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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Chronique politique, élections régionales et réédition d'ouvrages fascistes...

Publié le 29 Octobre 2015 par ruraledeprose

Chronique politique, élections régionales et réédition d'ouvrages fascistes...

La gauche de gauche affrontera le parti socialiste au premier tour et, au second tour, pour faire barrage à la droite et à l’extrême-droite, demandera de voter pour le parti socialiste si toutefois celui-ci atteint le seuil requis. Et si c’est l’autre gauche ? On fusionnera donc pour conserver des élus..

Globalement, on votera donc au second tour pour un parti socialiste qui gouverne le pays, comme Sarkozy, le plonge dans la récession à force de reculs sociaux au nom des sacro-saintes recettes du libéralisme européen qui fait faillite partout, qui joue le gendarme aux quatre coins du monde, avec la grande efficacité que l’on sait pour la paix, le dialogue et l’accueil des migrants… Ou alors, on votera pour la droite pour réduire l’extrême-droite… c’est dantesque ! Et dans ce cas, plus d’élus… ce qui équivaudrait selon les endroits à voter au 1er tour pour la liste soit socialiste soit de droite pour barrer la route à l’extrême droite !

C’est clair et net, je voterai aux régionales en Ile-de-France pour la gauche de gauche au 1er tour. Au second tour j’irai voter quoi ? Je ne voterai pas pour le parti du Président de la République qui a trahi ses engagements et pour des listes d’union bricolée entre deux tours. De plus, les têtes de liste de la gauche de gauche en Ile-de-France ne seront pas à priori en position éligible au second tour sans le cas d’une fusion avec les socialistes et vice versa...

La vie des gens en difficulté, elle, ne bouge pas, s’aggrave grave.

La réalité est que, pour ne pas désespérer les déçus de la politique qui votent encore, on continue à faire comme si le big-bang territorial n’avait pas lieu, comme si Paris-Métropole, ses territoires tracés arbitrairement, n’allaient pas avaler toutes les compétences et détricoter tous les services publics non pour les rendre plus efficients, mais pour permettre simplement à la libre concurrence de prendre des parts de marché sans souci des besoins des gens.

Il y a plus qu’un malaise politique, une overdose d’arrangements tactiques politicards alors que la raison appelle à l’affrontement, au rejet pur et simple de la social-démocratie libérale qui plie les genoux devant les grands patrons et les banquiers, a des ministres qui déclinent les idées du grand-patronat à longueur d’antenne. Entre la peste et le choléra, on ne choisit que le vaccin c’est à dire la résistance et la confrontation.

En conscience, notre avis ne compte pas, quelques-uns décident à quelques-uns pour les autres et pensent que c’est encore de la démocratie Ils s’auto-désignent d’ailleurs, s’émulent… Ce sont des clans fermés, aux discours qui en appellent sans cesse à l’intervention citoyenne, avant les scrutins… Sauf que bien souvent hélas, leur score en pourcentage des inscrits est bien ridicule. Le référendum organisé par le PS et ses trotskystes en costume-cravate est pitoyable, à un étiage ridicule…

La gauche disposait portant de tous les pouvoirs politiques pour faire une autre politique que la droite : les communes, les départements, les régions, le parlement, la présidence de la République ! Le résultat est catastrophique : tous les fondements de la République sont démolis. On aura juste obéi à Bruxelles, à des technocrates au service du système bancaire et financier et des grandes sociétés, et à leurs valets politiques qui déplorent une chemise arrachée pour tant de vies qu’ils brisent !

Le vote blanc ou l’abstention ne sont pas de la désespérance mais des voix. A force de recomposition à gauche pour une alternative crédible, on se retrouve en décomposition mais cela permettra alors de reconstruire, sur des bases assainies et dépolluées du tropisme de l’union de la gauche unie, en des formes de participation citoyenne nouvelles. Le populisme, l’extrême-droite reculeront… car il faudra bien que les politiques fassent ce que le peuple décide et veut. La vie d’un peuple ne se joue pas sur un scrutin mais celle des politiques élus et éligibles oui.

Il nous faudrait inventer autre chose : changer de constitution, instaurer la proportionnelle, limiter les mandats avec possibilité de révocation si les engagements ne sont pas tenus, ériger un seuil d’électeurs votants pour obtenir un mandat, mettre vraiment à contribution ceux qui se gavent d’agios, de paradis fiscaux, de bénéfices scandaleux sur le dos de ceux qui produisent vraiment les richesses, redistribuer avec équité les fruits des richesses produites… Mais, chaque fois, le rêve est remis aux calendes et ne plus rêver c’est ne plus agir, ne plus s’impliquer dans la chose publique…

On dit parfois que le peuple a ce qu’il mérite, on devrait dire qu’il ne mérite pas la trahison de ses représentants et la honteuse manipulation mentale qu’il subit de la part des médias quasiment entre les mêmes mains et à la solde de ses représentants… Le peuple est parfois silencieux mais son réveil peut être brutal, violent et même se traduire dans les urnes par un vote sanction et l’effondrement de toute la gauche devant le chantier effroyable du libéralisme et de la réforme territoriale, sa logique de compétitivité des territoires qui assoit la supranationalité européenne en renforçant le régionalisme et les inégalités avec tout ce que cela réveille de communautarisme !

Les 6 et 13 décembre prochain, un séisme va se produire : une abstention record, et sans doute le pire : une seule région à gauche, peut-être trois ! Pourquoi faudrait-il ne pas dire les choses telles qu’elles sont et faire comme si ? On s’en arrangera in fine dans les états-majors, que ce soit à la Région Ile-de-France ou ailleurs. Le véritable danger n’est pas l’extrême-droite en soi mais les leviers socialistes, ceux de la droite, qui la portent à bouts de bras par tactique politicienne. Franchement, il y en a assez de se passer la corde au cou par fidélité avec des partis sourds et manipulateurs d’opinion, de se voir réduit dans une forme d’esclavage des temps modernes : consentant par défaut...

Enfin je ne sais pas ce que nous préparent les états-majors mais je crois que l’on réédite un peu beaucoup les idéologues fascistes et racistes en cette période nauséabonde. Après Lucien Rebatet, fasciste français assumé, qui vient d’être réédité et ressort de l’ombre fangeuse, voici Adolph Hitler en bande annonce et qui fait la une de la presse. Pour ma part, j’ai lu Mein Kampf à 17 ans, on me l’avait offert avec d’autres livres dont L’homme et le socialisme de Guevara, Le Pavillon des cancéreux de Soljenitsyne, Le Zéro et l’infini de Koesler… J’ai choisi mon chemin sans pour autant m’identifier à une idéologie définitive pour l’éternité.

Je ne sais pas s’il faut interdire tel ou tel livre mais je m’interroge sur le côté mercantile de ces rééditions plus que sur l’impact de ceux qui portent les mots comme des balles contre les êtres humains au nom d’une faribole de race et de religion supérieure qui devrait ou qui doit être sauvée par la destruction de l’autre, le différent (à suivre).

Patrick Pérez Sécheret – copyright octobre 2015.

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Crimes climatiques...

Publié le 28 Octobre 2015 par ruraledeprose

Crimes climatiques...

Je te parle au présent

D’abeilles en menace,

D’eaux retenues et sans mémoire de source

Et d’yeux scellés de plâtre

Au visage du ressac

Et du regret du lendemain

Je te parle au futur

D’alluvions inconnues

D’érosions muettes

Ou de limons fertiles chevauchant les galets

Collier pesant à notre cou

Et, peut-être du regret d’hier

Je ne parle pas au passé.

(Je ne sais plus qui est l’auteu(e) de ce poème daté de 1967. Il est d’une actualité brûlante alors que se négocie l’avenir de la planète -COP21- et donc le nôtre face aux dérèglements climatiques qu’entendent poursuivre les criminels climatiques*)

* Lire d’urgence sur le sujet le dossier du Monde diplomatique de novembre 2015.

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Carte postale de Troie (Turquie)

Publié le 23 Octobre 2015 par ruraledeprose

Carte postale de Troie (Turquie)

J’avais juste vingt-ans et je découvrais Troie, sans cheval ni Hélène, avec la mer très loin.

Achille sur mes talons était l’ombre de moi, l’avenir à venir mais je n’en savais rien…

J’ai descendu un à un les gradins, avec le ciel grand pur pour simple capeline.

J’étais Pâris et prince parmi les ruines, mes rêves un royaume à la main…

1970, dans la ville de Troie, Turquie. Copyright 2015 - patrick pérez sécheret.

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Le Dormeur et le papier de toilette, parabole.

Publié le 22 Octobre 2015 par ruraledeprose

Le Dormeur et le papier de toilette, parabole.

« Passe donc ce soir souper, nous accueillons Truc-Muche, le grand spécialiste de l’anthropogène…

- Non merci, ce soir je dors et je rêve, dit le Dormeur.

- Passe donc ce midi diner avec nous, il y aura Untel et Bidule et Machin qui vient d’obtenir le prix spécial de la synthèse phobique…

- Non merci, ce midi je dors et je rêve…

- Viens nous rejoindre à la réunion fondamentale de rassemblement pour le cassoulet sans OGM (faux acronyme)

- Non merci, je dors et je rêve… »

Un matin banal, ses amis attentionnés apprirent par la radio que leur ami, le Dormeur, qui refusait les mondanités, les repas de fortune entre intellectuels, les pince-fesses d’art contemporain et tutti quanti, déclenchait d’immenses éclats de rire lors de conférences qu’il prodiguait dans les asiles sur la qualité du papier hygiénique depuis son invention.

Les patients étaient pliés en deux, ses amis consternés… Il invitait ensuite les aliénés à écrire leur vie sur les rouleaux. Il put avec la complaisance des autorités effectuer la même animation dans les prisons et les maisons de retraite, les écoles, les entreprises... On manqua très vite de rouleaux et on s’attaqua aux murs, aux sols, aux plafonds, aux vêtements, aux corps...

En fait, ils l’apprirent quelques jours plus tard, le Dormeur avait de nombreuses cellules dormantes, en des lieux improbables, et le jour venu il déclencha l’insurrection du papier toilette. On ne sait plus aujourd’hui comment les autorités mirent fin à celle-ci et combien de procès ont eu lieu contre le dangereux Dormeur récidiviste.

Il créa néanmoins son entreprise de papier toilette imprimé des mémoires récoltées et donc renouvelables, puis un magazine sur le même support. Les gens passaient ainsi des heures au petit coin et des attentes invraisemblables se produisaient y compris chez les particuliers. Ceux qui ne pouvaient plus attendre caguaient comme ils pouvaient, où ils pouvaient…

Les autorités imposèrent de nouvelles normes contraignant tout nouveau constructeur à prévoir deux cabinets pour un couple, 3 pour un couple avec 2 enfants, etc. Les fabricants de lunettes en furent émus et engrangèrent de beaux bénéfices.

Sans parler des nombreux vols qui obligèrent les lieux publics à installer des distributeurs payants et des compteurs d’occupation des lieux suivis de fortes amendes en cas de dépassement prévu…

L’occupation des murs, des plafonds, des sols, eut pour effet la mise en faillite des fabricants de papier peint décoratif et de peintures en couleur. Seul le blanc resta commercialisé. Face à ce déferlement de signifiants partout, les villes devinrent de véritables ouvrages et les gens en furent accrocs. D’aucuns délaissaient leur travail, d’autres leurs jeux vidéo, leur famille...

On ferma les écoles et les universités où plus personne ne venait, les musées étaient vides et l’on songea alors à y accueillir des textes menacés de disparition lors de travaux publics de destruction de constructions vétustes. Les chaines de télévision et de radios furent mises en liquidation sine die…

Autant dire que c’était un grand bordel car non seulement les gens lisaient trop mais de plus ils écrivaient ! Peu à peu les images disparurent des magazines et journaux traditionnels… Hors les mots et l’écriture, il n’y avait pas de salut.

La vertu insurrectionnelle du rêve, ayant un fort caractère, faisait son chemin sans prévoir une apogée de suicides collectifs dès lors il vint à manquer d’arbres pour la pâte à papier, de surfaces pour écrire. Internet ne permettait pas de stocker en images l’ensemble des écritures sans cesse renouvelées. Le monde courait à la catastrophe.

Les autorités auraient dû se méfier du rêve du Dormeur mais il était à présent trop tard. L’autorité suprême eut cependant une idée qui consistait à vacciner massivement les populations encore vivantes d’une injection qui les rendait aveugles illico tout en les privant de la parole et d’écoute. Du voir au toucher, la communauté humaine passa sans sourciller.

On ne vit plus rien du tout mais des arbres poussèrent dans l’indifférence générale, mais à la satisfaction des oiseaux qui faisait joie à voir, pour les oiseaux. Les populations très tristes devinrent neurasthéniques, perverses narcissiques et frappées d’ignorance globale. Les populations déclinèrent livrées à elles-mêmes dans la fange, la faim, la soif.

Les autorités devenues des cliques avides de pouvoir se livrèrent une guerre sans merci à qui mieux mieux pouvait vacciner l’autre. Il ne demeura bientôt qu’un petit clan puis un trio et ensuite n’en resta qu’un seul qui fut frappé assez tôt, sans doute en raison de son âge canonique, de cécité totale.

Ainsi mourut l’Humanité, pour une banale histoire de papier toilette et à cause du Dormeur qui voulait la sauver.

22 octobre 2015 – Copyright patrick pérez sécheret.

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Vies

Publié le 21 Octobre 2015 par ruraledeprose

Vies

Pourquoi vos vies ne sont pas ce que vous vouliez qu'elles soient

Pourquoi vos vies le sont

Pourquoi vous ne vouliez pas que vos vies soient ce que vous vouliez...

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Manifeste du ciel roux

Publié le 19 Octobre 2015 par ruraledeprose

Manifeste du ciel roux

Je récuse les prétendants au ciel bleu

et ciel noir aussi

Je récuse

Je dis merde à Dieu

Je m’accuse

de traîner les pieds devant tout troupeau

de boire en cachette l’amertume

de dresser les poings par tendresse

Je m’accuse

Je récuse la loi et la justice

le sempiternel devoir des urnes

la morne plaine de la compassion

l’illusion de toute vanité

Je récuse

Je récuse les philosophies séniles

les avant-gardes du malheur

l’arrogance de la sollicitude

Je récuse

Je suis de ceux qui ne voient que la nuit

le jour sous son linceul étincelant

les vertèbres de l’univers

à cheval sur des ruines

Je récuse l’alphabet qui tue

les syllabes qui bavent de la haine

Je récuse

Et je m’acharne à chercher

dans une botte de foin

l’harmonie

des ajustements…

17 octobre 2015 – copyright patrick pérez sécheret.

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Jérusalem-est ghettoïsée ?

Publié le 16 Octobre 2015 par ruraledeprose

Jérusalem-est ghettoïsée ?

J’ai hésité à publier ce poème, à réduire ma colère et mon indignation devant de nouvelles escalades coloniales de l’Etat d’Israël en Palestine, ce qu’il en reste… Israël occupe par la force des terres qui ne lui appartiennent pas, colonise depuis des années tout un peuple sans véritables droits, sans véritable protection internationale et, après le blocus de Gaza, organise un ghetto à Jérusalem-est. Je me dis que ce n’est pas possible. Je m’interroge : jusqu’où iront les soldats aux ordres ? N’est-ce pas là un acte délibéré d’appropriation illégale des territoires palestiniens et quelque chose qui ressemble à ce que l’histoire nous enseigne à ne pas oublier… Je crois aux forces de progrès et pacifistes d’Israël, j’ai toujours défendu l’Etat d’Israël contre ceux qui veulent le voir disparaître. Mais, je ne peux pas me taire aujourd’hui : un Etat démocratique crée toutes les conditions pour assujettir dans le sang et les larmes le peuple palestinien. Car ce peuple ne peut pas accepter la spoliation et l’humiliation sans réagir. 300 000 personnes sont enfermées à Jérusalem-est. Comment faire entendre raison aux agresseurs permanents, armés jusqu’aux dents ? Que l’on me le dise et vite ! La poésie est démunie.

Je réclame le prix Nobel de la poésie froissée

Le prix des fous-à-lier de la fraternité

Le prix à payer à la lucidité

Je réclame la trêve du sang versé au nom des dieux

Le prix des larmes de crocodiles si je me taisais

Je réclame le prix des adieux aux armes

Le prix de la conscience debout

Je réclame la curée pour l’égotisme les religions de l’insensé

Je réclame de l’humanisme à en crever

Je réclame pour les colonisés de Palestine

Une messe en la majeur dans toutes les cathédrales

Un poème de concorde dans toutes les mosquées

Une liturgie de paix aux synagogues du monde entier

Je réclame du vent de paix sur les toits à Jérusalem

un ciel bleu sur les villes de Palestine et d’Israël

Je réclame le droit de rêver encore de Palestine

sans murs ni barbelés ni miradors

de rêver Jérusalem-est sans ghetto.

15 octobre 2015 – copyright patrick pérez-sécheret.

Illustration : article paru dans L'Humanité du 15 octobre, article d'une journaliste israélienne, Amira Hass

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Tôt ou tard

Publié le 16 Octobre 2015 par ruraledeprose

Tôt ou tard

Trop tôt ou trop tard

nul ne choisit l'époque

celle de ceux qui tirent leur épingle du jeu

la mort en rigolade

l'époque d'entre guerre et paix

celle de ceux qui se mentent à eux-mêmes

affichent sur les murs un possible futur

en toussant quelques flammes sur les blés

celle d'un amoureux transi

énamouré du flamboiement de blés

de prunelles bleu-tendre

l'amour n'a pas d'heure

de saison altérée

mais qu'est-ce que c'est donc l'amour

un tremblement de l'âme de l'être

sans doute

peut-être ...

copyright 16 octobre 2015 - patrick pérez sécheret.

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La vérité et la lucidité n’engendrent pas le désespoir des peuples

Publié le 16 Octobre 2015 par ruraledeprose

La vérité et la lucidité n’engendrent pas le désespoir des peuples

Un seul son de cloche, une seule solution, un seul modèle possible… et quelques-uns qui disent le contraire s’appuyant sur de vieilles lunes du passé. Que faire ? Dire aux gens la vérité, attiser leur lucidité citoyenne, l’éclairer, mais, comment ? Le discours politique ne suffit pas, n’y suffit plus. Il faut des actes et ces actes nécessitent des désobéissances civiles, des résistances, peut être violentes même, contre l’ordre établi qui génère le désordre en fait.

Tout le corps social, du chômeur au policier, du pilote de ligne au retraité, du fonctionnaire à l’artisan, tous en ont ras le bol des politiciens, de l’inertie à gérer la cité, le pays dans l’intérêt général c’est-à-dire à répondre aux besoins des populations en plaçant l’être l’humain et le devenir de la planète au centre d’une seule préoccupation.

Cela passe-t-il par des nationalisations, une appropriation collective des moyens de produire des réponses aux besoins, en industrie, en agriculture, en culture, en éducation, en matière de santé ? Certainement puisque l’accaparement des richesses produites entre quelques mains, quelques holdings, quelques banques et bourses, n’a pour unique but le profit, l’enrichissement et donc pour élargir le résultat de toujours pressurer davantage le peuple, de le précariser à outrance, d’œuvrer à sa mise en esclavage en réduisant la démocratie et l’expression du peuple à néant.

Ainsi, dans ce but ultime et invariablement capitaliste et mondialisé, toutes les technologies sont utilisées, tous les rouages mis en place pour diviser le peuple, les gens entre eux, pour créer une situation de chaos social où chacun devient l’ennemi, le bouc émissaire des autres, livré aux vindictes raciales ou religieuses...

Les jeunes diplômés se plaignent ainsi que les vieux vivent plus longtemps et coûtent à la société, les employés se plaignent des chômeurs, les chauffeurs de bus se plaignent des notaires… Bref, la société se désagrège et les politiques menées conduisent à la pénurie dans tous les domaines, à l’extinction même des sources du profit béni. Alors, devant le saccage de la planète, la surdité des Nations Unies ou son impuissance, la myopie des grandes puissances à ne défendre que des intérêts à court terme, où va-t-on, où peut-on aller ?

Ou, plutôt, où veut-on nous conduire, puisque le but n’est pas en finalité pour l’humain et ses besoins ? Une supranationalité mondiale avec sa gouvernance autocrate maîtrisant à la fois les ressources naturelles, la démographie, se partageant au bénéfice d’une caste auto-élue, les fruits de la terre et des mers au mépris de l’ensemble de l’humanité réduite à l’esclavage, aux épidémies, aux meurtres massifs à venir comme il en fut et en est déjà au Soudan sud, au Yémen, en Syrie...

Etre lucide est dire ces vérités, cela, même si les termes paraissent forts. Et ce n’est pas enrichir la désespérance sociale mais l’inviter à la révolte pendant qu’il est temps encore et qu’elle le peut. Le nazisme et son concept d’espace vital* revient à grands pas sous les fioritures d’une démocratie en liquidation. La guerre mondiale des ressources, des espaces, des territoires viables, est en marche. Pour la bonne conscience humanitaire, on intervient militairement certes, mais de fait, on laisse les populations locales s’entretuer ou se faire tuer, on accueille des migrants au compte-goutte sans d’ailleurs mettre en place les dispositifs pour leur intégration rapide…

Notre monde marche sur la tête, la répétition de la barbarie a changé d’échelle, les génocides se succèdent, les droits des peuples sont bafoués comme au Sahara Occidental par une recolonisation, on assiste même dans des pays dits civilisés comme Israël, à la mise en place de véritables ghettos de sinistre mémoire. Il en est bien ainsi à Jérusalem-est où 300 000 palestiniens sont pris en otage et considérés comme terroristes…

On peut se taire face à ce panorama désolant de punitions collectives, attendre et jouir des belles choses de la vie qui demeurent encore, en pérorant sur nos semblables différents, nos boucs émissaires commodes et cacher ainsi son égoïsme criminel vis-à-vis des générations à venir.

Je crois qu’à contrario il faut parler, il faut que les yeux s’ouvrent sur la réalité, il faut, oui, partout, investir de paroles vraies l’espace public et sans modération. Je le fais.

Patrick Pérez Sécheret

* Lire à ce propos l’ouvrage de Timothy Snyder, Terre noire, l’Holocauste comme histoire et perspective, même si cela fait froid dans le dos.

Copyright octobre 2015 – patrick pérez sécheret.

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Hommage à Roland Bousquet, peintre.

Publié le 14 Octobre 2015 par ruraledeprose

Hommage à Roland Bousquet, peintre.

Nous n’avons rien inventé depuis 36 000 ans.

Nous sommes des copistes

Un peu plus des recréateurs de l’ombre

De la lumière

Des coloristes

Depuis la grotte Chauvet en Ardèche

Nous sommes des faussaires du mouvement

Nous copions nous reproduisons du sens

Avec des plumes des pinceaux des burins

Mais avec la grotte Chauvet déjà

Le cinéma fut inventé

Nous sommes des fumistes de l’art

Et pourtant

Notre fratrie perpétue le songe

De transcender la mort

De lui sourire

Un éclat de couleur de mot

De peinture

Entre les dents

Un clitoris pour étendard

Une verge pour château en Espagne

Un vin de messe renversé sur l’ouvrage

L’amour

En guise d’univers à cheval sur la lune

Nous sommes des artisans

De la mélancolie déguisée en royaume

Des voleurs à la tire de la candeur

Un beau ciel de juin

Parmi les fougères et le romarin

Nous sommes des étrangers

Dans le jardin des autres

Mais parfois un ami

Comme un apôtre

Nous sourit

Et l’on partage l’épeautre

Et le vin

Le jour est moins seul

L’avenir moins con.

A Roland Bousquet - 14 octobre 2015 – copyright patrick pérez sécheret-Roland Bousquet

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