultative une seule fois par an !

 

Nous avons permis en grand nombre la défaite de Sarkozy et l’élection de François Hollande. Nous avons ensemble dans la diversité voulu ouvrir une nouvelle page pour notre pays. En moins d’un an, le constat est terrifiant : de lois en lois nous voyons livré aux directives européennes, au tout marché, à la finance toutes les conquêtes sociales touchant à la santé, aux retraites, au droit du travail, nous voyons dépecé l’organisation démocratique de nos territoires, annoncée la disparition des communes…

 

L’Europe devient ainsi peu à peu une machine autocratique, autoritaire dictant aux peuples la régression sociale de mesures d’austérité en mesures d’austérité épargnant les grandes fortunes, les grands consortiums, les banques.

 

 L’Etat abandonne purement et simplement son rôle de garant de l’égalité entre les territoires, son devoir de solidarité nationale au seul motif de la réduction des dépenses publiques. Nous devons exiger d’être entendus, consultés sur ce bouleversement total de nos institutions. Nous devons exiger un référendum en Ile-de-France comme dans toutes les régions de France.

 

Oui, il s’agit bien d’un coup d’Etat, d’un coup porté à la démocratie de proximité, d’une volonté d’éloigner les lieux de décisions concernant la vie des gens, de fragiliser encore davantage toutes les solidarités, de rogner encore davantage la souveraineté du peuple.

 

J’invite chacune et chacun d’entre vous à exiger une consultation démocratique des citoyens par référendum, à exiger le retrait de la loi des métropoles.

 

Ensemble exigeons un grand débat national sur la démocratie locale.

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Mère Méditerranée

Publié le 23 Juillet 2013 par ruraledeprose

 

Je suis né d’une rivière  épouse de Méditerranée

qui avait jeté l’ancre à Pont-St-Esprit

pour d’éphémères fiançailles à l’effleure des galets

puis fait son nid de grés bleus en grés blancs

perforant les roches d’entailles de sa force féconde

avant de divorcer pour prendre amant le Rhône

 

Sur un lit de joncs verts parmi des saules penchés

sur sa chevelure d’ambre et de genêts froissés

la mère rivière m’a donné l’asile en son ventre nacré

initié aux épices  de l’Inde et de l’Orient

j’ai tété friand le lait aux senteurs de jasmin

de bougainvilliers j’ai posé ma joue sur des roses

d’Abyssinie à peine écloses la tête inclinée au Levant

 

L’Ardèche a mis les bouts sans crier garde à quoi

épuisée d’amour vieillie dans la semence du Rhône

et j’ai cherché en vain ses joues sur les rives

attendu la becquée de la mère prodigue

des sanglots plein les paumes

Dans mon dos les Cévennes ont bien rigolé

sous un soleil fugace au carnaval des masques

 

J’avais honte de Méditerranée de l’Ardèche infidèle

que voulez-vous y faire on ne choisit ni sa rivière

ni l’oncle de Tunis ou de Smyrne on est tout juste d’une famille éclatée

d’un monde fourbu de guerres puniques d’empires désintégrés

nous sommes juste nés anéantis d’azur pour une putain madone

la Méditerranée

la Méditerranée

 

Je viens de ce ressac à retrousser le sable

aux comètes oubliés dans le désert des dunes

dans un fracas d’écailles et de paresses nocturnes

je viens du sidérant constellé de pastels

de coques avenantes au sexe par le travers

je viens de ce pays où pleurent les acacias

où la neige coiffe dès janvier les amandiers

 

Je suis né d’un refuge dans les grottes de craie

de la trace humaine sur les parois d’ocre

j’ai fait provision de millénaires d’iode

de salsepareille et de myrtes grossières

la Méditerranée m’a enfanté païen

grand prieur des abysses et des rivages lointains

on ne choisit pas sa rivière ni son spleen

tout cela vient germer en votre adolescence

d’un accent sur la langue comme une giroflée

 

J’aurais pu naître un autre part dans le Nord

en baie de Somme ou à Péronne

à voir passer les rêves sans goût du sel

sans calanques glacées où reposer la nuque

mais je viens de la pute aux airs de mistral

du ventre fécond où les îles fredonnent

des villanelles de soie des chapelets d’osier

 

Et nous sommes des milliers sur ces rives dentelées

une fratrie sans cervelle des odeurs plein le nez

nous parlons mille langues et prions mille dieux

notre peuplade immense a oublié ses gênes

ses mélanges parfumés d’aulx et de citronnelle

nous sommes des étrangers nous-mêmes

orphelin d’une saga d’une Kabylie de cendres

en Méditerranée

 

Mais je rends justice à la Sainte Madeleine des orifices

au coît étincelant d’un fleuve avec une ingénue

une rivière de flammes parmi les laves brûlantes

Ardesca la femelle des Cévennes en chaleur

l’amoureuse du basalte caressant les Alpilles

de sa robe de bure translucide d’émeraude

je salue la mère des mères mon berceau liquide

la Méditerranée

la Méditerranée…

 

Marseille, 15 juillet 2013.

 

 

 

 

 

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Les enfants on s'en fout

Publié le 10 Juillet 2013 par ruraledeprose

Enfants soldats de toutes les contrées

fusillés de l’aube avant d’être nés

enfants du monde livrés aux poubelles

de l’histoire des mines anti-personnel

 

Enfants du Soudan et de Somalie

gosses de Layoune et de Gaza

enfances brisées réduites en bouillie

Paris vend les armes de votre trépas

 

Enfants du Mexique et de Syrie

gosses des bidonvilles et des camps

petits mômes de rien ou du Liban

l’ONU aux semelles dans son incurie

 

Je vous adresse à toutes et à tous

sans conséquence un cri de guerre

à la barbe d’airain des nations qui toussent

quant on renverse un piéton à Nanterre

 

On se fout de vous comme de l’an quarante

on s’apitoie sur vos dents bousillées

sur les mutilations de vos corps troués

les épidémies offertes comme rente

 

Enfants de la terre et toutes les marées

filles et fils de rien de toute humanité

j’hurlerai sans lasser votre chemin de croix

tant que la mort sera votre droit

 

Et pendant ce temps-là dans les casinos

au CAC 40 et dans les débats télévisés

dans les journaux d’un monde avisé

vous n’existez pas vous êtes des zéros

 

On se fout de l’enfance à travers le monde

qu’importe que ses larmes nous inonde (refrain possible)

 

Patrick Pérez Sécheret, 10 juillet 2013.

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