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journal des écritures

critiques d'art et littérature, humanisme et résistance, poésie, chansons

Histoire d'indigo

Publié le 29 Septembre 2016 par ruraledeprose

Indigo sur béton
Indigo sur béton

A Huaca Prieta, au Pérou, voici 6000 ans, serait né l’indigo (et pas en Inde donc ?). Cette couleur fabuleuse nous est indispensable pour qualifier un bleu tissé, un ciel pur, un denim même...

Si l’on ajoute que la pomme de terre et la tomate ont aussi été exportées d’Amérique Latine vers la vieille Europe nombriliste, on peut s’interroger sur ce que l’on nomme LA CIVILISATION OCCIDENTALE CHRETIENNE et ses racines aryennes…

Certaines civilisations sont mortes ou survivent dans nos rêves fous d’autre monde qui n’était pas mieux avant mais qui savait bien que Dieu est un météorite et que nos vies sont issues d’un marasme, d’un cataclysme, d’un chaos. Et nos vies n’en valent pas une, la mort reste dégueulasse à souhait, rien pourtant comme l’écrivait Malraux, rien ne vaut une vie si une vie ne vaut rien. Faisons donc avec et laissons nos petites prétentions d’éternité au néant.

Après soi, plus rien, juste et c’est immense, une lignée, des êtres chers qui vont nous poursuivre vers le même but la même hypothèse horrible. : LA mort. Mais la mort n’est qu’un concept humain. Issus de la matière inorganique nous sommes fabriqués en matière vivante organisée, pour un temps donné. Nous sommes notre propre création, notre propre Dieu et les idéologies simplement les béquilles d’un temps dont il faut s’alléger. Et voir la vie en indigo péruvien…

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Entre chien et loup...

Publié le 27 Septembre 2016 par ruraledeprose

Entre chien et loup...

Il y avait trop de bruit dans vos têtes

le vent n'y venait plus frémir

Il a plu des allumettes

sans coup férir

votre temps a brûlé sans humour

dilué de paraître

Et ce beau soir entre chien et loup

on tira sur untel

un frère d'harmonie

On n'en a rien su

Des averses dispersent le présent

en petites flaques nues

On n'a pas vécu le même rêve

Il y avait trop de bruit dans vos têtes

des vagues indéfinies

Reste le soleil ce soir entre chien et loup

On a aimé dessous lui

les hirondelles sans doute va savoir

quelques pâquerettes...

Le monde est sauvé...

26 septembre 2016 - copyright patrick pérez sécheret.

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L’écriture est-elle une thérapie ?

Publié le 23 Septembre 2016 par ruraledeprose

L'architecture est aussi une écriture
L'architecture est aussi une écriture

Animant des ateliers d’écriture mensuels, je me rends compte des possibilités que recèle et produit l’acte d’écriture en matière de mieux être pour certains . Ecrire, en avoir envie, se doter des outils de style disponibles pour cette pratique, notamment poétique, n’est pas évident. Pourtant c'’est en écrivant que l’on écrit…

Permettre à ceux qui n’ont pas une pratique régulière de l’écriture, d’appréhender la palette d’outils des possibilités d’expression de celle-ci, est donc l’objectif des ateliers. Non pas apprendre à écrire mais à s’exprimer, à exprimer par les techniques rédactionnelles, leurs genres et leurs figures de style.

L’envie vient du plaisir éprouvé à formuler une pensée, un sentiment, une épreuve, une joie, une peur et à le partager. Ecrire révèle ou réveille chez les uns à la fois la mémoire, le besoin de formaliser une mise à jour avec son histoire personnelle, son contexte, les difficultés à surmonter les obstacles que celui-ci et les autres vous imposent, et donc une approche d’un devenir de soi apaisé, d’une estime de soi trouvée ou recouvrée.

Au plaisir procuré de pouvoir exprimer, écrire ou dire et dire des choses générales ou davantage liées ou non à sa propre intimité, survient une sorte de frustration, de non abouti d’une démarche émancipatrice, de choses enfouies, cachées, niées parfois, des choses simples ou complexes qui bornent un vécu, une aventure personnelle, une vie et finissent par en être un handicap ou un monologue douloureux.

Comment aller au-delà de l’atelier d’écriture, permettre de prolonger le dialogue, l’écoute attendus ?

Je note à chaque atelier que le non-dit est constamment en marge du dire ou du formulé dans un exercice, que le temps d’échanges, de paroles, est presque le double du temps consacré à l’écriture ! Cela me paraît immense. Pour pouvoir écrire, il faut des outils, quelques ingrédients mais surtout parler, dire, exprimer de vive voix, souffler.

J’ai donc engagé le processus de séances individuelles et me suis rendu à l’idée que mon activité d’écrivain-poète-animateur, celui qui donne des clefs, des méthodes pour écrire, allait bien plus loin. Je pouvais participer à une reconquête d’un peu de soi d’autrui par lui-même et lui ouvrir un espace de respiration, de compréhension de sa vie.

Mon activité s’apparente donc à ce que je nomme sans prétention écritothérapie en référence aux premières formes de l’écriture, au verbe scribere qui signifiait tout à la fois les marques infligées dans la matière, pierre, roche, arbre, des entailles, des traces, un vouloir dire donné à partager. L’homme a commencé ainsi sur les parois des cavernes à raconter, se raconter, des traits puis des dessins plus élaborés, des peintures. Scribere s’apparente à la gravure, au tracé de figures, à l’écriture visuelle comme outil et comme rapport fait de quelque chose : un bilan comptable de kilos de blé produit et échangé, un cœur gravé sur un tronc.

Les séances personnelles sont précédées d’un entretien préalable consistant à connaître ce que l’autre attend et entend par écriture et pour ne pas le leurrer sur un résultat quelconque de ses souhaits car je ne m’occupe pas d’une pathologie qui ne relève pas de la pratique envisagée : une technique, un outil, une grille de lecture.

Je pars d’un constat simple : le rapport entre notre corps et notre esprit, le psychologique et le physique, leur interaction et le lien fait entre eux par l’acte d’écriture qui, certes, peut être un exutoire mais aussi une douleur libérée comme on se dénoue la gorge. L’écriture et donc la possibilité de la lire pour soi ou à d’autres à haute voix n’est pas une thérapie mais un outil pour trouver l’estime de soi dans sa propre vie et l'estime des autres pourquoi pas.

Patrick Pérez Sécheret

Ecrivain-poète

Notes réflexives sur la pratique des ateliers d’écriture.

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A quai

Publié le 21 Septembre 2016 par ruraledeprose

A quai

Il est des gens qui disparaissent comme des comètes en été

Sur notre table nous laissent des éclats de lumière en miettes

Une sorte de messe infinie pour toute éternité

Il est des gens qui se blessent aux luminaires du monde moderne

Arrosent le soir de leur tendresse des bistrots à balivernes

Puis d’un geste digne lèvent leurs fesses pour nous hisser hors des cavernes

Il est ces gens que j’aime et qui meurent sans laisse

Les rêves écartelés libres de paroles et de gestes

Qui ressemblent à la douceur de juin sous une averse

Les connaître les aimer et d’eux me souvenir

Me suffit à ne plus être vieux

L’avenir épanoui sur la rive des yeux…

copyright 2016 - patrick pérez sécheret.

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